Historique du site

23-04-13
 
Réforme / Projet d'arrêté fixant les modalités d'organisation des concours du Capes. (pdf MEN)
Section lettres
Les candidats ont le choix au moment de l’inscription entre deux options :
Option lettres classiques ;
Option lettres modernes.
Les candidats proposés pour l’admissibilité et pour l’admission par le jury du concours font l’objet de classements distincts selon l’option.
Réforme / BO n°15 du 11/04/2013 : Circulaire d'orientation et de préparation de la rentrée 2013.
Sous réserve des choix que fera le Parlement, la loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République devrait renvoyer à des dispositions réglementaires la définition des cycles d'enseignement, celle du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, ainsi que les conditions de certification à la fin du collège. Le Conseil supérieur des programmes émettra des avis et fera des propositions sur ces points fondamentaux pour une organisation cohérente de l'ensemble de la scolarité obligatoire. Il se prononcera aussi sur l'évolution des programmes de l'ensemble du cursus scolaire. Compte tenu du temps nécessaire à l'élaboration de ces dispositions nouvelles, les choix qui présideront à l'évolution du collège ne pourront être arrêtés qu'en 2014.
Analyses / Les programmes de français : de la stabilité au soupçon. 1 - Jusqu’en 1970 (GRDS)
Les soixante dernières années ont vu l’enseignement du français considérablement bouleversé : d’une relative stabilité depuis l’instauration de l’école obligatoire à la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 1960, il a depuis été traversé par de profondes remises en cause disciplinaires, pédagogiques, idéologiques et politiques qui n’ont pas trouvé leur issue.
Analyses / L’enseignement des lettres au royaume de Trissotin. (stalker)
Aujourd’hui, tout professeur de français ayant à la fois une conscience exigeante de sa tâche et le recul que donnent plusieurs années d’expérience le confirmera : il lui faut se battre sur deux fronts – l’inculture de plus en plus décomplexée qui monte inexorablement d’«en-bas», et la sottise qui se déverse d’«en-haut» par tombereaux de prescriptions méthodologiques, protocoles d’apprentissage et séquences pédagogiques. Deux fronts dont il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre qu’ils se renforcent mutuellement : plus les Tables de la loi didactique renchérissent sur leur sophistication formelle, plus les élèves y opposent une résistance butée; plus les performances des élèves s’effondrent, plus il faut inventer de dédales scolastiques qui escamotent l’évidence de cet effondrement.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Marcel Gauchet : "Une pédagogie vraiment éclairée est à inventer".
Nous sommes dans un moment de culte de l'enfant qui nous masque son expérience réelle. Nous avons besoin de le redécouvrir pour ce qu'il est vraiment. Ce à quoi un enfant aspire sans trop en avoir conscience, c'est à devenir un adulte autonome. Cela ne passe pas forcément par ce que nous croyons être son bonheur immédiat. L'une des plus grandes difficultés pour l'institution scolaire est le regard des parents sur leurs enfants. Ils ont de la peine à admettre qu'il faut en passer par une acquisition de la virtuosité et que cela demande des efforts. Car en lecture, en mathématiques comme en piano ou dans le sport, ce sont bien la répétition et la mémorisation qui donnent ensuite de l'aisance.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Que de moments volés à la littérature.
L'arrivée du fameux "socle commun des compétences et des connaissances" détruit résolument le travail de ceux qui sont sur le terrain et qui tentent, avec toute leur énergie et leur savoir, de faire de l'école, du collège et du lycée des lieux d'apprentissage et de plaisir. L'enseignant, de littérature en particulier, voit sa mission réduite à cocher des cases par milliers tout au long de l'année pour savoir ce que l'élève a acquis, n'a pas acquis ou serait en train d'acquérir.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Les enfants d'immigrés ont droit aux classiques.
"Pourquoi ne pas étudier la versification à travers le rap ou le slam ?" m'a-t-on finement suggéré en haut lieu. J'ai répondu à ces philanthropes que le professeur devait arracher les élèves à leur ghetto linguistique, lieu redoutable où tout va sans dire, où l'on vit dans une telle proximité sémantique qu'il n'est plus utile d'enrichir son vocabulaire ni de déplier une syntaxe complexe.
Presse / Le Monde du 22-03-13 : Transmettre les textes ne se limite pas à transférer des connaissances.
L'enseignement de la littérature participe davantage de l'entraînement athlétique ou de l'initiation mystique que du transfert de connaissances. Si l'enseignant croit savoir quelle est la signification d'un texte littéraire, et s'il se contente de la transmettre à ses étudiants, il dégrade la fonction de chaman au statut de caporal : il remplace une expérience par un commandement. Tous les commandements ne sont pas absurdes ; mais certaines activités humaines résistent au commandement, l'amour, l'invention, l'interprétation : la littérature.
Presse / Le Monde des lecteurs du 27-03-13 : Education : enseigner demande une formation.
De ces tractations inégales entre l’État et des universités que l’on dit " autonomes ", il ressort une réalité simple et crue : la formation disciplinaire des étudiants de Master se destinant à l’enseignement secondaire est tout bonnement divisée par deux. [...] Quant au projet de nouveau CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) de l’actuel gouvernement, la part disciplinaire y est réduite à un sixième de la note globale d’admission.

02-03-13
 
Analyses / La Finlande au tableau noir. (Cordoba)
La Finlande est réputée avoir une école à la fois très performante et très égalitaire. Nous verrons plus bas ce qu’il faut en penser. Mais même si cela était le cas, il ne faudrait pas oublier que ce paysage idyllique s’assombrit brusquement dès qu’on franchit le cap des 15 ans. Une sélection brutale envoie alors près des deux tiers des élèves en lycée professionnel et seuls les meilleurs peuvent accéder aux lycées généraux (il n’y a que deux secteurs en Finlande : études générales et formation professionnelle). Cette sélection s’est d’ailleurs fortement aggravée dans les dernières années suite à la baisse des résultats dans l’école obligatoire que j’ai déjà évoquée dans « Finlandisation de la Finlande ». C’est ainsi que, en 2000, 43 775 élèves entraient en seconde générale et 57 223 en seconde professionnelle. En 2008, ces chiffres sont devenus 38 744 pour les premiers et 61 895 pour les seconds.
Presse / LeTemps.ch du 24-01-13 : Les Unis suisses restreignent leurs accès à certains bacheliers français.
La nouvelle a provoqué quelques remous en France, certains y voyant la preuve que le système scolaire national se détériore. Les universités suisses ont revu cet automne l’admission des bacheliers français. Dès la rentrée 2013, les titulaires d’un bac littéraire (L) ne pourront plus se présenter dans une institution suisse, à moins qu’ils n’aient choisi l’option mathématiques en première et terminale.
Presse / Le Monde du 09-02-13 : Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable.
L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.
Presse / Le Monde du 16-02-13 : L'illettrisme des cadres, un phénomène méconnu et tabou .
Comme 2,5 millions de Français, des cadres sont en situation d'illettrisme dans l'entreprise. Le phénomène, impossible à quantifier, échappe à tous les dispositifs prévus en matière de lutte et de détection. Les responsabilités qu'ils occupent en font des illettrés à la marge de la marge.

19-12-12
 
Communiqué / " Projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l'école " : rebâtir sans fondations ?
La refondation de l'école, pour retrouver le chemin de l'instruction, doit passer par une insistance sur les savoirs, sur la culture qui les relie, et sur des programmes revus avec la juste ambition de corriger, par la maîtrise progressive de solides connaissances et de savoir-faire efficaces, les inégalités culturelles croissantes qui minent notre société. Le collectif Sauver les lettres demande donc que ce projet soit sensiblement amélioré avant d’être soumis au Parlement.
Analyses / La morale de l'instruction. (Mezetulle)
Quand règnent l'opinion et ce qu'on appelle aujourd'hui les affects, les puissants n'ont qu'à manipuler l'opinion et les affects par la voix des médias pour s'assurer de leur pouvoir sans craindre la critique. Il serait toutefois illusoire de voir là un complot, car il faudrait pour l'ourdir des intelligences exceptionnelles. Il suffit que cette dégradation de l'instruction s'accorde avec les intérêts dominants pour qu'elle domine les esprits. Tel est le pouvoir de l'idéologie. Mais si un peuple exige que l'école instruise ses enfants, alors résister à l'idéologie est possible.
Analyses / L'école juge de l'École - Analyse du Rapport de la « concertation Peillon » sur la refondation de l'école. (Mezetulle)
Les rédacteurs du récent Rapport ne sont certes pas cartésiens : la refondation ne sera pas pour eux une « tabula rasa » (p.3). Entendez par là qu'ils ne jugent pas nécessaire de revenir sur les réformes qui ont précisément destitué le modèle républicain auquel ils se référent indûment. La situation actuelle est pour le moins inédite : c'est l'institution qui croit trouver son salut en s'obstinant dans le discours suicidaire qu'elle tient sur elle-même.

15-10-12
 
Réforme / Compte rendu de l’audience du SNES avec le doyen de l’Inspection Générale de Lettres. (SNES)
Texte et langue sont au coeur de la discipline. Il convient toutefois de sortir d'une vision « essentialiste » ou techniciste du texte car celle-ci a fait beaucoup de dégâts. Il faut donc sortir de l'idée que travailler sur un texte, c'est seulement travailler de manière interne car l'approche stylistique ferme le texte. Il faut tenir compte du contexte historique et social de production de celui-ci. Ainsi devons-nous mettre au centre de nos pratiques le sens et l'interprétation du texte, davantage que des outils. [...]
Enseigner la langue, c'est réfléchir sur celle-ci, donner du sens aux phénomènes que l'on étudie. Il est également nécessaire de faire un minimum d'entraînement systématique pour créer des automatismes indispensables. Cela suppose que l'on conserve la perspective de leçons de grammaire et que l'on laisse de côté les dérives du décloisonnement, néfaste à l'étude de la langue comme à celui du texte quand il est érigé en système.
Analyses / La gauche et l’éducation. (lafauteadiderot.net)
Voulez-vous améliorer le fonctionnement de l’école, de la maternelle à l’université ? Commencez par « foutre la paix » aux enseignants. C’est à cette condition que vous pourrez en exiger beaucoup. Redonnez-leur l’initiative et la responsabilité de leur métier. C’est à cette condition que vous pourrez aussi sanctionner utilement les carences et les manquements. Redéfinissons simplement les missions des enseignants : connaître pour éduquer, vous redonnerez légitimité et respectabilité à l’école. Bien sûr, c’est là un long chemin, car on ne forme pas des hommes en deux ou trois ans. C’est plus difficile que de prendre quelques mesures spectaculaires et électoralistes. Mais la France a désormais le dos au mur : perdre son seul atout économique véritable, c’est-à-dire la qualification et la compétence de ses travailleurs, ou bien en revenir au sérieux d’un vieux mot aujourd’hui lui aussi si décrié : l’instruction.
Actions / " Refondons l’École de la République " : un rapport inquiétant.
Le rapport « Refondons l’École de la République », qui vient de paraître, affiche dans son titre de grandes ambitions. Cependant, si l’on approuve la sévérité du constat et la volonté de lutter contre toutes les inégalités, on s’inquiète des solutions et pistes proposées, qui relèvent trop souvent du recyclage de poncifs ayant largement fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, et par idéologie verrouillent le débat, alors que sont écartés des éléments essentiels.
Contributions / De la disparition des notes, à la manière de Molière, dans L’Avare (Acte I, scène 5).
Harpagon - Ecoutez ces impertinents fonctionnaires qui se refusent au progrès en n’acceptant pas le parti très considérable que je leur offre : le moyen de ne parler plus que de réussite à tous les élèves et de neutraliser le si lourd traumatisme de l’échec. On y trouve ici un avantage qu’ailleurs on ne trouverait pas.
Contributions / À propos de "premier poste".
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article intitulé "premier poste". Mon histoire y ressemble beaucoup mais je crois qu'elle a été plus dure encore.
Presse / Le Monde du 05-07-12 : La session 2012 du brevet des collèges jugée trop facile par nombre d'enseignants.
Réputé pour ses communiqués rageurs, le collectif d'enseignants "Sauver les lettres" a titré, sur Internet : "DNB, c'est plié". "C'est à la première année du collège qu'il faut remonter pour saisir l'esprit du questionnaire proposé aux candidats", assure Luc Richer, membre du collectif et enseignant au collège.
Presse / Vousnousils.fr du 20-07-12 : "Le Brevet des collèges est devenu trop facile".
84,5% des élèves de 3e ont décro­ché cette année le D.N.B. (ex Brevet des col­lèges), soit un taux de réus­site en hausse de 1,1 point. Le col­lec­tif "Sauver les lettres" dénonce cepen­dant sa faci­lité, en par­ti­cu­lier celle de l'épreuve de fran­çais. Entretien avec Luc Richer, pro­fes­seur de lettres modernes au col­lège et membre du collectif.
Presse / Le Monde du 05-09-12 : Construisons une formation des maîtres de bon sens.
La façon dont furent créés ces IUFM fut à l'évidence une erreur : en donnant le pouvoir aux agrégés et aux universitaires, on confia le pilotage des IUFM à ceux qui ne connaissaient que peu de chose aux problèmes de l'enseignement primaire et qui cachèrent donc leur incompétence derrière un modèle unique d'apprentissage qui avait "l'immense" intérêt de dégager l'enseignant de ce qui est sa responsabilité première : mettre tout en œuvre pour transmettre des connaissances et former des esprits libres. L'élève, élu constructeur du savoir, effaça donc le comportement magistral, l'animateur se substitua au maître, l'occasion fit disparaître la programmation. Dans bien des IUFM, on incita les futurs maîtres à jeter par-dessus bord la grammaire de la phrase, la fixation du vocabulaire, la précision du déchiffrage des mots, le calcul mental et le respect des règles. "Accès direct et heureux à l'expertise contre le triste labeur de l'apprentissage" : tel fut le slogan de la nouvelle illusion pédagogique ; encouragée par les nébuleuses sciences de l'éducation qui trouvaient là une heureuse légitimation.
Presse / Ufal.info du 11-09-12 : Laïcité : Pas de sermons à l’école, davantage d’instruction, M. Peillon !
Le ministre de l’Éducation nationale veut un enseignement de la « morale laïque » à l’école publique, abordant notamment « le sens de l’existence humaine, (…) ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. » Vaste programme… mais la morale ne peut ni ne doit remplacer les contenus disciplinaires diminués depuis des années.
Presse / Télérama du 12-09-12 : Au Québec, les “enfants du Renouveau” sont-ils vraiment pires que les autres ?
Tout miser sur les compétences ? Le Québec l'a osé avec le Renouveau pédagogique. Une révolution qui vise à faire des têtes moins pleines mais mieux faites. Et qui divise la communauté éducative.
Presse / Télérama du 12-09-12 : Comment sauver l'école ? Dialogue entre le ministre Vincent Peillon et le sociologue Jean-Pierre Terrail
« Refondons l'école de la République ! » Le slogan, en lettres noires, claque sur la gigantesque bâche qui recouvre les murs en travaux du ministère de l'Education nationale. A l'intérieur, le ministre Vincent Peillon, détendu, a accepté de débattre avec le sociologue de l'éducation Jean-Pierre Terrail, un esprit frondeur. Fin 2010, avec une cinquantaine de chercheurs (Groupe de recherches sur la démocratisation scolaire), ce dernier avait lancé à l'adresse de la gauche un appel « pour une grande réforme démocratique de l'école ». L'heure a sonné...
Presse / Le Café pédagogique du 09-10-12 : Concertation sur l’école : le compte n’y est pas !
Une référence récurrente au « changement de pédagogie » ? Ce changement est indispensable mais le propos demeure bien général. Opposer l’innovation, sans la définir aux « pédagogiques traditionnelles frontales », sans en faire l’analyse, revient à une critique formelle aussi convenue que dépassée des anciens contre les modernes. Qui s’est vraiment donné la peine de comprendre la genèse des pratiques pédagogiques et d’outiller efficacement les enseignants ?
Presse / Vousnousils.fr du 12-10-12 : Bruno Benoit : "en dessous de 5h d'histoire en série S, pas de discussion possible".
Sauf sur­prise, l'histoire-géographie rede­vien­dra obli­ga­toire à la ren­trée 2013 en ter­mi­nale S, après avoir été relé­guée au rang d'option depuis un an. Un allè­ge­ment du pro­gramme est prévu cette année pour les élèves de pre­mière S, qui pas­se­ront encore une épreuve tran­si­toire en juin 2013. Entretien avec Bruno Benoit, pré­sident de l'Association des pro­fes­seurs d'histoire géo­gra­phie (APHG) et ensei­gnant à Sciences Po Lyon.
Presse / Mediapart.fr/blog du 14-10-12 : Le rapport sur l'école bien décevant malgré de grandes ambitions.
Le rapport « Refondons l’École de la République », qui vient de paraître, affiche dans son titre de grandes ambitions. La volonté gouvernementale de redonner à l’école les moyens matériels d’accomplir sa mission exige des acteurs de l’éducation une réflexion sur la bonne utilisation de ces moyens, notent à juste titre les auteurs du rapport. Si l’on partage évidemment le constat sévère de la situation dressé par le rapport et la volonté de lutter contre toutes les inégalités, on est cependant très déçu par les solutions et pistes proposées, qui relèvent trop souvent du recyclage de poncifs ayant largement fait la preuve de leur inefficacité, voire de leur nocivité, alors que des éléments essentiels sont totalement omis.

30-06-12
 
Analyses / DNB c'est plié !
Dans l'épreuve de français du D.N.B. 2012, une question en effet portait sur le style indirect libre. Pour le reste, on n'interrogeait sur aucun des points du programme de troisième. Est-ce à dire qu'on questionnait les candidats sur un extrait fantastique relevant du parcours littéraire de quatrième, et dont l'étude des indices semant le doute entre logique et surnaturel leur permettait de manifester une certaine finesse d'analyse ? Non, pas de programme de troisième, pas de programme de quatrième non plus. Les invitait-on alors à plancher sur quelque translation moderne d'une belle page médiévale, sur l'exploit d'un Perceval en quête du Graal et puisant sa force dans l'inébranlable espoir que lui donne un Chrétien de Troyes abordé en cinquième ? Pas davantage. C'est à la première année du collège qu'il faut remonter pour saisir l'esprit du questionnaire proposé cette année aux candidats. On leur demandait en effet de repérer la formule "Il était une fois" au début d'un extrait de Michel Tournier, de comprendre que cet extrait a pour décor une ancienne cour évoquant le sultanat des Mille et une Nuits, et que son intrigue comporte une épreuve (deux cuisiniers s'affrontent en concoctant tour à tour les plats d'un festin, et le meilleur des deux sera le cuisinier en titre de la cour). Nous étions donc dans la proximité du conte merveilleux et le questionnaire portait quasi intégralement sur la seule compréhension littérale du texte ; bref, à une seule question près le D.N.B. 2012 était une épreuve de sixième.
Actions / Rentrée 2012 : pour une véritable évaluation de l'orthographe et de la grammaire.
Comme en 2000, 2004 et 2008, le collectif Sauver les lettres organise une évaluation du niveau en orthographe et en grammaire des élèves entrant en seconde en septembre 2012. Pour lui donner une valeur, il est important que le plus grand nombre possible de classes soient soumises à ce test. La durée prévue est d’une heure complète, pendant un des tout premiers cours de l’année.
Actions / Communiqué de presse du 29 juin 2012 - Le français au brevet 2012 : niveau sixième.
Après la dernière refonte des programmes, après les diverses circulaires parues ces dernières années, où l'on a clairement insisté sur la nécessité d'une bonne maîtrise du français et donc de son enseignement, après les travaux récents des chercheurs pointant tous l'urgence d'un enseignement raisonné de la grammaire, on pouvait espérer que le sujet du D.N.B. 2012 (Diplôme National du Brevet, passé en fin de troisième du collège) eût ménagé une part consistante à la connaissance de la langue. Il n'en est rien.
Presse / Nonfiction.fr du 25-06-12 : Le lycée Chatel : le legs d’une réforme ambiguë.
Le nouveau gouvernement de gauche arrive alors que le lycée vit au rythme de la réforme impulsée par Luc Chatel en décembre 2009. Son objectif était de personnaliser l’enseignement, d’encourager l’innovation pédagogique au moyen d’une plus grande autonomie des établissements et enfin de faciliter les réorientations. Quel bilan en tirer ?

22-06-12
 
Réforme / Rapport n° 2011-098 - L'enseignement des langues et cultures de l'antiquité dans le second degré - IGEN. (MEN-pdf)
Dans les cinquante dernières années, aucune étude sur les langues anciennes n’a, à notre connaissance, été conduite de façon exhaustive par l’inspection générale de l’éducation nationale. Si ce rapport revêt donc une importance toute particulière, c’est sans doute parce qu’il est la manifestation de la volonté, ou de la nécessité, de rompre ce long silence en 2011.
Analyses / Dernières nouvelles de l'ÉAF.
Les sujets 2012 et les informations ou analyses que vous nous faites parvenir...
Analyses / La nécessité d'enseigner la littérature des Lumières.
Bien qu'étant professeur de lettres, j'emprunterai mon introduction à un professeur de philosophie, Inspecteur général, Jacques Muglioni, écrivant il y a vingt ans : « [Il y a] deux conceptions de l'école. La première lui assigne pour fin d'inculquer l'amour de l'ordre, ou plutôt d'entretenir des sentiments favorables à la conservation de l'ordre existant, aux intérêts, aux privilèges, aux inégalités. A l'opposé, la seconde veut que l'on se tourne résolument vers le progrès, mouvement qui serait pure agitation sans les Lumières. Se combattaient ainsi, il y a un siècle, les tenants de l'éducation religieuse, morale, sociale, inquiète de gouverner les âmes, et d'autre part les militants de l'instruction qui, s'adressant d'abord à l'intelligence, vise à libérer le jugement. »
Presse / Le Monde du 25-05-12 : Vincent Peillon publie 17 études passées sous silence par son prédécesseur .
Clair avait été annoncé par Luc Chatel lors des états généraux de la sécurité à l'école en avril 2010. Il s'agissait alors de "substituer aux dispositifs existants [de l'éducation prioritaire] une nouvelle cartographie des établissements concentrant le plus de difficultés sur le front du climat et de la violence", avait déclaré le ministre. Le dispositif a été expérimenté dans 105 collèges et lycées au cours de l'année scolaire 2010-2011. C'est sur cette "année zéro" du programme que porte le rapport des inspections générales.
Presse / Le Monde du 30-05-12 : "La réduction du temps de travail des élèves est un formidable gâchis".
Résultat de cette mesure adoptée non seulement sans concertation mais sans réflexion : une réduction du temps de travail des élèves qui, par son ampleur et ses modalités, handicape durablement les apprentissages élémentaires. Inutile de verser des larmes de crocodile sur les élèves qui entrent en sixième sans être capables de la suivre. Nous avons organisé l'échec.
Presse / Télérama du 02-06-12 : Devenons-nous incultes ?
Cet optimisme pédagogique suscite inévitablement quelques sarcasmes. « On voit que Michel Serres n'enseigne pas dans nos classes, dit une enseignante du collectif Sauver les lettres. Ce qu'on trouve sur Internet, ce sont des informations, pas des connaissances. Sans le savoir de base, les élèves n'ont plus d'ordre de grandeur : il leur suffit de tomber sur une coquille de Wikipédia pour placer sans ciller Napoléon après la Première Guerre mondiale. » « Seuls les meilleurs élèves savent se servir d'Internet, confirme Agnès Joste, professeure de latin-grec au lycée Claude-Monet (Le Havre). Les autres sont submergés et incapables de faire le tri. Cette impuissance les désespère. Il n'y a pas de savoir-faire sans savoir. C'est la mémoire qui fonde la qualité du jugement. »

23-04-12
 
Actions / Lettre ouverte aux candidats à la Présidence de la République française.
La réussite des jeunes passe par la maîtrise du français, qui doit être un objectif prioritaire de toute politique éducative. La pratique correcte de notre langue et la connaissance de sa littérature ne sont pas des signes de distinction mais un moyen nécessaire de l'égalité et de la liberté de penser, qu'il appartient au Président de la République d'encourager. Dans cette perspective, l'apprentissage des langues et cultures de l'antiquité gréco-latine doit être accessible dans tous les collèges et lycées et le travail accompli pour cet apprentissage doit être pris en compte au baccalauréat, quelles que soient les filières.
Presse / Libération du 31-01-12 : «La culture générale n'est pas un simple vernis».
La suppression de l'épreuve de culture générale à l'admission à Sciences Po Paris va dans le mauvais sens. Elle coïncide avec un rabaissement catastrophique des ambitions intellectuelles et culturelles de l'enseignement secondaire et même de la formation des maîtres. Elle entérine l'idée que procurer au plus grand nombre possible d'élèves une solide culture générale n'est plus du tout un objectif de notre système d'enseignement.
Presse / Libération du 02-02-12 : Eclair: le savoir-être avant le savoir tout court.
Le dispositif "Eclair" pour les établissements difficiles provoque bien des orages. Les profs du collège "Eclair" Lenain de Tillemont, à Montreuil, sont en colère: ils viennent de se voir conseiller de consacrer, à la rentrée, les deux premiers mois de l'année au comportement et au "savoir-être" des élèves plutôt qu'au programme. Les parents comprendront, a assuré l'inspecteur, ce même sera plus facile pour eux de suivre...
Presse / Libération du 14-02-12 : Le taylorisme entre dans l’école française.
Pendant qu’au lycée les enseignements d’exploration transversaux et l’accompagnement personnalisé promeuvent un nouveau type de professeur «multicartes», au collège, le Livret personnel de compétences (LPC) atomise les connaissances en quatre-vingt dix-huit savoir-faire parcellisés et souvent si transdisciplinaires qu’ils révèlent bien la logique du socle commun : peu y importent les contenus. Dans les documents ministériels, un «comment apprendre» désincarné vampirise le «quoi apprendre» ; puis le couple «folie de l’évaluation et phobie de la notation» achève de subordonner toute activité pédagogique à son adéquation a priori à un projet d’établissement et à sa validation a posteriori par une enquête de satisfaction auprès des élèves.
Presse / Mezetulle du 15-02-12 : De l'inutilité du savoir.
C’est aujourd’hui la « culture générale » qui semble totalement intempestive à l’École. La bannir des épreuves écrites des concours d’entrée aux grandes écoles n’est donc pas seulement nécessaire, c’est parfaitement naturel et souhaitable au regard de nos classes dirigeantes, parfois des media et de certains intellectuels, et évidemment de ceux qui représentent l’institution scolaire elle-même. Il est intéressant de réfléchir sur cet étrange renoncement, qui n’est pas seulement paradoxal pour l’École, mais qui est aussi révélateur d’une forme très particulière de décadence : car il ne se perçoit absolument pas comme tel !
Presse / Libération du 10-03-12 : Inspection mitigée pour la réforme du lycée.
Les deux grandes nouveautés de la réforme étaient l’introduction de deux heures d’«accompagnement personnalisé» par semaine et la liberté laissée aux proviseurs d’affecter 25% des heures de cours d’une classe sur l’année. Là encore, le bilan est mitigé. Chaque établissement fait un peu ce qu’il veut - entraînement à la prise de notes, soutien en petits groupes, travail interdisciplinaire, etc. - et il en ressort une certaine confusion.
Presse / Le Monde du 20-03-12 : Le socle : ce "chemin de croix" qui sacrifie l'école.
Le socle a pourtant déjà sévi au primaire où les grilles ont pris la place des notes, et donc de l'habitude du résultat ; il y a un moment, cependant où une réponse (opération, conjugaison) est vraie ou fausse, mais peu importe le résultat tant que la compétence est en marche... Attendons que les futurs adultes, confrontés au monde peu tendre du travail, payent au prix cher leurs erreurs... La relativité s'est installée ; et avec elle les doutes des parents. Beaucoup de leurs enfants arrivent en 6ème sans encombre, mais sans réelle maîtrise "du lire, écrire, compter", vivent un passage bien douloureux.
Presse / Laviemoderne.net du 21-03-12 : Comment j'ai pourri le web.
Petite expérience amusante sur l'usage du numérique en lettres. [...] Sur 65 élèves de Première, 51 élèves - soit plus des trois-quart - ont recopié à des degrés divers ce qu’ils trouvaient sur internet, sans recouper ou vérifier les informations ou réfléchir un tant soit peu aux éléments d’analyses trouvés, croyaient-ils, au hasard du net.
Presse / Le Figaro du 13-04-12 : Les babouins capables de lire.
«Le singe fait comme l'homme un vrai traitement orthographique, il apprend des groupes de lettres» ajoute Johannes Ziegler. «Ils montrent eux aussi que le cerveau ne fait pas de lecture globale mais décompose le mot en des centaines d'unités plus petites que le mot». Une forme d'apprentissage qui est donc partagée par différentes espèces et nouvelle reconnaissance de la méthode syllabique par rapport à la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture!
Presse / Télérama du 18-04-12 : Dossier - Où va l'école républicaine ?
"On ne dégraisse plus le Mammouth, on attaque l'os", s'insurgent les enseignants. Avec des effectifs toujours réduits et un modèle éducatif tourné vers la compétitivité économique, les valeurs de l'école républicaine sont en danger. Un candidat prêt à s'y coller ?

24-01-12
 
Analyses / Après l'élève au centre, le vent au milieu.
Enseigner est devenu impossible mais ce n'est pas encore tout à fait suffisamment impossible : ceux qui chargent notre barque devraient songer à rajouter encore quelques réunions et astreintes supplémentaire à la liste déjà un peu fournie des réunions et activités diverses hélas souvent débilitantes et improductives, qui empêchent littéralement d'enseigner... Enseigner c'est en effet instruire les élèves et donc préparer des cours, corriger des copies, et (ceci n'est pas négligeable) reconstituer ses forces psychiques après une dépense nerveuse et une tension émotionnelle dont chacun s'accorde à reconnaître qu'elle n'est pas minime dans ce métier. Avoir le temps de respirer, c'est aussi avoir un cours qui respire. Actuellement le professeur n'a plus le droit de respirer.
Presse / Le Monde du 13-12-11 : Dissimulées ou retardées, les données sur l’école sont jugées peu fiables.
Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social. Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.
Presse / Suivez-Moix du 15-12-11 : Sciences-Pol Pot.
L’IEP ne fait qu’entériner, sous forme élégante de “discrimination positive” (discrimination positive qui est le contraire de la personnalité, le déni de l’originalité, l’abandon de toute forme de singularité) la démission absolue de l’école laïque et républicaine. Elle formait hier des élites, laissant maints cancres sur les bords du chemin (parmi lesquels maints cancres bourgeois) ; elle formera aujourd’hui tout le monde, puisqu’il n’y aura plus de bons et de mauvais étudiants, mais seulement des étudiants différents, de personnalités disjointes, d’originalités incompatibles. L’école n’est précisément pas là, ni l’IEP, pour former des tempéraments ni repérer des personnalités, des individualités, autant d’atouts qui viennent, normalement, s’ajouter à la violence obligée qu’est le passage d’un concours, à la difficulté que représente une épreuve d’examen. Les grandes gueules l’emporteront sur les grosses têtes ; et ce n’est pas normal – car la vocation des établissements scolaires n’est pas d’auréoler les ténors, mais d’affermir les esprits.
Presse / Vousnousils du 21-12-11 : Education: faible succès des expérimentations pédagogiques selon le HCE.
Il en donne les rai­sons: "charge du tra­vail d'écriture et d'évaluation, inves­tis­se­ment consi­dé­rable dans la consti­tu­tion d'un nou­veau maté­riel péda­go­gique et évalua­tif (...) mais aussi insta­bi­lité liée à l'absence de péren­nité des moyens, au chan­ge­ment de per­son­nel ensei­gnant et de direc­tion" ou encore "échanges trop rares avec d'autres équipes".
Presse / Vousnousils du 22-12-11 : Éducation : neuf notes d'information en une semaine.
La semaine der­nière, une polé­mique avait éclaté sur la com­mu­ni­ca­tion du minis­tère. L'Association des jour­na­listes éduca­tion (Ajé) avait « regretté » dans un com­mu­ni­qué « la non publi­ca­tion de tra­vaux d'inspection » et de « notes sta­tis­tiques », qui prive, en par­ti­cu­lier les jour­na­listes, de « pré­cieux outils de travail ».
Presse / Le Point du 26-12-11 : Pierre Nora : "Le travail intellectuel est un service public" .
Notre société hyperdémocratique peut-elle tolérer l'existence d'une aristocratie du savoir ?
Elle ne la tolère pas et pourtant j'ai la faiblesse de croire qu'elle en a toujours besoin. Parce que la transmission, le lien avec le passé sont indispensables à notre survie. Et notre passé, c'est une littérature, une histoire et une langue, cet ensemble dit des "humanités". Dans ce mot, qui sent aujourd'hui le fagot, il y avait dans ma jeunesse une espèce d'éros.
Presse / Le Monde.fr du 04-01-12 : Education nationale : le gouvernement compte renforcer le pouvoir des recteurs.
Le décret précise que les recteurs pourront désormais "définir l'organisation fonctionnelle et territoriale de l'académie, afin de l'adapter aux caractéristiques locales", et disposeront dans l'académie "de l'ensemble des compétences relatives au contenu et à l'organisation de l'action éducatrice ainsi qu'à la gestion des personnels et au suivi du fonctionnement des établissements qui y concourent".
Presse / L'école démocratique du 06-01-12 : La taille des classes est bel et bien un facteur de réussite !
L’étude la plus célèbre et de loin la plus sérieuse est la recherche expérimentale américaine STAR (Student/teacher achievement ratio). Entre 1985 et 1990, un peu moins de 8000 élèves ont été répartis pendant 5 ans, pour moitié dans des classes de 13 à 17 élèves et pour moitié dans des classes de 22 à 26 élèves [1]. Les cinq années couvraient le « Kindergarten » (notre dernière année maternelle) et les quatre premières primaires. Ensuite les élèves furent à nouveau mélangés et l’on a pu suivre leurs performances pendant toute leur scolarité, jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Presse / L'Humanité du 13-01-12 : Jean-Yves Rochex « Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe ».
Ce glissement de l’activité intellectuelle vers des activités à faible enjeu cognitif nuit en priorité à ceux qui n’ont pas d’autres endroits d’apprentissage que l’école. Autre évolution notable?: le souci de faciliter la tâche aux élèves, de la rendre plus attractive, de s’inspirer de situations de la vie quotidienne, qui peut conduire à rabattre le travail et le langage propres à l’étude sur ceux de l’expérience ordinaire. De même peut-on observer l’importance des usages peu exigeants du langage, restreints à la communication ordinaire dans la classe ou à des fonctions de restitution et de réponse à des questions fermées, au détriment de sa fonction d’élaboration et des exigences d’écriture longue. Ce sont ceux qui sont le moins entraînés et disposés à écrire et à user du langage d’élaboration à qui l’on demande le moins de le faire?! Encore une fois, plutôt que de s’affronter à ce qui fait difficulté, on propose des tâches avec un enjeu intellectuel réduit.
Presse / L'Humanité du 16-01-12 : Éducation : retour sur cinq ans de casse.
Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français.
Presse / Le Monde du 20-01-12 : Ne bradons pas les diplômes de la licence !
Après avoir donné aux universités un plan réussite en licence (PRL) qui prévoyait l'injection dans le premier cycle de moyens financiers pour, en effet, permettre au plus grand nombre d'obtenir leur licence, le ministère a décidé d'y mettre un terme sans prendre le risque de se fâcher avec l'UNEF, et a trouvé un moyen simple de ne pas afficher en fin de mandat un résultat trop mauvais à l'électorat français, si chatouilleux parfois : "Ne surélevez pas le pont, faites baisser la rivière !"

07-12-11
 
Analyses / 2001-2011 : réflexions sur les programmes de français au lycée. (L’École des lettres)
La conception et l’écriture d’un programme d’enseignement constituent à coup sûr un exercice difficile : il faut du talent pour en présenter un nouveau, cautionné et promu par l’institution, sans désavouer l’ancien, qui fut prescrit quelques années plus tôt… De nos jours, les auteurs voudraient donner l’impression qu’ils bâtissent à chaux et à sable quand ils ne font que planter les décors éphémères du théâtre pédagogique. D’où ces textes, si habilement composés et argumentés qu’ils paraissent devoir échapper à toute contestation, d’autant que leur publication au BO les rend aussitôt sacrés. Pourtant, une question simple se pose : le nouveau programme corrige-t-il les défauts du précédent et est-il plus adapté aux conditions réelles d’enseignement ?
Analyses / 30 propositions destinées à achever l’école de la République. (Ufal)
« En base annuelle, les temps de travail des enseignants est : pour les agrégés, de 38 heures 38, pour les certifiés de lycées de 39 heures 30, pour les PLP de 38 heures 18. Selon une étude comparative élaborée par le ministère de l’Éducation nationale en mars 1998, le nombre d’heures dues par les enseignants français se situerait dans la moyenne européenne. » (Source : rapport du Sénat, 29 avril 1999). La conséquence est simple : surcharger de travaux périphériques les enseignants va peser sur la qualité de l’enseignement.
Communiqué / Romilly.com
Et voici qu'en lieu et place d'une politique volontariste de développement du latin et du grec, le ministère, dans un document de style marchand et aux relents managériaux, propose, « pour valoriser les initiatives pédagogiques innovantes en langues et cultures de l'Antiquité », un « prix Jacqueline de Romilly » où la « maîtrise de la langue ancienne » n'occupe que 10% d'un « projet » ou d'un « outil pédagogique inventif », à égalité avec des « compétences sociales ou civiques », l'ensemble passant par la mention d'« outils produits » et d'« effets obtenus » par une « pédagogie innovante », dans un contexte de « plus-value de l'action » (sic). Les prix à décerner ne sont pas des voyages en Grèce ou à Rome, mais des « tablettes », des « ressources numériques », ou « des vidéos ».
Presse / Libération du 23-11-11 : Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels.
Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.
Presse / Marianne2.fr du 26-11-11 : Comment 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français.
Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.

15-11-11
 
Analyses / L’Avenir des Langues Anciennes.
Quoiqu’il s’en défende, le propos de l’auteur est fondamentalement polémique. S’il reprend le titre de l’ouvrage de Pierre Judet de La Combe et Heinz Wismann, c’est parce qu’il veut régler avec eux des comptes philosophiques, comme l’annonce la double épigraphe jungienne. Sous cette invocation sont posées les bases d’un débat entre deux attitudes intellectuelles bien reconnaissables : l’une est accusée de surestimer la place de la conscience, émettrice de concepts et de règles ; l’autre entend réhabiliter celle de la nature dans l’activité de l’esprit, particulièrement en pédagogie, laquelle doit donc selon l’auteur privilégier la psychologie sur l’aspect théorique de la discipline.
Presse / Le Monde.fr du 04-11-11 : Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information.
Dans un communiqué, les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel. [cf. Niveau des élèves de CM2 : une étude non-publiée de la Depp]
Presse / La Gazette.fr du 10-11-11 : Les députés adoptent un budget de l’Education raboté de 20 millions d’euros.
Les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées seront réduits de 11 millions d’euros, en raison de leur sous-utilisation et du nombre d’élèves à la rentrée 2011, et de 2 millions d’euros les crédits pour les fonds sociaux. La subvention des opérateurs de l’Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions d’euros et les crédits de l’Enseignement technique agricole baissés d’un million d’euros.

17-10-11
 
Analyses / Pauvre Poucette.
" Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois " nous dit Michel Serres. Soyons clair, le multitasking n'existe pas. Il est antinomique de notre fonctionnement cérébral. Placé en demeure de faire plusieurs choses à la fois, le cerveau se contente de passer d’une activité à l’autre, séquentiellement. Chaque transition coûte des erreurs et du temps. Par ailleurs, une bonne partie des ressources cognitives est alors happée par la gestion du processus de multitasking (il faut garder les infos en mémoire, arbitrer entre les tâches, ramener les données pertinentes en mémoire de travail, etc.). Il n'est dès lors pas étonnant que les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation soient altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches. Au plan comportemental, nos brillants " multitaskeurs " développent à long terme de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, c'est plus inattendu, une moindre capacité à administrer de concert plusieurs tâches cognitives.
Analyses / "L'Estrade" n°12, septembre 2007.
Editorial - Les enseignants, la Région et la formation tout au long de la vie - A propos du rapport du HCE sur l’école primaire - Perles du passé - L’enseignement mis à mort d' A. Barrot.
Presse / Le Monde du 03-09-11 : Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser.
Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.
Presse / Le Monde.fr du 20-09-11 : La réforme Chatel des lycées est injuste et élitiste.
Les différentiels en termes d'offre de formation (plus ou moins une heure de mathématiques par exemple par élève d'un établissement à l'autre) commencent à apparaître en Seconde comme le montre notre enquête. Cette situation risque certainement de s'aggraver encore (nous avons relancé une enquête sur notre site) à partir de la rentrée 2011, avec la nouvelle classe de Première qui propose elle aussi des aménagements d'horaires différents d'un établissement à l'autre. Sur une scolarité entière (Seconde, Première, Terminale), un différentiel de deux à trois heures de mathématiques sera par exemple possible pour un élève d'une série S (il sera possible de la même manière en lettres) selon l'établissement qui l'accueillera. On peut désormais affirmer que cette réforme a pour conséquence immédiate l'émergence d'un lycée français à deux vitesses.
Presse / L'Humanité du 28-09-11 : Christian Laval : "l’école est au centre des nouvelles luttes des classes".
Pour ce qui est de l’UMP, rien ne freine plus la droite dans son projet de construction de l’école la plus purement capitaliste qui soit. Il s’agit de façon très ouverte de mettre en place une école concurrentielle, fonctionnant pour l’élite, et qui vise à faire de chaque établissement une petite entreprise avec à sa tête un "patron" qui aura tout pouvoir sur les enseignants. C’est en somme un programme à la fois néolibéral et néoconservateur des plus radicaux. Pour ce qui est du programme des socialistes, ce qui est frappant, c’est sa pauvreté. Il donne l’impression d’une simple répétition d’orientations très anciennes tirées des rapports des années 70 ou 80. C'est un programme, si on peut l'appeler ainsi, qui ne parvient pas à saisir le contexte nouveau dans lequel nous sommes. Les socialistes se sont interdit de comprendre depuis trente ans que l’école était soumise de plus en plus à une norme néolibérale. Lorsqu’ils promeuvent l’autonomie des établissements, ils ne semblent pas du tout comprendre que cette autonomie peut être prise dans des sens très différents et que, dans le contexte actuel de concurrence entre établissements, elle peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’objectif officiel que se donne le programme de lutte contre les inégalités. Il y a là une méconnaissance, volontaire ou non, du nouveau paradigme mondial de l’éducation.

29-08-11
 
Réforme / Explication de texte littéraire : un exercice à revivifier (pdf). (eduscol)
Intervention de Patrick Laudet, inspecteur général de l'éducation nationale, groupe des lettres, en séminaire interacadémique. 22 pages passionnantes... tout arrive !
Analyses / "L'Estrade" n°13, janvier 2008.
Sommaire : Editorial - Apprendre à lire - Maternelle et lecture - A propos du SNUipp - Sur un texte de Dehaene - Enseignement professionnel - Service minimum - Alléger le cartable - L’école mise en pièce - Informatique et orthographe.
Presse / Télérama du 24-08-11 : Malaise dans l'école : la bataille du primaire.
Des instituteurs qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes. D'autres qui rendent leurs palmes académiques. Des parents qui occupent des écoles pour protester contre les fermetures de classes. L'école primaire, d'ordinaire la « grande muette » de l'Education nationale, crie au secours. Le malaise est plus ancien qu'il n'y paraît. En opérant des coupes claires (près de 9 000 postes en moins en 2011, 16 000 prévus en 2012), le gouvernement donne l'impression de tirer sur une ambulance. En 2007, dans son bilan annuel, le Haut Conseil de l'éducation révélait que « chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent de CM2 avec de graves lacunes ». Pire, les élèves en difficulté en CP le restent tout au long de leur scolarité.

14-06-11
 
Analyses / TV lobotomie de Michel Desmurget.
Ce livre, écrit par un chercheur en neurosciences, malgré son titre aguicheur laissant présager le pire, s’appuie sur des références (1193 références dont des livres grand public ne traitant pas directement du sujet, des articles de journaux à grand tirage, d’hebdomadaires, mais avec surtout des références d’articles de revues spécialisées pour chercheurs en neurosciences et médecins). Le style est alerte, acerbe. Le discours est très clair, soutenu par un plan rigoureux.
Analyses / Apprendre à lire : l’enjeu de la syllabique, de Janine Reichstadt. (democratisation-scolaire.fr)
On a voulu réduire la syllabique à l’inculcation d’automatismes détournée du souci de la compréhension et du sens culturel de la lecture. L’auteure montre pourquoi il n’en est rien, en développant les raisons pour lesquelles il n’est pas possible de séparer la compréhension et le déchiffrage, qui en est la voie d’accès absolument incontournable : seule la lecture précise des mots, de la ponctuation, et de tout ce qui organise l’écrit, permet au lecteur de savoir ce qu’il comprend ou pas d’un texte.
Analyses / "L'Estrade" n°14, février 2008.
Sommaire : éditorial - nouvelle charte - nouveaux statuts.
Actions / Appel sur les conditions de correction de l'épreuve anticipée de français au baccalauréat 2011.
Professeurs de Lettres, nous dénonçons à nouveau les conditions dans lesquelles nous sommes appelés à faire passer l'épreuve anticipée de français au baccalauréat en juin 2011 et refusons de nous incliner une fois de plus devant cette situation.
Contributions / Suites de la bourde du jury à l’agrégation d’histoire. (SLU)
Les étudiants agrégatifs et les enseignants-chercheurs en histoire sont heureux de vous annoncer que Catherine Vincent, Professeur à l’Université de Nanterre et démissionnaire du jury d’agrégation d’histoire le 30 mai 2011 pour avoir donné à l’épreuve de commentaire un pastiche de document médiéval présenté comme authentique, a été triomphalement élue présidente de la Société d’histoire religieuse de la France par le Conseil d’Administration le 31 mai.

24-05-11
 
Analyses / Les effectifs d'élèves étudiant le latin et le grec au collège et au lycée.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Analyses / Apprendre à "lire" : un point de vue vygotskien. (skholè)
Ainsi l’aspect « mécanique » et formel le l’enseignement scolaire, et la relative « passivité » ou hétéronomie de sa réception, s’expliquent et se justifient par le fait qu’il s’agit de s’adresser à ces fonctions supérieures encore immatures et de forcer pour ainsi dire leur développement, ce qui ne peut se faire que par un certain exercice formel assisté, dont la nature ne doit pas être confondue avec celle d’un quelconque « dressage ». Vygotski montre au contraire ce qui distingue dressage et apprentissage : ce que vise et produit le premier, c’est une imitation servile ; ce que vise et produit le second, c’est un accroissement des pouvoirs cognitifs, par leur plus grande maîtrise réfléchie. Or il s’agit là d’un processus qui, en raison de sa non-spontanéité, doit passer par certains mécanismes d’habituation.
Analyses / "L'Estrade" n°15, avril 2008.
Sommaire : bac Mc Donald's, ça y est ! - rapport Attali - texte de la conférence du 16-2-2008 - rapport Pochard - note2be - l’affaire Berlaimont - pédagogie émotionnelle - l’enseignant, la retraite et le Recteur - nouveaux programmes.
Presse / Le Figaro du 09-03-11 : Réapprendre les bases de l'écriture aux collégiens.
Dans les copies de 3e, les phrases, extraites de Maupassant, ressemblent à celles-ci: «Puis je me chouche et jatent comme on atendrai le bouro» ou «j'attend le sommeille comme on n'attenderé le douraut». Mots disparus corps et biens, sons retranscrits de façon totalement aléatoire… ces élèves n'ont tout simplement pas compris le fonctionnement du code alphabétique et le principe de la correspondance entre les sons et les signes. Ce sont 30% de ses élèves qui écrivent ainsi.
Presse / Le Monde du 30-03-11 : "Nous, princesses de Clèves" : la princesse de Clèves, héroïne des cités.
Cela aurait pu être un documentaire social de plus, un film sur l'école comme la France les aime tant. Tourné au lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, Nous, princesses de Clèves scelle la rencontre entre la culture classique et la culture des cités autour du roman qui lui donne son titre.
Presse / Rue89 du 25-04-11 : Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave.
« Une langue pure et compréhensible par tous, c'est un devoir démocratique », dit-elle lors de l'entretien qu'elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».
Presse / Blog Peut mieux faire du 26-04-11 : Terminale S : d’éminents mathématiciens contestent les nouveaux programmes.
Cette fois, la bronca n’est pas déclenchée par les professeurs de lycée - qui s’y joindront peut-être - mais par un groupe d’éminents mathématiciens membres de l’Académie des sciences.
Presse / Télérama du 28-04-11 : Grammaire amère.
Un ­discours grammaticalement correct est-il forcément « amphigourique », comme l'affirme Luc Chatel, qui défend la syntaxe familière de Nicolas Sarkozy ? C'est oublier qu'en l'absence d'une langue complexe et articulée seuls subsistent les slogans et les clichés – bref, le degré zéro de la pensée... – et que prospèrent les ghettos linguistiques : « Je me comprends », répliquent les jeunes gens pris en flagrant délit de charabia, sans songer que l'enjeu de l'intégration sociale comme de l'échange intellectuel est justement de se faire comprendre.

21-03-11
 
Analyses / Les effectifs d'élèves étudiant le latin et le grec au collège et au lycée.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Analyses / "L'Estrade" n°16, septembre 2008.
Sommaire : Des robots... - Redoublements... - Libéralisme et syndicalisme d’appareil - Réforme du lycée - « aucoeurdesécoles.com » - Cultures régionales - Berlaimont.
Communiqué / L'avenir du latin et du grec : il faut joindre le geste à la parole !
Aujourd’hui, la mise en place de la réforme du lycée à la rentrée 2010, par sa complexité et son opacité, cause encore une évaporation subreptice d’élèves qui souhaitaient suivre ces enseignements, et la rage d’économies qui préside à la préparation de la rentrée 2011 fait des ravages : tous les prétextes, variant d'une académie à l'autre, sont invoqués pour supprimer des sections. Déjà, et selon les chiffres du ministère lui-même, les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009.
Pétition / Non à la fermeture des préparations aux Capes et à l'agrégation à Bordeaux 3 !
Les raisons que vous alléguez sont celles d'une "restriction budgétaire" ; pourtant, vous projetez de créer dans le même temps cinq nouvelles licences, intitulées "Licence Culture humaniste et scientifique", "Licence design", "Licence danse", "Licence création et écriture", "Licence Chanson française". Or, le coût de chacune de ces nouvelles licences est si élevé que même en additionnant les coûts des quatre préparations aux concours qui vont être supprimées à la rentrée 2011, le coût total d'une seule de ces licences n'est pas atteint.
Contributions / Université de Bordeaux 3 : les financements des préparations aux concours de Lettres Classiques sont supprimés.
Nous estimons que nous n'avons pas à nous laisser faire et que nous devons faire éclater ce qui n'est rien d'autre qu'un scandale : l'université doit placer prioritairement une partie de l'argent dont elle dispose dans les préparations aux concours nationaux d'enseignement, qui sont le débouché naturel et professionnel des étudiants.
Presse / Le Figaro du 16-03-11 : La difficile entrée en vigueur de la réforme du lycée.
Les enseignants sont «fortement déstabilisés» par l'absence de contenus prédéfinis. Les élèves eux-mêmes ressentent cette déstabilisation: «Les profs sont un peu perdus», «Nous sommes la génération crash-test».
Presse / Mediapart du 17-03-11 : Faudra-t-il se résoudre à dire adieu à l'Ecole et à l'instruction pour tous ?
Il y a eu les grandes grèves de 2003. La défaite qui s'en est suivie fut une lente, mais certaine, forme de descente aux enfers. Elle a atomisé les professeurs et l'Etat, avide de désengagement, a retiré ses billes. La Seine-Saint-Denis et, plus généralement, les villes et les quartiers populaires peuvent crever. Le consensus capitalo-parlementaire national n'a pas d'yeux pour eux.

13-03-11

Analyses / Enseigner la littérature, mission impossible ?
L’approche technique, ou plutôt techniciste, qui a trop longtemps été celle des programmes de lycée, a fait paradoxalement perdre de vue la dimension artistique de la littérature. À propos de la linguistique, dont personne à SLL ne conteste évidemment l’intérêt, toute une génération de professeurs, d’inspecteurs et de didacticiens du français s'est enfermée dans une illusion de scientificité acquise en fac dans les années 60-70, et (comme en Histoire avec les Annales, ou en Mathématiques avec la théorie des ensembles et Bourbaki) a cru qu'on pouvait impunément importer dans le secondaire des sciences et des méthodes qui présupposaient des cadres acquis (grammaire « traditionnelle », orthographe, histoire littéraire… ), dont on s'est désormais dispensé, avec les résultats que l’on constate : le malaise dans l’enseignement de la littérature, du côté des étudiants comme de celui des professeurs…
Analyses / La deuxième mastérisation : communiqué de Reconstruire l’Ecole. (RE)
Dès le mois de juin 2008, alors que la « mastérisation » n’était qu’un projet et que nul ne pouvait prévoir le mouvement universitaire du printemps 2009, l’Association Reconstruire l’École avait signalé dans un rapport remis au Ministère que ce dispositif n’était pas viable. Preuve en est faite puisque de Nicolas Sarkozy à Gilles Baillat, président de la CDIUFM, et de Luc Chatel à Alain Boissinot, recteur de Versailles, tout le monde s’accorde à vouloir « réformer la réforme » : les masters d’enseignement, que les universités ont été contraintes de mettre en place malgré elles, n’auront pas tenu plus d’un an.
Analyses / L'Estrade - publiée par l’ADER.
En septembre 2010, l'ADER, Association de Défense de l’Ecole Républicaine, a rejoint le collectif Sauver les lettres. Nous mettrons en ligne progressivement sur cette page l'ensemble des dix-sept numéros de la revue "L'Estrade", publiés entre avril 2004 et janvier 2009, en commençant par le plus récent.
Contributions / Académie de Nantes : Monsieur le Recteur, encore un effort !
"En rétablissant le latin au lycée Europe-Schuman, le recteur a compris l'enjeu que cela représentait pour l'enseignement public, dans une commune où l'enseignement privé confessionnel est majoritaire." Il n'en reste pas moins que le tiers des lycées publics de l'académie voient leurs sections de latin toujours fermées par le rectorat : « A la rentrée 2011, 31 lycées publics de l'académie de Nantes proposeront l'option facultative de latin, contre 46 cette année. »
Presse / Les Echos du 16-02-11 : Carte scolaire : une étude s'alarme pour la mixité sociale.
Une étude comparative publiée par le ministère de l'Education pointe les effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale.
Presse / L'Humanité du 17-02-11 : La filière technologique sabordée .
Le ministère veut remanier de fond en comble cette filière. Fini le fort marquage technologique. Fini les travaux pratiques sur systèmes professionnels, pourtant le principal facteur de réussite des élèves. Fini la diversité des options?: des formations telles que bois, génie des matériaux, optique et d’autres vont tout simplement disparaître.
Presse / Le Monde du 05-03-11 : Eduquer au XXIe siècle.
Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait. Avec l'accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l'accès en tous lieux, par le GPS, l'accès au savoir est désormais ouvert. D'une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.
Presse / VousNousIls.fr du 07-03-11 : Val-de-Marne: appel de maires contre "le dépeçage" de l'Education nationale.
Huit maires de gauche du Val-de-Marne ont lancé lundi un appel contre le "dépe­çage" de l'Education natio­nale et les sup­pres­sions de postes d'enseignants qui menacent, selon eux, l'"accès au savoir" dans les quar­tiers populaires.

25-01-11

Actions / Le rouleau compresseur des « compétences » dans l’éducation.
La pédagogie qu’on nous impose se veut exercice de développement d’armes pour la vie et le sens de l’humain à éduquer tend à devenir celui d’un homme sans qualités sur lequel l’éducateur est convié à coller des « compétences clés » pour une réussite dans la vie essentiellement définie par le critère de l’employabilité. Dans cette « nouvelle » école, on n’enseigne plus à l’être humain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il vaut. La connaissance n’a de valeur que si elle répond aux besoins du marché, si on peut lui accorder une valeur marchande.
Actions / Lettre de démission.
J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plus possible, dans ces conditions, de continuer de l'exercer et j'ai perdu tout espoir que cela ne change. C'est pourquoi, Monsieur le Proviseur, j'ai l'immense regret de vous présenter ma démission.

08-01-11

Communiqué / Hommage à Jacqueline de Romilly.
Le collectif Sauver les Lettres a été profondément attristé par la mort de l’helléniste Jacqueline de Romilly : nous avons en effet admiré et partagé son engagement pour l’enseignement des langues anciennes et nous continuerons à le faire. Les réactions du Président de la République, du Ministre de la Culture et du Ministre de l’Éducation Nationale rendent hommage à cette grande dame et à son combat.
Réforme / L'évolution des acquis des élèves de 15 ans en compréhension de l'écrit : premiers résultats de l'évaluation internationale PISA 2009. (MEN)
En 2009, 4 300 élèves de 15 ans ont participé à l’enquête internationale PISA visant à évaluer principalement la compréhension de l’écrit. Entre 2000 et 2009, l’évolution du score moyen de la France reste stable et demeure dans la moyenne des pays de l’OCDE. [...] Le nombre des élèves des faibles niveaux de compétences s’accroît alors que celui des élèves des niveaux de compétences les plus élevés reste stable.
Presse / Rue89 du 15-12-10 : Des militaires pour former les profs stagiaires.
Un collègue a posé la question suivante : « Tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d'accord qu'en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu'en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n'avons encore eu à ce jour aucune formation ! »
Presse / Le Monde du 19-12-10 : Défense de l'art pour tous.
L'effet réel de ce micmac pour chacun serait de créer une culture à deux vitesses : que les riches retrouvent leurs aises à l'Opéra et dans les lieux privilégiés, et qu'on organise partout des stages et des festivals de hip-hop et de slam et des défilés de géants. Les artistes eux, créateurs ou interprètes, et leurs amis animateurs, techniciens, sont bons pour la poubelle de l'Histoire, avec André Malraux par-dessus, malgré l'hommage hypocrite à lui rendu.
Presse / Politique.net du 20-12-10 : Education : le Sénat retire 4 millions d'euros au public pour financer 250 postes de profs dans le privé.
Tandis que le ministère de l’Éducation nationale compte faire des économies en 2011, en supprimant 16 000 postes, le sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, a trouvé un moyen de faire un beau cadeau à l’enseignement privé sous contrat catholique. Le 17 décembre dernier, lors du vote du budget de la mission enseignement scolaire, il est parvenu à faire adopter un amendement assurant l’ouverture de 250 nouveaux postes pour l’année à venir, correspondant à 4 millions d’euros.
Presse / France Info du 20-12-10 : 2010 : le bilan de Luc Chatel.
Cette semaine dans Mode de vie éducation, bilan de l’année. Aujourd’hui côté enseignement scolaire. Et comme point de départ, l’étude de référence sur l’acquis des savoirs, l’étude Pisa 2009 qui juge et analyse l’acquis des savoirs dans une trentaine de pays. Un bilan peu flatteur pour la France.
Presse / ActuaLitté.com du 21-12-10 : Jacqueline de Romilly : la grande émotion de Luc Chatel.
Depuis l’arrivée de l’UMP au pouvoir, le programme éducatif mis en place n’a pas vraiment fait montre d’une réelle volonté de casser le cours des choses. Depuis déjà plusieurs décennies, l’enseignement du latin patine quand celui du grec disparaît tout simplement de nos collèges.
Presse / Le Monde du 22-12-10 : Perçu comme plus éprouvant, l'enseignement suscite moins de vocations.
Dans certaines disciplines de l'enseignement secondaire, cette baisse des candidatures est tellement marquée qu'elle pose le problème de la sélectivité des concours. C'est en mathématiques que le phénomène est le plus aigu, avec 1303 candidats pour 950 postes, soit environ 1,4 candidat par poste contre 3,3 lors de la session précédente. En lettres, avec 1 491 candidats pour 800 postes, le taux n'est plus que de 1,9 candidat par poste, contre 3,7 précédemment. En anglais, le taux est tombé à 2 candidats pour un poste, contre 3,3 à la dernière session.
Presse / Rue89 du 29-12-10 : Disparition de Romilly : tous les hellénistes n'ont pas 97 ans !
Les médias seraient-ils donc devenus schizophrènes d'élever un dernier baroud d'honneur à Jacqueline de Romilly tandis qu'ils laissent enterrer le grec, et le latin à court terme, sans un bruit ? [...] On m'objectera que le latin et le grec sont « out », « has been » et qu'ils n'intéressent plus les élèves : c'est faux. Que répondre face au désarroi des élèves qui voulaient faire du grec et qui viennent vous dire : « Madame, qu'est-ce qu'on va devenir, s'il n'y a plus de grec ? C'est ma passion… » Voilà peut-être le plus bel hommage rendu à madame de Romilly, dans la bouche d'un élève de seconde.
Presse / Le Monde du 29-12-10 : L'école et le collège, principales victimes des réductions de postes.
L'école primaire à laquelle la France consacre déjà 15 % de moins que la moyenne des pays de l'OCDE va voir diminuer encore un peu la scolarisation des moins de 3 ans, une partie des enseignants qui travaillaient sur les réseaux d'aide va être rapatriée dans les classes ainsi que tous les enseignants de langues vivantes.

17-11-10
 
Analyses / De Lagauche à droite toute !
Un rapport de sénateurs du PS, sous la responsabilité de Serge Lagauche, sénateur PS du Val-de-Marne, a été rendu public en Juillet 2010, sous le titre « Egalité des chances dans l'enseignement primaire et secondaire ». Il faisait suite à une question de ce même sénateur au ministre Luc Chatel. Le PS cherchait ainsi à montrer qu'il avait une réflexion, et des propositions politiques, sur la question scolaire. Certes, Monsieur Lagauche a tenu à préciser que les propositions du rapport ne sont pas nécessairement celles du PS, mais cela signifie tout aussi bien qu'elles peuvent l'être (cf. la conclusion). On remarquera d'ailleurs à quel point elles semblent s'inspirer des projets de Ségolène Royal aux présidentielles ratées de 2007. Projets dont la révélation sur internet avait valu au PS de perdre les voix d'une partie importante du corps enseignant.
Presse / Le Monde du 05-11-10 : Le ministère pose le cadre de sa nouvelle doctrine : la "culture pour chacun".
"D'une certaine manière, le véritable obstacle à une politique de démocratisation culturelle, c'est la culture elle-même, écrit le rédacteur. Une certaine idée de la culture, répandue dans les composantes les plus diverses de la société, conduit, sous couvert d'exigence et d'excellence, à un processus d'intimidation sociale." Ce terme d'"intimidation" est repris en boucle. Brocardant "l'élitisme pour tous", cher au metteur en scène Antoine Vitez (1930-1990), le texte poursuit : "Il ne s'agit plus de "rendre populaire", mais bel et bien de faire accéder le populaire au rang des intérêts culturels de notre patrimoine et de la création française. C'est dans ce glissement que s'en opère un autre : celui d'une "culture pour tous" invitant la société à adhérer à un consensus intellectuel vers une "culture pour chacun" entendant reconnaître la diversité de la culture, des cultures." Au passage, un troisième glissement s'opère : celui d'une culture de l'offre vers une culture de la demande.

19-10-10
 
Réforme / Rapport du HCE sur le collège.
La logique du socle commun et l’approche par compétences supposent que l’enseignant se préoccupe non seulement de la transmission d’un savoir, mais également de l’acquisition de celui-ci par tous les élèves. Cette évolution se traduira dans les pratiques pédagogiques : certains projets ayant vocation à intégrer plusieurs champs disciplinaires impliquent que les enseignants consacrent du temps au travail en équipe, distinct du temps d’enseignement devant les élèves, mais faisant partie intégrante du métier d’enseignant. C’est pourquoi le Haut Conseil de l’Éducation souhaiterait que le service des enseignants ne soit pas uniquement défini par un nombre d’heures hebdomadaires d’enseignement devant élèves, comme c’est le cas depuis le décret du 25 mai 1950 [...] Cette redéfinition du service des enseignants pourrait conduire à allonger de quelques heures leur temps global de présence dans l’établissement.
Analyses / La medefisation des esprits.
Le management par projet s'apparente de fait à un dispositif de caporalisation qui vise, par le biais des membres du Conseil pédagogique, à renforcer, grâce à la création d'un échelon intermédiaire issu du corps enseignant lui-même, le contrôle hiérarchique sur les personnels éducatifs. Car renforcer ce contrôle, tout en déléguant le pouvoir à des responsables issus « de la base» afin de donner aux salariés le sentiment de s'autogérer, est une des techniques avérées des nouvelles formes d'organisation du travail mises en place par la révolution managériale dans les entreprises privées depuis les années 80. La mise en compétition des projets et leur pilotage par le Conseil pédagogique (sous contrôle du chef d'établissement) risque en tout cas de s'avérer un moyen très efficace pour briser la solidarité collective d'un corps enseignant qui a le tort de vouloir résister au rouleau compresseur de l'idéologie néo-libérale et de défendre une conception des savoirs qui ne soit pas purement utilitaire.
Analyses / Comment obtenir un bac S avec des notes inférieures à la moyenne en sciences.
Que propose la réforme sous couvert des objectifs de « rééquilibrage » ? elle ne fait qu'affaiblir les contenus disciplinaires, par la diminution des horaires alloués aux différentes matières existantes (et en sciences pour S !) et l'ajout, en filière L de pseudo-disciplines à définition plus que floue : cela aura pour conséquence d'orienter encore davantage vers la S d'élèves qui auraient leur place en L ou ES et d'accroître le décalage entre la réussite apparente au baccalauréat et le niveau réel des élèves.
Presse / Marianne2.fr du 27-09-10 : Le chèque éducation, machine de guerre contre l'école républicaine.
Utopie plaisante, réalité décevante. L’école déréglementée jaillissant de la faillite de l’École républicaine, c’est le néolibéralisme construit sur les ruines de la République. Rien d’autre. Et pour une efficacité pédagogique nulle.
Presse / Le Monde diplomatique du 01-10-10 : Dossier. A quoi sert l’éducation secondaire ?
Le rôle de l’enseignement secondaire fait débat. Doit-il fournir des compétences de base pour les nouveaux emplois non qualifiés, comme le suggère la Commission européenne En Europe, les compétences contre le savoir »), ou constitue-t-il un véritable enjeu de réduction des inégalités sociales et culturelles Et si l’école servait à apprendre... ») ?
Presse / Le Monde du 08-10-10 : L'orthographe à l'université ?
A l'occasion de la rentrée universitaire, la question de l'orthographe revient sur le devant de la scène. Les établissements d'enseignement supérieur sont de plus en plus nombreux à proposer des cours de "remise à niveau" pour l'ensemble des étudiants, quelle que soit leur discipline.
Presse / Le Figaro du 08-10-10 : Pécresse veut revoir les concours des grandes écoles.
Si les boursiers réussissent moins bien que les autres, c'est parce que les inégalités se sont creusées avant à l'école primaire, au collège et au lycée [...] «Nous avons été trop timides jusque-là», estime Pierre Tapie. En vingt ans, affirme-t-il, le nombre d'heures d'enseignements n'a cessé de baisser en français et sciences: «On a perdu l'équivalent d'un an à un an et demi d'études scientifiques entre le primaire, le collège et le lycée. Maintenant, on interdit aux élèves de S d'accéder au latin, grec. C'est stupide. Pour les leaders, la culture générale est un facteur déterminant.»
Presse / Le Monde du 13-10-10 : Les experts du Haut conseil de l'éducation "ne savent toujours pas de quoi ils parlent".
Désormais, tout doit être axé dans cette direction : les compétences du socle (qui sont, rappelons-le, le strict minimum et, pour partie, les compétences précédemment acquises à l'école primaire). Ainsi, disent-ils, la finalité du collège serait de valider les "livrets de compétences" d'élèves en contrôle continu. Merveilleuse idée en effet puisqu'elle permettrait d'en finir avec les quelques 140 000 élèves sortant sans diplôme ! Aussi, sans honte ni crainte, ils proposent de lutter contre l'échec en faisant du collège le prolongement de l'école primaire avec cet objectif.
Presse / Mediapart - Blog "Toutes voiles dehors" du 15-10-10 : Des armes et des lettres.
Affrontement social, les armes des uns et des autres.
Presse / Le Monde magazine du 17-10-10 : "PowerPoint, c'est du cinéma".
En 2001, le New Yorker a consacré un article ("Comment un logiciel édicte nos pensées") à l'omniprésence de Ppt dans des secteurs comme l'école ou l'armée, racontant que certains patrons préfèrent en interdire l'usage. "PowerPoint, y lisait-on, est étrangement habile à dissimuler la fragilité d'une proposition, la vacuité d'un business plan, devant un public toujours respectueux ; grâce à la distraction visuelle, l'orateur peut rapidement occulter toutes les failles ridicules de son argumentation."

15-09-10
 
Analyses / La rentrée en Seconde en 2010 : désinvolture, truandage, inégalité.
Les élèves de Seconde subissent de plein fouet cette année, à la hussarde, la réforme Sarkozy-Chatel du lycée : la précipitation de l'application des nouveaux textes les livre pieds et poings liés à la brutalité gouvernementale : absence de manuels, baisse des horaires d'enseignement, restriction du choix des options, inégalité entre établissements.
Presse / Rue89 du 03-06-10 : Du Figaro à la Fondation pour l'école, il n'y a qu'un pas .
Anne Coffinier, présidente à l'origine de la Fondation, ne dédaigne d'ailleurs pas porter la bonne parole partout où elle a de bonnes chances d'être entendue : ainsi, le 16 octobre 2007, le centre Saint-Paul du très intégriste Institut du Bon-Pasteur, lui donnait-il l'occasion, entre une conférence sur « Le sort des enfants morts sans baptême » ou sur « Les chrétiens en terre d'islam, actualité d'une persécution », de défendre ses vues dans une communication modestement intitulée « Sauver l'école, c'est possible ».
Presse / Le Canard enchaîné du 11-08-10 : Des intégristes sablent le champagne aux Invalides.
Pour être ainsi reçue en haut lieu, la Fondation pour l'école soigne sa façade. Aucune vedette de l'extrême droite et nul prêtre intégriste ne siège dans ses instances de direction. Ses textes fondateurs évitent soigneusement toute référence aux valeurs de la droite musclée et à la religion catholique.
Presse / Le Monde du 21-08-10 : Langues anciennes, cibles émouvantes.
La stratégie visant à éradiquer le grec et le latin de l'école publique entre dans sa phase terminale, avec la suppression programmée du Capes de lettres classiques, concours principal pourvoyeur des professeurs de langues anciennes dans les collèges et lycées de France. Membres du jury de ce défunt concours, nous avons devant nous ce qui semble devoir être la dernière génération de professeurs de grec et de latin.
Presse / Fabula du 25-08-10 : École: les pièges de la concurrence. Comprendre le déclin de l'école française
Fruit de huit ans de recherches, Ecole: les pièges de la concurrence met à mal l'idée selon laquelle la compétition entre établissements scolaires améliorerait le niveau général en créant de l'émulation. Au contraire, cela pénalise tous les élèves, y compris ceux des classes moyennes.
Presse / Le Monde du 02-09-10 : La colère des inspecteurs de l’éducation nationale.
"Luc Chatel, à force de répéter 'aie confiance', peut postuler à un rôle dans le prochain film Le Livre pédagogique de la jungle", assène ironiquement, lundi 30 août, Patrick Roumagnac, secrétaire général du SIEN-UNSA.
Presse / Rue89 du 02-09-10 : Les internats d'excellence, un coûteux gadget présidentiel.
Potentiellement inquiétante, la possibilité envisagée par l'Education nationale, de faire appel au financement privé, par l'intermédiaire de fondations ou du mécénat (circulaire du 22 juillet 2010), laisse la porte ouverte à bien des dérives.
Presse / Le Monde du 03-09-10 : Rentrée scolaire, la réussite au compte-gouttes.
En lisière de cette école mise à mal, fleurit une kyrielle de micro-initiatives qui donnent l'illusion du mouvement, de la nouveauté. L'idée que l'école change. En réalité, ce sont des palliatifs ponctuels qui font croire aux changements de fond, alors que le travail s'effectue sur les marges. Une politique du compte-gouttes et de l'exception.
Presse / Le Monde du 04-09-10 : Ecole : silence, on privatise...
Deux fondations consacrées à financer les écoles privées, surtout les plus religieuses, se sont vu reconnaître le statut d'"utilité publique" : la Fondation Saint-Matthieu et la Fondation pour l'école. Cette dernière est issue de "Créer son école", qui s'inspire d'un autre réseau : les Créateurs d'écoles.
Presse / SNCS du 08-09-10 : Lettre à Valérie Pécresse de refus de la Légion d'Honneur (23/07/2010).
Madame la Ministre,
J’ai appris avec une grande surprise par votre lettre du 15 juillet ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur. J’ignore qui l’a sollicitée pour moi. Cette personne me voulait du bien et je lui en sais gré, mais j’ai décidé de refuser cette nomination, pour plusieurs raisons, en plus de mon peu de goût pour les médailles.
Presse / VousNousIls du 09-09-10 : Masterisation : deux directeurs d'IUFM démissionnent.
« Je suis en désac­cord avec les orien­ta­tions poli­tiques concer­nant la for­ma­tion des maîtres. Je pense que la mas­te­ri­sa­tion va entraî­ner une régres­sion extra­or­di­naire de la qua­lité de la for­ma­tion ». C'est en ces termes que Patrick Baranger, direc­teur de l'IUFM de Lorraine, a jus­ti­fié la lettre de démis­sion adres­sée à Valérie Pécresse.
Presse / Le Monde du 09-09-10 : L'objectif d'un enseignant est d'enseigner !
Professeur dans un lycée général et technologique, je souhaiterais, en ce temps de rentrée scolaire, exprimer mon désarroi devant une évolution inquiétante de l'éducation nationale, qui est en train de remettre en cause ce qui pouvait paraître des évidences, du fait de la transposition à l'école du modèle "fixation d'objectifs/contrôle de résultats" à l'œuvre dans le monde de l'entreprise.
Presse / L'Humanité du 10-09-10 : Le rapport que Luc Chatel voulait garder secret...
Cette fois, les critiques viennent du ministère lui-même ! Dans un rapport sur la préparation de la rentrée scolaire 2010, que l’Humanité s’est procuré (à lire en cliquant ici), trois inspecteurs généraux dressent un panorama inquiétant de la situation dans l’éducation nationale. Et ne cachent pas leur scepticisme quant à la politique de restriction menée ces dernières années.
Presse / Le Monde du 15-09-10 : De Gaulle, ce chêne qui cacherait et un intérêt particulier et un intérêt général.
Trois pages et demie de Google discutent de savoir s'il convient ou non que de Gaulle soit au programme. Une pétition de professeurs de lycées, soutenue par le SNES a réuni 1 500 signatures entre la mi-mars et la mi-mai 2010. Débat national ! Grosso modo il lui est opposé de n'être pas un écrivain. De Gaulle doit-il passer outre-tombe une seconde fois le baccalauréat ?

Suite (2008-2010)