Revue de presse

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Avril 2021
Presse /Libération du 16/06/2021 / Nouveau bac, le grand bric-à-brac (Cécile Bourgneuf)
[…] La pandémie a transformé les épreuves communes en contrôle continu. «Or le prof ne peut pas être à la fois celui qui entraîne au bac et celui qui corrige, parce qu’il est soumis à la pression des élèves, de leurs parents et des chefs d’établissement, qui ont pour objectif d’avoir un bon taux de réussite au bac», remarque le sociologue Pierre Merle. Ce système favorise donc des pratiques de notation plus généreuses, avec des lycées d’excellence qui se retrouvent à augmenter leurs notes pour éviter l’effet couperet de Parcoursup. Conséquence : «Peu importe leur établissement, la grande majorité des élèves ont de bonnes notes mais leur valeur n’a plus de signification.» Effet pervers de cette surenchère : les établissements d’enseignement supérieur ne savent plus sur quels critères sélectionner les candidats dans Parcoursup et se retrouvent à départager des élèves au centième de point près, voire à regarder le lycée d’origine des élèves…
Presse /Le Monde du 02/07/2021 / /« Logiciels qui dysfonctionnent, plate-forme inaccessible, ordres et contre-ordres à foison »… Nouvelles difficultés pour les jurys du bac. (Mattea Battaglia et Yassine Bnou Marzouk)
Toute la semaine, les organisations représentatives ont fait état de « couacs » en série. « Convocations tardives, incomplètes, incohérentes ou multiples, logiciels qui dysfonctionnent, plate-forme inaccessible, absence de réponse aux messages des personnels, ordres et contre-ordres à foison », énumère-t-on au SGEN-CFDT. « Avec les bugs de Santorin [un logiciel d’aide à la correction décrié par de nombreux enseignants], beaucoup de professeurs ont récupéré les copies en retard ou ont eu des soucis d’accès aux copies », expliquait alors Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU. .
Tribune / Le Monde du 05/07/2021/ À toi, l'élève inconnu du baccalauréat de philo (Francis Métivier)
[…] Vient alors le moment fort, là où tu voulais en venir, ce qui semblerait être pour toi le bras d’honneur suprême : « Je me suis arrangé pour avoir la moyenne au contrôle continu. » « Arrangé », c’est bien le bon terme. Car pour les élèves de ta trempe, la manœuvre a bien consisté en des arrangements, des petits arrangements.
Combien sommes-nous, parmi les professeurs de philosophie, à avoir supporté, dès l’annonce du ministre, le marchandage d’élèves médiocres au plan moral, qui ont voulu voir leur moyenne augmenter artificiellement, sous prétexte de bienveillance, et en réalité pour pouvoir stopper (ou ne pas commencer) le travail de préparation à l’épreuve.
Cela dans un seul but : partir de l’épreuve au bout d’une heure. Pire : combien de chefs d’établissement (et ce dans toutes les disciplines) ont demandé à des professeurs de monter artificiellement les moyennes, tellement la pression de quelques parents et d’élèves pleurnichards a été importante ? .
Tribune / Le Monde du 21/06/2021/ Nous, professeurs de philosophie, nous abstiendrons de participer à la mascarade de cette édition (Francis Métivier)
La pandémie de Covid-19 a mis à mal l’organisation du bac. Elle a surtout révélé la logique de cette réforme : se passer des enseignants, de leur présence incarnée devant les élèves. Détruire la relation pédagogique pour lui substituer des procédures « neutres » d’évaluation. A la façon d’une machine. Les propos du ministre lors des Assises de l’intelligence artificielle pour l’école, tenues en décembre 2018, appelant à assister toujours plus le travail de correction des enseignants par les calculateurs artificiels, étaient limpides.
L’assistant pédagogique de la machine, dont on n’imagine quand même pas qu’il ait son mot à dire, corrigera à la chaîne grâce au menu déroulant d’annotations préenregistrées. Tel un robot, ce mot dérivé du tchèque « robota », qui signifie travail servile. [...] Un logiciel mouchard comptabilise le temps passé sur une copie, la régularité du travail, de sorte que des algorithmes façonnent un « retour d’expérience » auprès du ministre.
Nous, professeurs de philosophie, n’admettons pas que l’on refuse ainsi de penser. La dématérialisation des corrections, indice de l’ignorance des spécificités de notre métier, est un symptôme : elle renvoie à une dérive sociale, culturelle et écologique profonde, qui étend la contrainte à tous les niveaux de la société. Qui l’enserre dans la toile des algorithmes. Telle est déjà la logique coercitive de Parcoursup, qui a transformé en quelques années nos élèves en entrepreneurs de leur scolarité. .
Presse / Le Monde du 09/06/2021 / Comment Parcoursup refaçonne la sélection à l'entrée des grandes écoles (Soazig Le Nevé)
Des professeurs confirment l’inquiétude de leurs élèves et y voient le révélateur d’un dysfonctionnement de la plate-forme, où les écoles peuvent paramétrer à leur guise l’algorithme de tri classique proposé par le ministère de l’enseignement supérieur, nommé « outil d’aide à la décision ». « Le chaos habituel est décuplé, les classements incohérents révélant des situations scandaleuses », a dénoncé sur Twitter le professeur d’histoire Thibaut Poirot, qui voit grandir « le ressentiment de jeunes qui, malgré leurs bons dossiers, malgré leur investissement, nous disent aujourd’hui “ça n’a servi à rien de travailler” ».
La frustration des lycéens envers Parcoursup est une évidence pour Thomas Lagathu (directeur du concours Sésame, qui regroupe quatorze écoles dont Neoma, Kedge, l’Essec et l’EM Lyon), tant la promesse d’accompagnement faite par la réforme du lycée n’a pas été tenue. Les salons « virtuels » consacrés à l’orientation ont été « une catastrophe car il ne s’y est rien passé du tout » et des « erreurs d’orientation » sont à prévoir, prévient-il. .
Presse / Libération du 05/07/2021 / Les profs au bout du boulot (Cécile Bourgneuf)
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