L'effondrement du service public alimente la violence
L’ÉCOLE EN DANGER L’EFFONDREMENT DU SERVICE PUBLIC ALIMENTE LA VIOLENCE Les événements récents qui se sont déroulés au Havre (agressions d’enseignants pendant leurs cours, intrusions punitives de parents, incendie criminel dans un collège), ont attiré l’attention des média et fortement mobilisé les enseignants. Ces violences semblent défrayer la chronique, mais n’ont pas étonné ceux qui travaillent dans ces zones difficiles. On aurait pu les prévoir. Fragilisée de l’extérieur par la crise sociale, l’école a été fragilisée de l’intérieur par ses responsables Depuis longtemps en effet se met en place une destruction générale de l’école, que nous dénonçons, et les violences dans le milieu scolaire sont, en grande partie, la conséquence d’une politique délibérée d’abandon d’un véritable service public. Les mesures successives n’ont fait qu’adapter l’école aux principes de la société libérale, qui renforce toutes les formes de ségrégation, travaille à renforcer les exclusions, en soumettant l’école aux ordres de la marchandisation. Les rafales de réformes imposées ne font qu’augmenter les inégalités scolaires et confirmer les inégalités sociales. Les quartiers populaires sont en effet frappés de plein fouet par les suppressions, diminutions, amputations de toutes sortes (fermetures de classe, baisse d’horaires, baisse d’apprentissages), alors qu’un véritable service public devrait travailler à corriger les inégalités ; or le système actuel et son évolution les renforcent, en délégitimant le rôle, le fonctionnement et les personnels de l’école. Les droits de tous les élèves à recevoir un enseignement de qualité ne cessent d’être amputés : La soumission à la marchandisation de l’école apparaît nettement dans les réformes :
Ces inégalités et ce formatage ne sont pas acceptables. Ils donnent lieu à une école à plusieurs vitesses qui renforce la ghettoïsation. Les chances des plus favorisés seront préservées par les différences dans les programmes et les horaires d’enseignement, pour les autres il y aura de moins en moins d’école à l’école. Pour préserver les chances de chacun, faire accéder tous les élèves à des savoirs nationalement définis, à des formations égales et garanties, ce n’est pas moins d’enseignement, ce n’est pas " une autre logique d’enseignement " qui abandonne l’enfant à lui-même qu’il faut, mais étendre et améliorer le service public, rétablir les heures de cours, augmenter l’encadrement d’enseignement et de surveillance. Nous dénonçons la politique délibérée d’abandon de ses responsabilités par l’Etat. Nous demandons que soient prises les mesures qui pourraient faire de l’école le recours contre les inégalités, les exclusions, l’ignorance et la soumission. Nous demandons que soit dispensée à l’école la formation intellectuelle exigeante et qualifiante à laquelle tous les élèves doivent avoir accès. Le collectif des enseignants du Havre.
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