La conception et l’écriture d’un programme d’enseignement constituent à coup sûr un exercice difficile : il faut du talent pour en présenter un nouveau, cautionné et promu par l’institution, sans désavouer l’ancien, qui fut prescrit quelques années plus tôt… De nos jours, les auteurs voudraient donner l’impression qu’ils bâtissent à chaux et à sable quand ils ne font que planter les décors éphémères du théâtre pédagogique. D’où ces textes, si habilement composés et argumentés qu’ils paraissent devoir échapper à toute contestation, d’autant que leur publication au BO les rend aussitôt sacrés. Pourtant, une question simple se pose : le nouveau programme corrige-t-il les défauts du précédent et est-il plus adapté aux conditions réelles d’enseignement ?
« En base annuelle, les temps de travail des enseignants est : pour les agrégés, de 38 heures 38, pour les certifiés de lycées de 39 heures 30, pour les PLP de 38 heures 18. Selon une étude comparative élaborée par le ministère de l’Éducation nationale en mars 1998, le nombre d’heures dues par les enseignants français se situerait dans la moyenne européenne. » (Source : rapport du Sénat, 29 avril 1999). La conséquence est simple : surcharger de travaux périphériques les enseignants va peser sur la qualité de l’enseignement.
Et voici qu'en lieu et place d'une politique volontariste de développement du latin et du grec, le ministère, dans un document de style marchand et aux relents managériaux, propose, « pour valoriser les initiatives pédagogiques innovantes en langues et cultures de l'Antiquité », un « prix Jacqueline de Romilly » où la « maîtrise de la langue ancienne » n'occupe que 10% d'un « projet » ou d'un « outil pédagogique inventif », à égalité avec des « compétences sociales ou civiques », l'ensemble passant par la mention d'« outils produits » et d'« effets obtenus » par une « pédagogie innovante », dans un contexte de « plus-value de l'action » (sic). Les prix à décerner ne sont pas des voyages en Grèce ou à Rome, mais des « tablettes », des « ressources numériques », ou « des vidéos ».
Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.
Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.
Quoiqu’il s’en défende, le propos de l’auteur est fondamentalement polémique. S’il reprend le titre de l’ouvrage de Pierre Judet de La Combe et Heinz Wismann, c’est parce qu’il veut régler avec eux des comptes philosophiques, comme l’annonce la double épigraphe jungienne. Sous cette invocation sont posées les bases d’un débat entre deux attitudes intellectuelles bien reconnaissables : l’une est accusée de surestimer la place de la conscience, émettrice de concepts et de règles ; l’autre entend réhabiliter celle de la nature dans l’activité de l’esprit, particulièrement en pédagogie, laquelle doit donc selon l’auteur privilégier la psychologie sur l’aspect théorique de la discipline.
Dans un communiqué, les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel. [cf. Niveau des élèves de CM2 : une étude non-publiée de la Depp]
Les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées seront réduits de 11 millions d’euros, en raison de leur sous-utilisation et du nombre d’élèves à la rentrée 2011, et de 2 millions d’euros les crédits pour les fonds sociaux. La subvention des opérateurs de l’Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions d’euros et les crédits de l’Enseignement technique agricole baissés d’un million d’euros.
" Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois " nous dit Michel Serres. Soyons clair, le multitasking n'existe pas. Il est antinomique de notre fonctionnement cérébral. Placé en demeure de faire plusieurs choses à la fois, le cerveau se contente de passer d’une activité à l’autre, séquentiellement. Chaque transition coûte des erreurs et du temps. Par ailleurs, une bonne partie des ressources cognitives est alors happée par la gestion du processus de multitasking (il faut garder les infos en mémoire, arbitrer entre les tâches, ramener les données pertinentes en mémoire de travail, etc.). Il n'est dès lors pas étonnant que les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation soient altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches. Au plan comportemental, nos brillants " multitaskeurs " développent à long terme de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, c'est plus inattendu, une moindre capacité à administrer de concert plusieurs tâches cognitives.
Editorial - Les enseignants, la Région et la formation tout au long de la vie - A propos du rapport du HCE sur l’école primaire - Perles du passé - L’enseignement mis à mort d' A. Barrot.
Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.
Les différentiels en termes d'offre de formation (plus ou moins une heure de mathématiques par exemple par élève d'un établissement à l'autre) commencent à apparaître en Seconde comme le montre notre enquête. Cette situation risque certainement de s'aggraver encore (nous avons relancé une enquête sur notre site) à partir de la rentrée 2011, avec la nouvelle classe de Première qui propose elle aussi des aménagements d'horaires différents d'un établissement à l'autre. Sur une scolarité entière (Seconde, Première, Terminale), un différentiel de deux à trois heures de mathématiques sera par exemple possible pour un élève d'une série S (il sera possible de la même manière en lettres) selon l'établissement qui l'accueillera. On peut désormais affirmer que cette réforme a pour conséquence immédiate l'émergence d'un lycée français à deux vitesses.
Pour ce qui est de l’UMP, rien ne freine plus la droite dans son projet de construction de l’école la plus purement capitaliste qui soit. Il s’agit de façon très ouverte de mettre en place une école concurrentielle, fonctionnant pour l’élite, et qui vise à faire de chaque établissement une petite entreprise avec à sa tête un "patron" qui aura tout pouvoir sur les enseignants. C’est en somme un programme à la fois néolibéral et néoconservateur des plus radicaux. Pour ce qui est du programme des socialistes, ce qui est frappant, c’est sa pauvreté. Il donne l’impression d’une simple répétition d’orientations très anciennes tirées des rapports des années 70 ou 80. C'est un programme, si on peut l'appeler ainsi, qui ne parvient pas à saisir le contexte nouveau dans lequel nous sommes. Les socialistes se sont interdit de comprendre depuis trente ans que l’école était soumise de plus en plus à une norme néolibérale. Lorsqu’ils promeuvent l’autonomie des établissements, ils ne semblent pas du tout comprendre que cette autonomie peut être prise dans des sens très différents et que, dans le contexte actuel de concurrence entre établissements, elle peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’objectif officiel que se donne le programme de lutte contre les inégalités. Il y a là une méconnaissance, volontaire ou non, du nouveau paradigme mondial de l’éducation.
Intervention de Patrick Laudet, inspecteur général de l'éducation nationale, groupe des lettres, en séminaire interacadémique. 22 pages passionnantes... tout arrive !
Sommaire : Editorial - Apprendre à lire - Maternelle et lecture - A propos du SNUipp - Sur un texte de Dehaene - Enseignement professionnel - Service minimum - Alléger le cartable - L’école mise en pièce - Informatique et orthographe.
Des instituteurs qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes. D'autres qui rendent leurs palmes académiques. Des parents qui occupent des écoles pour protester contre les fermetures de classes. L'école primaire, d'ordinaire la « grande muette » de l'Education nationale, crie au secours. Le malaise est plus ancien qu'il n'y paraît. En opérant des coupes claires (près de 9 000 postes en moins en 2011, 16 000 prévus en 2012), le gouvernement donne l'impression de tirer sur une ambulance. En 2007, dans son bilan annuel, le Haut Conseil de l'éducation révélait que « chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent de CM2 avec de graves lacunes ». Pire, les élèves en difficulté en CP le restent tout au long de leur scolarité.
Ce livre, écrit par un chercheur en neurosciences, malgré son titre aguicheur laissant présager le pire, s’appuie sur des références (1193 références dont des livres grand public ne traitant pas directement du sujet, des articles de journaux à grand tirage, d’hebdomadaires, mais avec surtout des références d’articles de revues spécialisées pour chercheurs en neurosciences et médecins). Le style est alerte, acerbe. Le discours est très clair, soutenu par un plan rigoureux.
On a voulu réduire la syllabique à l’inculcation d’automatismes détournée du souci de la compréhension et du sens culturel de la lecture. L’auteure montre pourquoi il n’en est rien, en développant les raisons pour lesquelles il n’est pas possible de séparer la compréhension et le déchiffrage, qui en est la voie d’accès absolument incontournable : seule la lecture précise des mots, de la ponctuation, et de tout ce qui organise l’écrit, permet au lecteur de savoir ce qu’il comprend ou pas d’un texte.
Sommaire : éditorial - nouvelle charte - nouveaux statuts.
Professeurs de Lettres, nous dénonçons à nouveau les conditions dans lesquelles nous sommes appelés à faire passer l'épreuve anticipée de français au baccalauréat en juin 2011 et refusons de nous incliner une fois de plus devant cette situation.
Les étudiants agrégatifs et les enseignants-chercheurs en histoire sont heureux de vous annoncer que Catherine Vincent, Professeur à l’Université de Nanterre et démissionnaire du jury d’agrégation d’histoire le 30 mai 2011 pour avoir donné à l’épreuve de commentaire un pastiche de document médiéval présenté comme authentique, a été triomphalement élue présidente de la Société d’histoire religieuse de la France par le Conseil d’Administration le 31 mai.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Ainsi l’aspect « mécanique » et formel le l’enseignement scolaire, et la relative « passivité » ou hétéronomie de sa réception, s’expliquent et se justifient par le fait qu’il s’agit de s’adresser à ces fonctions supérieures encore immatures et de forcer pour ainsi dire leur développement, ce qui ne peut se faire que par un certain exercice formel assisté, dont la nature ne doit pas être confondue avec celle d’un quelconque « dressage ». Vygotski montre au contraire ce qui distingue dressage et apprentissage : ce que vise et produit le premier, c’est une imitation servile ; ce que vise et produit le second, c’est un accroissement des pouvoirs cognitifs, par leur plus grande maîtrise réfléchie. Or il s’agit là d’un processus qui, en raison de sa non-spontanéité, doit passer par certains mécanismes d’habituation.
Sommaire : bac Mc Donald's, ça y est ! - rapport Attali - texte de la conférence du 16-2-2008 - rapport Pochard - note2be - l’affaire Berlaimont - pédagogie émotionnelle - l’enseignant, la retraite et le Recteur - nouveaux programmes.
Dans les copies de 3e, les phrases, extraites de Maupassant, ressemblent à celles-ci: «Puis je me chouche et jatent comme on atendrai le bouro» ou «j'attend le sommeille comme on n'attenderé le douraut». Mots disparus corps et biens, sons retranscrits de façon totalement aléatoire… ces élèves n'ont tout simplement pas compris le fonctionnement du code alphabétique et le principe de la correspondance entre les sons et les signes. Ce sont 30% de ses élèves qui écrivent ainsi.
Cela aurait pu être un documentaire social de plus, un film sur l'école comme la France les aime tant. Tourné au lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, Nous, princesses de Clèves scelle la rencontre entre la culture classique et la culture des cités autour du roman qui lui donne son titre.
« Une langue pure et compréhensible par tous, c'est un devoir démocratique », dit-elle lors de l'entretien qu'elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».
Cette fois, la bronca n’est pas déclenchée par les professeurs de lycée - qui s’y joindront peut-être - mais par un groupe d’éminents mathématiciens membres de l’Académie des sciences.
Un discours grammaticalement correct est-il forcément « amphigourique », comme l'affirme Luc Chatel, qui défend la syntaxe familière de Nicolas Sarkozy ? C'est oublier qu'en l'absence d'une langue complexe et articulée seuls subsistent les slogans et les clichés – bref, le degré zéro de la pensée... – et que prospèrent les ghettos linguistiques : « Je me comprends », répliquent les jeunes gens pris en flagrant délit de charabia, sans songer que l'enjeu de l'intégration sociale comme de l'échange intellectuel est justement de se faire comprendre.
Le résultat a dû combler les espérances officielles : les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009. Le phénomène promet d'être indéfiniment productif, jusqu'à l'extinction totale : ce tarissement artificiel, provoqué par la réforme, sert maintenant d'argument spécieux pour de nouvelles fermetures, et la seconde langue, en effectif, de l'enseignement français (un élève sur cinq étudie une langue ancienne) est dorénavant proclamée « rare », l'idéologie prenant le pas sur la réalité.
Sommaire : Des robots... - Redoublements... - Libéralisme et syndicalisme d’appareil - Réforme du lycée - « aucoeurdesécoles.com » - Cultures régionales - Berlaimont.
Aujourd’hui, la mise en place de la réforme du lycée à la rentrée 2010, par sa complexité et son opacité, cause encore une évaporation subreptice d’élèves qui souhaitaient suivre ces enseignements, et la rage d’économies qui préside à la préparation de la rentrée 2011 fait des ravages : tous les prétextes, variant d'une académie à l'autre, sont invoqués pour supprimer des sections. Déjà, et selon les chiffres du ministère lui-même, les lycées ont enregistré une baisse de 3 000 élèves latinistes et hellénistes entre les rentrées 2009 et 2010, alors qu’une augmentation de 8 000 élèves avait été constatée entre 2005 et 2009.
Les raisons que vous alléguez sont celles d'une "restriction budgétaire" ; pourtant, vous projetez de créer dans le même temps cinq nouvelles licences, intitulées "Licence Culture humaniste et scientifique", "Licence design", "Licence danse", "Licence création et écriture", "Licence Chanson française". Or, le coût de chacune de ces nouvelles licences est si élevé que même en additionnant les coûts des quatre préparations aux concours qui vont être supprimées à la rentrée 2011, le coût total d'une seule de ces licences n'est pas atteint.
Nous estimons que nous n'avons pas à nous laisser faire et que nous devons faire éclater ce qui n'est rien d'autre qu'un scandale : l'université doit placer prioritairement une partie de l'argent dont elle dispose dans les préparations aux concours nationaux d'enseignement, qui sont le débouché naturel et professionnel des étudiants.
Les enseignants sont «fortement déstabilisés» par l'absence de contenus prédéfinis. Les élèves eux-mêmes ressentent cette déstabilisation: «Les profs sont un peu perdus», «Nous sommes la génération crash-test».
Il y a eu les grandes grèves de 2003. La défaite qui s'en est suivie fut une lente, mais certaine, forme de descente aux enfers. Elle a atomisé les professeurs et l'Etat, avide de désengagement, a retiré ses billes. La Seine-Saint-Denis et, plus généralement, les villes et les quartiers populaires peuvent crever. Le consensus capitalo-parlementaire national n'a pas d'yeux pour eux.
L’approche technique, ou plutôt techniciste, qui a trop longtemps été celle des programmes de lycée, a fait paradoxalement perdre de vue la dimension artistique de la littérature. À propos de la linguistique, dont personne à SLL ne conteste évidemment l’intérêt, toute une génération de professeurs, d’inspecteurs et de didacticiens du français s'est enfermée dans une illusion de scientificité acquise en fac dans les années 60-70, et (comme en Histoire avec les Annales, ou en Mathématiques avec la théorie des ensembles et Bourbaki) a cru qu'on pouvait impunément importer dans le secondaire des sciences et des méthodes qui présupposaient des cadres acquis (grammaire « traditionnelle », orthographe, histoire littéraire… ), dont on s'est désormais dispensé, avec les résultats que l’on constate : le malaise dans l’enseignement de la littérature, du côté des étudiants comme de celui des professeurs…
Dès le mois de juin 2008, alors que la « mastérisation » n’était qu’un projet et que nul ne pouvait prévoir le mouvement universitaire du printemps 2009, l’Association Reconstruire l’École avait signalé dans un rapport remis au Ministère que ce dispositif n’était pas viable. Preuve en est faite puisque de Nicolas Sarkozy à Gilles Baillat, président de la CDIUFM, et de Luc Chatel à Alain Boissinot, recteur de Versailles, tout le monde s’accorde à vouloir « réformer la réforme » : les masters d’enseignement, que les universités ont été contraintes de mettre en place malgré elles, n’auront pas tenu plus d’un an.
En septembre 2010, l'ADER, Association de Défense de l’Ecole Républicaine, a rejoint le collectif Sauver les lettres. Nous mettrons en ligne progressivement sur cette page l'ensemble des dix-sept numéros de la revue "L'Estrade", publiés entre avril 2004 et janvier 2009, en commençant par le plus récent.
"En rétablissant le latin au lycée Europe-Schuman, le recteur a compris l'enjeu que cela représentait pour l'enseignement public, dans une commune où l'enseignement privé confessionnel est majoritaire." Il n'en reste pas moins que le tiers des lycées publics de l'académie voient leurs sections de latin toujours fermées par le rectorat : « A la rentrée 2011, 31 lycées publics de l'académie de Nantes proposeront l'option facultative de latin, contre 46 cette année. »
Une étude comparative publiée par le ministère de l'Education pointe les effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale.
Le ministère veut remanier de fond en comble cette filière. Fini le fort marquage technologique. Fini les travaux pratiques sur systèmes professionnels, pourtant le principal facteur de réussite des élèves. Fini la diversité des options?: des formations telles que bois, génie des matériaux, optique et d’autres vont tout simplement disparaître.
Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait. Avec l'accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l'accès en tous lieux, par le GPS, l'accès au savoir est désormais ouvert. D'une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.
Huit maires de gauche du Val-de-Marne ont lancé lundi un appel contre le "dépeçage" de l'Education nationale et les suppressions de postes d'enseignants qui menacent, selon eux, l'"accès au savoir" dans les quartiers populaires.
La pédagogie qu’on nous impose se veut exercice de développement d’armes pour la vie et le sens de l’humain à éduquer tend à devenir celui d’un homme sans qualités sur lequel l’éducateur est convié à coller des « compétences clés » pour une réussite dans la vie essentiellement définie par le critère de l’employabilité. Dans cette « nouvelle » école, on n’enseigne plus à l’être humain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il vaut. La connaissance n’a de valeur que si elle répond aux besoins du marché, si on peut lui accorder une valeur marchande.
J'aime mon métier par-dessus tout mais il ne m'est plus possible, dans ces conditions, de continuer de l'exercer et j'ai perdu tout espoir que cela ne change. C'est pourquoi, Monsieur le Proviseur, j'ai l'immense regret de vous présenter ma démission.
Le collectif Sauver les Lettres a été profondément attristé par la mort de l’helléniste Jacqueline de Romilly : nous avons en effet admiré et partagé son engagement pour l’enseignement des langues anciennes et nous continuerons à le faire. Les réactions du Président de la République, du Ministre de la Culture et du Ministre de l’Éducation Nationale rendent hommage à cette grande dame et à son combat.
En 2009, 4 300 élèves de 15 ans ont participé à l’enquête internationale PISA visant à évaluer principalement la compréhension de l’écrit. Entre 2000 et 2009, l’évolution du score moyen de la France reste stable et demeure dans la moyenne des pays de l’OCDE. [...] Le nombre des élèves des faibles niveaux de compétences s’accroît alors que celui des élèves des niveaux de compétences les plus élevés reste stable.
Un collègue a posé la question suivante : « Tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d'accord qu'en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu'en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n'avons encore eu à ce jour aucune formation ! »
L'effet réel de ce micmac pour chacun serait de créer une culture à deux vitesses : que les riches retrouvent leurs aises à l'Opéra et dans les lieux privilégiés, et qu'on organise partout des stages et des festivals de hip-hop et de slam et des défilés de géants. Les artistes eux, créateurs ou interprètes, et leurs amis animateurs, techniciens, sont bons pour la poubelle de l'Histoire, avec André Malraux par-dessus, malgré l'hommage hypocrite à lui rendu.
Tandis que le ministère de l’Éducation nationale compte faire des économies en 2011, en supprimant 16 000 postes, le sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, a trouvé un moyen de faire un beau cadeau à l’enseignement privé sous contrat catholique. Le 17 décembre dernier, lors du vote du budget de la mission enseignement scolaire, il est parvenu à faire adopter un amendement assurant l’ouverture de 250 nouveaux postes pour l’année à venir, correspondant à 4 millions d’euros.
Cette semaine dans Mode de vie éducation, bilan de l’année. Aujourd’hui côté enseignement scolaire. Et comme point de départ, l’étude de référence sur l’acquis des savoirs, l’étude Pisa 2009 qui juge et analyse l’acquis des savoirs dans une trentaine de pays. Un bilan peu flatteur pour la France.
Depuis l’arrivée de l’UMP au pouvoir, le programme éducatif mis en place n’a pas vraiment fait montre d’une réelle volonté de casser le cours des choses. Depuis déjà plusieurs décennies, l’enseignement du latin patine quand celui du grec disparaît tout simplement de nos collèges.
Dans certaines disciplines de l'enseignement secondaire, cette baisse des candidatures est tellement marquée qu'elle pose le problème de la sélectivité des concours. C'est en mathématiques que le phénomène est le plus aigu, avec 1303 candidats pour 950 postes, soit environ 1,4 candidat par poste contre 3,3 lors de la session précédente. En lettres, avec 1 491 candidats pour 800 postes, le taux n'est plus que de 1,9 candidat par poste, contre 3,7 précédemment. En anglais, le taux est tombé à 2 candidats pour un poste, contre 3,3 à la dernière session.
Les médias seraient-ils donc devenus schizophrènes d'élever un dernier baroud d'honneur à Jacqueline de Romilly tandis qu'ils laissent enterrer le grec, et le latin à court terme, sans un bruit ? [...] On m'objectera que le latin et le grec sont « out », « has been » et qu'ils n'intéressent plus les élèves : c'est faux. Que répondre face au désarroi des élèves qui voulaient faire du grec et qui viennent vous dire : « Madame, qu'est-ce qu'on va devenir, s'il n'y a plus de grec ? C'est ma passion… » Voilà peut-être le plus bel hommage rendu à madame de Romilly, dans la bouche d'un élève de seconde.
L'école primaire à laquelle la France consacre déjà 15 % de moins que la moyenne des pays de l'OCDE va voir diminuer encore un peu la scolarisation des moins de 3 ans, une partie des enseignants qui travaillaient sur les réseaux d'aide va être rapatriée dans les classes ainsi que tous les enseignants de langues vivantes.