Revue de presse

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Janvier 2012
  • Le Monde du 20/01/12 :
    Ne bradons pas les diplômes de la licence !, par Alain Caillié et Marcel Gauchet.
    Après avoir donné aux universités un plan réussite en licence (PRL) qui prévoyait l'injection dans le premier cycle de moyens financiers pour, en effet, permettre au plus grand nombre d'obtenir leur licence, le ministère a décidé d'y mettre un terme sans prendre le risque de se fâcher avec l'UNEF, et a trouvé un moyen simple de ne pas afficher en fin de mandat un résultat trop mauvais à l'électorat français, si chatouilleux parfois : "Ne surélevez pas le pont, faites baisser la rivière !"
  • L'Humanité du 16/01/12 :
    Éducation : retour sur cinq ans de casse.
    Lutte contre l’échec scolaire. «Je prends un engagement devant vous : nous allons diviser par trois, d’ici à la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la fin du CM2», avait promis Nicolas Sarkozy. Passer de 15% à 5% ? La bonne blague. Les tests nationaux de janvier 2011 montrent que 30% des élèves de CM2 continuent d’avoir des acquis « fragiles » ou « insuffisants » en mathématiques et 26% en français.
  • L'Humanité du 13/01/12 :
    Jean-Yves Rochex « Les inégalités scolaires se construisent aussi dans la classe », entretien avec Jean-Yves Rochex.
    Ce glissement de l’activité intellectuelle vers des activités à faible enjeu cognitif nuit en priorité à ceux qui n’ont pas d’autres endroits d’apprentissage que l’école. Autre évolution notable : le souci de faciliter la tâche aux élèves, de la rendre plus attractive, de s’inspirer de situations de la vie quotidienne, qui peut conduire à rabattre le travail et le langage propres à l’étude sur ceux de l’expérience ordinaire. De même peut-on observer l’importance des usages peu exigeants du langage, restreints à la communication ordinaire dans la classe ou à des fonctions de restitution et de réponse à des questions fermées, au détriment de sa fonction d’élaboration et des exigences d’écriture longue. Ce sont ceux qui sont le moins entraînés et disposés à écrire et à user du langage d’élaboration à qui l’on demande le moins de le faire ! Encore une fois, plutôt que de s’affronter à ce qui fait difficulté, on propose des tâches avec un enjeu intellectuel réduit.
  • L'école démocratique du 06/01/12 :
    La taille des classes est bel et bien un facteur de réussite ! .
    L’étude la plus célèbre et de loin la plus sérieuse est la recherche expérimentale américaine STAR (Student/teacher achievement ratio). Entre 1985 et 1990, un peu moins de 8000 élèves ont été répartis pendant 5 ans, pour moitié dans des classes de 13 à 17 élèves et pour moitié dans des classes de 22 à 26 élèves [1]. Les cinq années couvraient le « Kindergarten » (notre dernière année maternelle) et les quatre premières primaires. Ensuite les élèves furent à nouveau mélangés et l’on a pu suivre leurs performances pendant toute leur scolarité, jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur.
  • Le Monde.fr du 04/01/12 :
    Education nationale : le gouvernement compte renforcer le pouvoir des recteurs.
    Le décret précise que les recteurs pourront désormais "définir l'organisation fonctionnelle et territoriale de l'académie, afin de l'adapter aux caractéristiques locales", et disposeront dans l'académie "de l'ensemble des compétences relatives au contenu et à l'organisation de l'action éducatrice ainsi qu'à la gestion des personnels et au suivi du fonctionnement des établissements qui y concourent".


    Décembre 2011
  • Le Point du 26/12/11 :
    Pierre Nora : "Le travail intellectuel est un service public" .
    Notre société hyperdémocratique peut-elle tolérer l'existence d'une aristocratie du savoir ?
    Elle ne la tolère pas et pourtant j'ai la faiblesse de croire qu'elle en a toujours besoin. Parce que la transmission, le lien avec le passé sont indispensables à notre survie. Et notre passé, c'est une littérature, une histoire et une langue, cet ensemble dit des "humanités". Dans ce mot, qui sent aujourd'hui le fagot, il y avait dans ma jeunesse une espèce d'éros.

  • Vousnousils du 22/12/11 :
    Éducation : neuf notes d'information en une semaine.
    La semaine der­nière, une polé­mique avait éclaté sur la com­mu­ni­ca­tion du minis­tère. L'Association des jour­na­listes éduca­tion (Ajé) avait « regretté » dans un com­mu­ni­qué « la non publi­ca­tion de tra­vaux d'inspection » et de « notes sta­tis­tiques », qui prive, en par­ti­cu­lier les jour­na­listes, de « pré­cieux outils de travail ».
  • Vousnousils du 21/12/11 :
    Education: faible succès des expérimentations pédagogiques selon le HCE.
    Il en donne les rai­sons: "charge du tra­vail d'écriture et d'évaluation, inves­tis­se­ment consi­dé­rable dans la consti­tu­tion d'un nou­veau maté­riel péda­go­gique et évalua­tif (...) mais aussi insta­bi­lité liée à l'absence de péren­nité des moyens, au chan­ge­ment de per­son­nel ensei­gnant et de direc­tion" ou encore "échanges trop rares avec d'autres équipes".
  • L’instit’humeurs du 17/12/11 :
    Education Nationale : une année de communication mensongère.
    Quand on jette un coup d’œil dans le rétroviseur, on s’aperçoit qu’en 2011 de nombreuses communications du ministre Chatel n’avaient finalement pour objectif que de laisser passer l’orage et de faire passer un message contre vents et marées, quitte à asséner des contre-vérités sans le moindre scrupule afin de justifier la politique du gouvernement en matière d’éducation.
  • Suivez-Moix du 15/12/11 :
    Sciences-Pol Pot, par Yann Moix.
    L’IEP ne fait qu’entériner, sous forme élégante de “discrimination positive” (discrimination positive qui est le contraire de la personnalité, le déni de l’originalité, l’abandon de toute forme de singularité) la démission absolue de l’école laïque et républicaine. Elle formait hier des élites, laissant maints cancres sur les bords du chemin (parmi lesquels maints cancres bourgeois) ; elle formera aujourd’hui tout le monde, puisqu’il n’y aura plus de bons et de mauvais étudiants, mais seulement des étudiants différents, de personnalités disjointes, d’originalités incompatibles. L’école n’est précisément pas là, ni l’IEP, pour former des tempéraments ni repérer des personnalités, des individualités, autant d’atouts qui viennent, normalement, s’ajouter à la violence obligée qu’est le passage d’un concours, à la difficulté que représente une épreuve d’examen. Les grandes gueules l’emporteront sur les grosses têtes ; et ce n’est pas normal – car la vocation des établissements scolaires n’est pas d’auréoler les ténors, mais d’affermir les esprits.
  • Le Monde du 13/12/11 :
    Dissimulées ou retardées, les données sur l’école sont jugées peu fiables.
    Deux nouvelles enquêtes, l'une comparant le niveau de maîtrise de la langue entre 2003 et de 2009, l'autre entre 1997 et 2007, montrent que les lacunes des plus faibles se sont aggravées. Mais ces deux travaux attendaient dans les tiroirs du ministère de l'éducation depuis le mois de juin. C'est l'Insee qui, le 16 novembre, les a divulgués dans son Portrait social. Le jour de la parution de l'ouvrage, les statisticiens de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ont été priés de ne pas commenter ces résultats qui ne suivaient pas la "bonne" courbe.


    Novembre 2011
  • Marianne2.fr du 26/11/11 :
    Comment 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français.
    Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.
  • Libération du 23/11/11 :
    Les profs du primaire ne veulent pas de contractuels.
    Jusqu'à présent, en cas d'absence d'un professeur des écoles (malade, en formation, en congé maternité, muté, en disponibilité...), les académies puisaient dans un double vivier : celui des titulaires remplaçants (apellés «brigades» ou «ZIL», pour Zone d'intervention localisée, selon la durée et la zone de remplacement), et celui de la liste complémentaire du concours de professeur des écoles, sorte de liste d'attente des lauréats.
  • La Gazette.fr du 10/11/11 :
    Les députés adoptent un budget de l’Education raboté de 20 millions d’euros.
    Les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées seront réduits de 11 millions d’euros, en raison de leur sous-utilisation et du nombre d’élèves à la rentrée 2011, et de 2 millions d’euros les crédits pour les fonds sociaux. La subvention des opérateurs de l’Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions d’euros et les crédits de l’Enseignement technique agricole baissés d’un million d’euros.
  • Le Monde.fr du 04/11/11 :
    Des statisticiens accusent l’éducation nationale de faire de la rétention d'information.
    Dans un communiqué, les statisticiens publics s'étonnent de voir que huit de leurs publications n'ont été ni publiées, ni mises à disposition du public sur le site Internet du ministère. Selon eux, des études annuelles, traitant par exemple du nombre d'élèves par classe ou de la réussite aux examens, sont mises en réserve par les services de Luc Chatel. [ cf. Niveau des élèves de CM2 : une étude non-publiée de la Depp]


    Septembre 2011
  • L'Humanité du 28/09/11 :
    Christian Laval : "l’école est au centre des nouvelles luttes des classes".
    Pour ce qui est de l’UMP, rien ne freine plus la droite dans son projet de construction de l’école la plus purement capitaliste qui soit. Il s’agit de façon très ouverte de mettre en place une école concurrentielle, fonctionnant pour l’élite, et qui vise à faire de chaque établissement une petite entreprise avec à sa tête un "patron" qui aura tout pouvoir sur les enseignants. C’est en somme un programme à la fois néolibéral et néoconservateur des plus radicaux. Pour ce qui est du programme des socialistes, ce qui est frappant, c’est sa pauvreté. Il donne l’impression d’une simple répétition d’orientations très anciennes tirées des rapports des années 70 ou 80. C'est un programme, si on peut l'appeler ainsi, qui ne parvient pas à saisir le contexte nouveau dans lequel nous sommes. Les socialistes se sont interdit de comprendre depuis trente ans que l’école était soumise de plus en plus à une norme néolibérale. Lorsqu’ils promeuvent l’autonomie des établissements, ils ne semblent pas du tout comprendre que cette autonomie peut être prise dans des sens très différents et que, dans le contexte actuel de concurrence entre établissements, elle peut avoir des effets extrêmement négatifs sur l’objectif officiel que se donne le programme de lutte contre les inégalités. Il y a là une méconnaissance, volontaire ou non, du nouveau paradigme mondial de l’éducation.
  • Le Monde.fr du 20/09/11 :
    La réforme Chatel des lycées est injuste et élitiste, par Eric Barbazo.
    Les différentiels en termes d'offre de formation (plus ou moins une heure de mathématiques par exemple par élève d'un établissement à l'autre) commencent à apparaître en Seconde comme le montre notre enquête. Cette situation risque certainement de s'aggraver encore (nous avons relancé une enquête sur notre site) à partir de la rentrée 2011, avec la nouvelle classe de Première qui propose elle aussi des aménagements d'horaires différents d'un établissement à l'autre. Sur une scolarité entière (Seconde, Première, Terminale), un différentiel de deux à trois heures de mathématiques sera par exemple possible pour un élève d'une série S (il sera possible de la même manière en lettres) selon l'établissement qui l'accueillera. On peut désormais affirmer que cette réforme a pour conséquence immédiate l'émergence d'un lycée français à deux vitesses.
  • Le Monde du 03/09/11 :
    Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser, par Marcel Gauchet, Philippe Meirieu.
    Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques. Il renvoie à la capacité à inventer des situations génératrices de sens, qui articulent étroitement découverte et formalisation. Or, nous nous éloignons aujourd'hui à grands pas de cela avec des livrets de compétences qui juxtaposent des compétences aussi différentes que "savoir faire preuve de créativité" et "savoir attacher une pièce jointe à un courriel".
    Que peut bien signifier alors "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.


    Août 2011
  • Télérama du 24/08/11 :
    Malaise dans l'école : la bataille du primaire.
    Des instituteurs qui refusent d'appliquer les nouveaux programmes. D'autres qui rendent leurs palmes académiques. Des parents qui occupent des écoles pour protester contre les fermetures de classes. L'école primaire, d'ordinaire la « grande muette » de l'Education nationale, crie au secours. Le malaise est plus ancien qu'il n'y paraît. En opérant des coupes claires (près de 9 000 postes en moins en 2011, 16 000 prévus en 2012), le gouvernement donne l'impression de tirer sur une ambulance. En 2007, dans son bilan annuel, le Haut Conseil de l'éducation révélait que « chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300 000 élèves, sortent de CM2 avec de graves lacunes ». Pire, les élèves en difficulté en CP le restent tout au long de leur scolarité.


    Avril 2011
  • Télérama du 28/04/11 :
    Grammaire amère, par Fanny Capel.
    Un ­discours grammaticalement correct est-il forcément « amphigourique », comme l'affirme Luc Chatel, qui défend la syntaxe familière de Nicolas Sarkozy ? C'est oublier qu'en l'absence d'une langue complexe et articulée seuls subsistent les slogans et les clichés – bref, le degré zéro de la pensée... – et que prospèrent les ghettos linguistiques : « Je me comprends », répliquent les jeunes gens pris en flagrant délit de charabia, sans songer que l'enjeu de l'intégration sociale comme de l'échange intellectuel est justement de se faire comprendre.
  • Blog Peut mieux faire du 26/04/11 :
    Terminale S : d’éminents mathématiciens contestent les nouveaux programmes.
    Cette fois, la bronca n’est pas déclenchée par les professeurs de lycée - qui s’y joindront peut-être - mais par un groupe d’éminents mathématiciens membres de l’Académie des sciences.
  • Rue89 du 25/04/11 :
    Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave.
    « Une langue pure et compréhensible par tous, c'est un devoir démocratique », dit-elle lors de l'entretien qu'elle nous a accordé. Elle appelle les Académiciens à ne pas se cantonner à leur dictionnaire et à aller « sur le terrain ».


    Mars 2011
  • Le Monde du 30/03/11 :
    "Nous, princesses de Clèves" : la princesse de Clèves, héroïne des cités.
    Cela aurait pu être un documentaire social de plus, un film sur l'école comme la France les aime tant. Tourné au lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, Nous, princesses de Clèves scelle la rencontre entre la culture classique et la culture des cités autour du roman qui lui donne son titre.
  • Mediapart du 17/03/11 :
    Faudra-t-il se résoudre à dire adieu à l'Ecole et à l'instruction pour tous ?.
    Il y a eu les grandes grèves de 2003. La défaite qui s'en est suivie fut une lente, mais certaine, forme de descente aux enfers. Elle a atomisé les professeurs et l'Etat, avide de désengagement, a retiré ses billes. La Seine-Saint-Denis et, plus généralement, les villes et les quartiers populaires peuvent crever. Le consensus capitalo-parlementaire national n'a pas d'yeux pour eux.
  • Le Figaro du 16/03/11 :
    La difficile entrée en vigueur de la réforme du lycée.
    Les enseignants sont «fortement déstabilisés» par l'absence de contenus prédéfinis. Les élèves eux-mêmes ressentent cette déstabilisation: «Les profs sont un peu perdus», «Nous sommes la génération crash-test».
  • Le Figaro du 09/03/11 :
    Réapprendre les bases de l'écriture aux collégiens.
    Dans les copies de 3e, les phrases, extraites de Maupassant, ressemblent à celles-ci: «Puis je me chouche et jatent comme on atendrai le bouro» ou «j'attend le sommeille comme on n'attenderé le douraut». Mots disparus corps et biens, sons retranscrits de façon totalement aléatoire… ces élèves n'ont tout simplement pas compris le fonctionnement du code alphabétique et le principe de la correspondance entre les sons et les signes. Ce sont 30% de ses élèves qui écrivent ainsi.
  • VousNousIls.fr du 07/03/11 :
    Val-de-Marne: appel de maires contre "le dépeçage" de l'Education nationale.
    Huit maires de gauche du Val-de-Marne ont lancé lundi un appel contre le "dépe­çage" de l'Education natio­nale et les sup­pres­sions de postes d'enseignants qui menacent, selon eux, l'"accès au savoir" dans les quar­tiers populaires.
  • Le Monde du 05/03/11 :
    Eduquer au XXIe siècle, par Michel Serres.
    Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c'est fait. Avec l'accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l'accès en tous lieux, par le GPS, l'accès au savoir est désormais ouvert. D'une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis.


    Février 2011
  • L'Humanité du 17/02/11 :
    La filière technologique sabordée , par Dante Bassino.
    Le ministère veut remanier de fond en comble cette filière. Fini le fort marquage technologique. Fini les travaux pratiques sur systèmes professionnels, pourtant le principal facteur de réussite des élèves. Fini la diversité des options : des formations telles que bois, génie des matériaux, optique et d’autres vont tout simplement disparaître.
  • Les Echos du 16/02/11 :
    Carte scolaire : une étude s'alarme pour la mixité sociale.
    Une étude comparative publiée par le ministère de l'Education pointe les effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale.