sauv.net


Le site de Sauver les lettres fait peau neuve... Certaines fonctionnalités sont temporairement inactives. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée.

·  Appel pour le rétablissement des horaires de français.
·  Révolution technologique.
·  Réforme du lycée et enseignement des lettres.
·  Des nouvelles du bac et du brevet.

  Réforme 2016 du collège.
 Qui sommes-nous ?
Nous sommes des enseignants de lettres et d'autres disciplines, des professeurs des écoles, des citoyens, animés par un idéal scolaire de gauche. Réunis dans un collectif fondé en 2000, nous sommes en lutte, depuis la "réforme" Allègre, contre l'affaiblissement, le dévoiement, voire la disparition de l'enseignement de la langue et de la littérature, et contre une série de transformations qui ont pour conséquence une baisse graduelle des exigences et des résultats de l'école publique. En savoir plus ...
 Adhésion & soutien
Vous pouvez relayer nos actions, nous informer de celles que vous menez ; vous pouvez nous envoyer un texte d'analyse, une contribution, un compte rendu d'ouvrage. Rejoignez-nous ou soutenez-nous !

09-10-16
 Dernière mise à jour
L'Intempestif / Temps d'école, 06/09/2016 Cette année ils ont l'air tout petits mes CE2. (Rachel Boutonnet)
On dirait que ça va me changer de l’année dernière, qui était quand même une année très particulière [...] Au bout du compte, cette année a compté de belles histoires. Un des plus agités m’a écrit un jour, sur une de ses copies : « Merci, maîtresse, de nous faire travailler. » Un autre hochait la tête en approuvant des paupières fermées, pour dire « d’accord, j’ai compris », quand je lui demandais de se calmer en classe, il était content de se sentir compris et aidé dans ses difficultés, il m’a offert un joli collier le dernier jour, et il a couru vers moi pour me raconter tout sourire ses vacances le premier jour de la rentrée… Ceux qui étaient tellement fragiles en lecture en arrivant ont bien progressé…
L'Intempestif / Désintox / 16/09/2016 Les faux-amis de l'école (Mireille Kentzinger)
Il faut insister sur le fait que toute oeuvre culturelle, y compris française, est le résultat de croisement avec d’autres cultures. Écoutons ce que dit François Rastier à ce sujet : « Dire que les littératures sont des produits nationaux et doivent être interprétées dans un cadre national, c’est complètement aberrant, parce qu’on sait très bien, par exemple dans le cas de l’Europe, que les écrivains ont fait l’Europe bien avant et bien mieux : Goethe répond à Richardson qui répond à Rousseau, etc. Tout corpus d’élaboration des oeuvres est un corpus multilingue. C’est une donnée générale de la culture ; se cultiver c’est dépasser sa culture d’origine. ».
L'Intempestif / Temps d'école, 19/09/2016 Poésie (Rachel Boutonnet)
Une élève, dans un CE2, il y a quelques années, est arrivée en cours d’année du Portugal, sans un mot de français. Elle apprenait et progressait tous les jours, mais je n’insistais pas pour la faire parler, attendant qu’elle prenne ses marques. Les élèves apprenaient « Le Loup et l’Agneau ». Ce jour là, ils passaient un par un, comme d’habitude. Elle a levé la main. Je n’avais presque jamais entendu sa voix. « Tu veux réciter ? » Elle a hoché la tête en souriant. Elle s’est levée calmement, s’est posée sur ses deux pieds, sur l’estrade, a laissé un temps de silence. Et elle a commencé , toute droite, immobile, les bras le long du corps, les yeux levés sur un point fixe, avec un léger sourire.
Actions / Compte rendu de l’audience du 7 juillet 2016 au ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, des associations de langues anciennes APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL.
L’organisation de l’EPI varie beaucoup d’un établissement à l’autre (trimestre, semestre...). 1 établissement sur 10 propose un EPI latin + grec. L’EPI serait assuré par un collègue de Lettres Classique dans plus de la moitié des établissements, mais 20% des établissements proposeraient des EPI sans professeur de Lettres Classiques, ce qui est inacceptable pour l’enseignement des langues anciennes. Quelques établissements ne respectent pas les horaires de l’Enseignement de Complément (1h-2h-2h). Le Cabinet nous a pourtant dit que ces horaires n’étaient pas négociables, en juillet 2015. Les établissements qui avaient plusieurs groupes sont très souvent limités pour l’ouverture en 5e : un seul groupe (ou alors des propositions de deux groupes mais un par semestre !). Le grec disparaît (ou son horaire est diminué) dans plus de la moitié des établissements.
Analyses / Février 2016 Les leurres de la classe inversée (Blog de Paul Devin)
Au dire de certains, la classe inversée constituerait une révolution pédagogique. Elle ferait renaître la motivation d’élèves s’ennuyant dans la classe « traditionnelle », permettrait une différenciation favorable à une meilleure réussite des élèves en difficulté, tout en offrant à tous d’être « acteurs de leurs apprentissages et producteurs de leur savoirs ». Mais est-on sûr que cela est vrai pour tout contenu disciplinaire ? Est-on sûr que pour apprendre aux élèves de cycle II à distinguer le présent, du futur et du passé, le visionnement d’une vidéo qui devra recourir à des analogies figurables est réellement adapté et facilitateur ? Pour la plupart des élèves, les problèmes d’accord du verbe avec son sujet ne proviennent pas d’une ignorance de la règle mais de la difficulté à maîtriser les catégories grammaticales. Le wagon sujet s’accrochant à la locomotive verbe ou le petit personnage bleu bondissant sur un ressort pour aller s’accrocher au verbe ne pourront pas grand-chose pour lui ! L’observation partagée et débattue de la langue écrite au sein de la classe, à partir d’énoncés judicieusement choisis par l’enseignant, me parait très clairement une stratégie plus pertinente. Le numérique reste contraint par les limites de tous les outils : il ne peut prétendre à un apport qualitatif systématique. Parfois, il n’améliore rien, parfois il n’est qu’une illusion de progrès.
Analyses / Juin 2016 Faut-il supprimer le baccalauréat ? CNESCO(Conseil national d'évaluation du système scolaire)
Alors que le baccalauréat fait l’objet chaque année de débats sur sa suppression, ce modèle d’évaluation nationale externe aux établissements scolaires s’est fortement développé depuis 20 ans dans les pays de l’OCDE, sous la pression des demandes des parents, des universités et des entreprises. Les recherches sur les effets des examens nationaux, conduites depuis 15 ans dans les pays de l’OCDE, montrent que leur présence permet à la fois une élévation générale du niveau scolaire des élèves et une réduction des inégalités à l’école. Cependant, pour atteindre ces effets vertueux, ces épreuves doivent remplir un ensemble de conditions pédagogiques : porter sur un champ de contenus d’enseignement large, proposer des épreuves permettant d’évaluer des compétences complexes, … À l’inverse, dans le cas d’examens nationaux trop pointus utilisant des modalités d’évaluation trop simples (QCM, par exemple), des effets négatifs peuvent apparaître.
Un éclairage rétrospectif : A quoi sert le baccalauréat ? Audition au Sénat (02/2008)
Analyses / Septembre 2016 Comment l'école amplifie-t-elle les inégalités sociales et migratoires ? CNESCO (Conseil national d'évaluation du système scolaire)
Une analyse synthétique des réformes conduites depuis trente ans montre qu’elles présentent de nombreux points communs : une faible autorité scientifique des mesures proposées - les résultats des recherches participent peu à l’élaboration des politiques, ce qui favorise leur contestation par les acteurs de terrain peu convaincus ; peu d’expérimentations des réformes fondées sur des protocoles scientifiques solides et conduites à des dimensions territoriales significatives avant de les étendre à l’échelle nationale ; quasiment aucune évaluation scientifique des effets des dispositifs mis en place ; des formations continues des enseignants centrées étroitement sur des dispositifs précis (quand elles existent, selon la Cour des comptes) plutôt qu’une formation large à des compétences en pédagogie et en didactique; un cumul des dispositifs et des mesures qui conduit dans le temps à une action publique illisible pour les acteurs de terrain, les parents et les élèves eux-mêmes.
Analyses / Septembre 2016 Mais qui sont les assassins de l'école ? (Carole Barjon)
20 % des jeunes Français savent à peine lire.
Comment a-t-on pu en arriver là, dans une démocratie comme la France, longtemps enviée pour la qualité de son système éducatif ? Qui sont les véritables responsables de ce désastre ? De ce qu'on pourrait presque qualifier de « crime contre la société », au vu de la gravité du mal et de ses conséquences, constatées par tous les gouvernements, gauche et droite confondues, depuis maintenant plus de vingt ans, dans un bel aveu d'impuissance collective ? Pour m'expliquer l'origine de cette faillite, j'ai voulu connaître les auteurs, ou plutôt les fauteurs, des politiques éducatives qui y ont conduit. Les identifier, afin de comprendre ce qu'ils avaient en tête au moment ou ils ont conçu et/ou appliqué ces nouveaux contenus, ces nouvelles pratiques, ces nouvelles méthodes, ces nouvelles règles. À l'heure de la transparence et de la traçabilité dans tous les domaines, j'ai voulu savoir comment des gens en principe sains d'esprit ont pu engendrer de telles aberrations, ce que ces réformateurs mal inspirés pensent du résultat de leurs initiatives et s'ils en éprouvent aujourd'hui des regrets, voire des remords.Paradoxe terrible : ceux qui voulaient rendre l'école moins inégalitaire en sont arrivés à la rendre plus injuste. C. B.
Analyses / Septembre 2016 Les vérités de Céline Alvarez (Blog de Paul Devin)
Se rend-elle compte, qu’en réalité, ce qu’elle considère comme une intangible certitude, est lié à un contexte particulier et que ses idées sont en réalité le produit d’une société qui en permet l'émergence pour un ensemble de raisons qui n’ont pas toujours une relation directe avec les enjeux qu’elle croit défendre? Céline Alvarez, que certains journalistes qualifient de pédagogue révolutionnaire, produit en définitive de l’idéologie, au sens marxiste du terme, c’est-à-dire qu’elle transforme des réalités contingentes, sociales et économiques, en caractéristiques universelles et naturelles de l’être humain. Et cela n'est pas sans lien avec une société qui préfère ignorer l'influence de ces réalités économiques et sociales pour se réfugier dans l'idéologie d'une égalité naturelle que la bienveillance suffirait à faire naître.
Presse / Vousnousils du 17/06/2016 L'apprentissage de l'allemand est fortement ébranlé par la réforme du collège
[Cette discipline] est fortement ébranlée par la réforme du collège. Une enquête, réalisée auprès d’enseignants d’allemand de collège, montre que cette réforme fait reculer notre discipline. Le nombre d’heures attribuées à l’allemand dans les dotations horaires des collèges à la rentrée 2016 est en forte baisse. [...] D’autant que toutes les sections européennes de collège sont supprimées. […] La réforme entre en vigueur de façon très inégale selon les académies. Tandis que les classes bi-langues seront massivement supprimées dans les académies de Caen, Rouen, Rennes, Poitiers, Lyon, Lille, et Reims, la quasi-totalité est maintenue à Paris.
Presse / Vousnousils du 01/07/2016 Les élèves sont très attirés par le grec – même plus que par le latin.
Dans le secondaire, la mise en application de la réforme du collège est extrêmement dangereuse pour le grec. D’après les informations dont nous disposons, 28% des sections de grec risquent de fermer en collège. C’est scandaleux ! […] Le grec permet d’accéder à de nombreux textes qui sont souvent très motivants pour les élèves, comme les textes mythologiques par exemple. Quand j’enseignais dans le secondaire, j’ai constaté que les élèves étaient très attirés par le grec -même plus que par le latin. C’est une langue qui les intrigue et qui peut leur apporter une vaste culture générale. Cette dernière servira d’ailleurs pour l’étude des textes de la littérature française.
Presse /Le Monde du 03/07/2016 Les Français sont atteints de la rage de ne pas parler leur langue. (Michel Ocelot, réalisateur, auteur des films d’animation Kirikou, Les Contes de la nuit (2011), Azur et Asmar (2007)
Je fais des films. J’ai l’honneur d’être distribué au Japon par un studio prestigieux d’auteurs que j’admire. Ils ont dernièrement soumis l’affiche japonaise d’un de mes ouvrages au distributeur français et au réalisateur, avec leur courtoisie habituelle. C’était l’affiche française telle quelle, avec quelques lignes ajoutées en japonais. Le distributeur français, un des plus importants, un ténor du cinéma français, avec expérience et connaissances, mais français, a immédiatement envoyé ses instructions : enlever tout le français et le remplacer par de l’anglais. Nos interlocuteurs ont alors demandé la permission de conserver le français, pour vendre mieux.
Presse /Café Pédagogique du 13/07/2016 Simplifier le bac, une bonne idée ? (François Jarraud)
"Le bac reste un rite initiatique très important en France" déclare la ministre de l'éducation nationale dans Les Échos le 12 juillet. […] Cette vision est fausse. Si le bac n'est plus qu'une formalité pour, en gros, les candidats au bac général, où 9 élèves sur 10 sont reçus, ce n'est pas le cas de tous les Français. Plus d'un jeune sur cinq n'a toujours pas le bac. Et cette absence de diplôme a de lourdes conséquences sur son devenir, en lui fermant l'accès à l'enseignement supérieur et en lui ouvrant en grand la porte de Pôle Emploi. Autrement dit cette idée d'un bac rituel vient tout droit des beaux quartiers.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la mise en oeuvre de la réforme du collège s'avère difficile. (Aurélie Collas)
[…] Quel que soit le stade de mise en oeuvre, la réforme continue malgré tout à susciter beaucoup d’inquiétudes. D’abord, parce que tout n’a pas pu être anticipé. « On a essayé de se préparer au mieux, mais dans mon collège d’éducation prioritaire, on a un tiers de nouveaux professeurs qui arrivent à la rentrée et qu’il va falloir intégrer à nos projets. Que ce soit pour l’AP ou les EPI, il reste beaucoup d’inconnues », rapporte « Monsieur Samovar », un enseignant blogueur de lettres classiques qui exerce dans l’académie de Versailles.
Presse /Le Monde du 29/08/2016 Rentrée scolaire : la polémique autour du latin et du grec couve toujours (Mattea Battaglia)
« Sur le terrain, les établissements ont essayé de maintenir l’existant », concède François Martin, président de la fédération Cnarela, qui regroupe 28 associations de défense du latin et du grec sur tout le territoire. […] Mais la communauté de vues s’arrête là. « Derrière un même sigle – EPI –, on se confronte d’un collège à l’autre à une grande diversité de formes, d’horaires, de contenus, fait valoir François Martin, dont la fédération a sondé 450 collèges de 25 académies. Les collégiens les plus chanceux bénéficieront de trente-six heures d’enseignement dès la 5e, quand d’autres devront se contenter de dix heures sur toute leur scolarité au collège… Peut-on, dans ces conditions, parler d’équité ou de démocratisation ? », interroge cet enseignant de l’académie de Créteil.
Presse /Le Monde du 31/07/2016 Fin des redoublements… le niveau monte ? (Tribune)
Cette rentrée 2016 accueille une nouvelle génération d’élèves : celle qui, suite au décret du 20 novembre 2014, ne comporte quasiment plus aucun « redoublant(e) », de la primaire à la terminale. Désormais, les enseignants ne peuvent plus demander le redoublement d’un élève, même s’il a 5 de moyenne générale et/ou qu’il est absentéiste notoire. Seuls les parents peuvent décider son « maintien ». Le passage des élèves dans la classe supérieure était déjà devenu quasiment systématique. On vient de supprimer les derniers redoublements et réorientations possibles en fin de troisième et de seconde… Les élèves seraient donc de plus en plus compétents ? Là n’est pas la question… Ce qui compte, c’est la « gestion des flux ». Car telle est, malheureusement, l’expression qu’on emploie en langage de ministère, depuis 25 ans, pour parler du passage ou du redoublement des élèves.
Presse /Marianne du 01/09/2016 Ne détournons pas l'école de ses deux missions : l'excellence et la citoyenneté (Jacques Julliard)
Quant à l'égalité... Je sais bien que je brise ici un tabou. Mais enfin il ne faut pas confondre, dans une institution, son objectif principal et ses produits dérivés. En démocratie, toute institution doit fonctionner avec le plus d'égalité possible, c'est une affaire entendue. Mais le but des impôts n'est pas principalement de réduire les inégalités entre les citoyens, c'est de procurer à l’État l'argent dont il a besoin. Le but de l'armée, comme hier du service militaire, n'est pas d'opérer un brassage social, c'est de défendre le pays contre ses agresseurs. Le but de la Sécurité sociale n'est pas de réaliser l'égalité des citoyens en termes d'espérance de vie, il est de soigner les malades. Le but de l'Académie française n'est pas de procurer une vieillesse heureuse à tous les écrivains, c'est de défendre la langue française. Eh bien, le but de l'éducation est d'abord d'éduquer ; le but de l'enseignement est d'abord d'enseigner. Le but du prof est d'abord de professer. Et non, comme le lui demande aujourd'hui la race servile des inspecteurs généraux, de distraire les élèves pendant que les parents sont au travail.
Presse /Libération du 16/09/2016 La Suède en business classes (Anne-Françoise Hivert)
Au lycée Drottning Blanka à Malmö, les 280 élèves des programmes esthétique, stylisme, soins et sciences sociales ont fait leur rentrée le 22 août. Tout s’est passé comme d’habitude, assure la directrice, Annika Silverup, qui n’a remarqué aucun changement depuis le 15 juin et l’entrée en Bourse du groupe scolaire AcadeMedia, auquel appartient le lycée. [...] Le Premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, s’est ému, pour sa part, que «60 000 élèves [soient] mis en vente sur le marché boursier». Au coeur du débat, particulièrement vif : un système unique au monde, bien loin de l’idée qu’on se fait du «modèle social suédois», qui permet non seulement aux sociétés privées de gérer des écoles financées par le contribuable, mais d’en dégager des bénéfices, afin d’accroître leurs profits ou de financer leur développement à l’étranger. Mais si les notes des jeunes Suédois progressent régulièrement, au point que certains dénoncent une inflation déconnectée de la réalité, le niveau des élèves s’est effondré. […]
Presse /L'Obs du 20/09/2016 Les assassins de l'école habitent la rue de Grenelle. (Paul Quinio)
La journaliste de "l'Obs" arrache à ses interlocuteurs de quasi mea culpa, ou à défaut des concessions sur "les erreurs" commises. Au printemps 2016, Philippe Meirieu lui confie ainsi :"A l'époque, tout le monde [sic] disait, à la suite de Bourdieu, des trucs du genre 'il faut partir de ce qui intéresse les masses', ou bien 'il faut apprendre sur des écrits fonctionnels' (affiches, panneaux, modes d'emploi). Moi-même, j'ai dit qu'apprendre sur des notices n'était pas pire qu'apprendre dans des manuels débiles. C'était dans l'air du temps, c'était Bourdieu avec la culture perçue comme une violence symbolique. On a eu tort." François Dubet ? "L'école française accentue l'effet des inégalités sociales sur les inégalités scolaires. (...) C'est une énigme...", confie-t-il au sortir d'un rendez-vous avec l'auteure.
Presse /Le Canard Enchaîné du 21/09/2016 L'école et sa filière pro... de chagrin.
Les lycées professionnels perdent des milliers de profs. Et les budgets s'effritent. Trois mille trois cent quarante postes de moins ! C'est – calculé en « équivalent temps plein » - le déficit de profs dans l'enseignement professionnel accumulé depuis 2012. Cette baisse spectaculaire, confirmée au Canard par le ministère, est particulièrement voyante, alors qu'un tout récent rapport de l'OCDE vient de rappeler que l'école française est l'une des plus inégalitaires des pays riches.
Presse /Le Monde du 26/09/2016 Nous devons nous inquiéter du mépris que l'on porte à un travail manuel exigeant et noble (Alain Bentolila)
Les collégiens les plus fragiles sont ceux qui, privés des outils intellectuels essentiels et ayant perdu le goût d’apprendre, se voient souvent « honteusement » proposer une orientation professionnelle par défaut ; comme si les activités manuelles étaient le juste aboutissement ou la juste sanction de l’échec scolaire. Disons-le fortement, il s’agit là d’une insulte aux savoirs fondamentaux comme à la noblesse du geste. Le geste comme la parole assurent aujourd’hui une prise de moins en moins ferme sur le monde. Et nous devons nous inquiéter du mépris que l’on porte à un travail manuel exigeant et noble comme de l’indifférence que l’on témoigne à une langue juste et précise. Je déteste ce goût, complaisamment partagé, pour l’imprécision et la banalité de l’un et de l’autre au détriment de la rigueur et de l’originalité qu’on leur doit.
Presse /Le Monde du 27/09/2016 Comment le système éducatif français aggrave les inégalités sociales (Mattea Battaglia et Aurélie Collas)
Des inégalités sociales à l’école, produites par l’école elle-même… C’est la démonstration que fait le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), en rendant publiques, mardi 27 septembre, les conclusions d’une vingtaine de rapports. Tout un spectre de la recherche – des sociologues aux économistes, des didacticiens aux psychologues, français et étrangers – a été mobilisé deux années durant, pour interroger ce mythe de l’égalité des chances dans notre système éducatif. Et rendre plus transparente la fabrique de l’injustice scolaire. […} Là où un tabou tombe, c’est sur la qualité et le temps d’enseignement dispensés. Ainsi, au collège, les enseignants de ZEP estiment consacrer 21 % du temps de classe à « l’instauration et au maintien d’un climat favorable », contre 16 % hors de l’éducation prioritaire et 12 % dans le privé. C’est autant de temps en moins consacré à l’enseignement. Les 4 heures de français par semaine programmées en 3e deviendraient 2 h 30 en ZEP, 2 h 45 hors ZEP et 3 heures dans le privé. Problèmes de discipline mais aussi exclusions, absences d’élèves et d’enseignants pèsent sur les emplois du temps.