La raréfaction du latin et du grec dans le secondaire :
une désaffection construite de toutes pièces.


M. Darcos : " Les options qui consistent par exemple en l'étude d'une langue rare, doivent être rationalisées car elles concernent peu d'élèves mais représentent un coût de recrutement très élevé. " (audition des ministres de l’EN par la Commission des finances à l’Assemblée Nationale, le 9 octobre 2003)

 

Le ministère se fonde certes sur des chiffres. Or ces chiffres ne sont pas un constat, mais le résultat d’une désaffection des élèves organisée de longue date par les ministères successifs, par :

L’argument ministériel de la désaffection n’est donc pas recevable : la demande ne manque pas, mais on la tue dans l’œuf ou à la naissance. Arguer de la " demande sociale " ou de " l’air du temps " n’est pas honnête : qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Arguer d’un résultat que l’on a soigneusement provoqué de longue date, et le confondre avec un constat, n’est pas plus défendable.

Le rapport Wismann est sur ce point on ne peut plus clair : Les décisions ministérielles récentes en faveur de cet enseignement ou, au contraire, visant à le limiter ont eu un effet immédiat sur l'augmentation ou la diminution du nombre des élèves inscrits. La demande publique n'est donc pas faible, et la marge de manœuvre politique loin d'être restreinte. Les décisions sont efficaces. "


Agnès Joste

Entrevue au Ministère de l’Éducation Nationale du 10 mars 2004