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IDD Tyrosse
Les professeurs réunis le mardi 22 janvier 2002 au collège de Tyrosse
(Landes) tiennent à exprimer leur réprobation à l'égard d'une réforme qui aura des
incidences très importantes sur leurs pratiques pédagogiques quotidiennes et
leurs services et dont l'élaboration n'a fait l'objet d'aucune concertation
préalable. Cette journée banalisée ne vise qu'à entériner la réforme, la
discussion ne portant que sur son organisation matérielle.
Dans les faits, à quelles difficultés allons-nous nous heurter à la rentrée
prochaine ? Elles seront à la fois d'ordre pédagogique et d'ordre matériel.
- Alors que nous constatons chez l'élève en difficulté - que la réforme
prétend aider - un manque de repères et des difficultés à structurer sa pensée, le
dispositif propose une organisation de la semaine et de l'année
déstructurante :
- un emploi du temps variable selon les semaines ;
- une multiplication des professeurs intervenant face à l'élève ;
- le choix donné à l'élève quant aux itinéraires découvertes (choix fait
dans la précipitation et en fonction de critères plus souvent liés aux goûts de
l'élève qu'à ses besoins réels).
- La disparité des niveaux des élèves issus de groupes classes
différents et entrant dans un I.D. génèrera une nouvelle inégalité dans la faculté
des élèves à s'approprier de nouveaux savoirs et savoir-faire.
- L'hétérogénéité (déjà présente dans le groupe classe) ne sera qu'accrue
dans le groupe I.D. et le professeur disposera de moins d'heures (10 heures
seulement) qu'en classe normale pour essayer de connaître l'élève et
l'aider à progresser.
- On peut craindre également que l'évaluation finale compromette le plaisir
du choix initial fait par l'élève. L'I.D., présenté comme attractif, risque de
devenir tout aussi contraignant qu'un cours normal et il ne règlera pas les
problèmes que la réforme souhaite réduire : le refus de l'effort,
l'inattention et l'indiscipline.
- La mise en barrette de plusieurs groupes I.D. sur un créneau horaire donné
réduit pour les autres classes de l'établissement l'accès au C.D.I lorsque
celui-ci prend part aux I.D. L'utilisation du C.D.I. est également difficile
si plusieurs groupes I.D. veulent y travailler au même moment.
- Les I.D. impliquent la réduction horaire de trop nombreuses disciplines
dont les disciplines fondamentales. A titre d'exemple, l'enseignement du
français, présenté très souvent comme particulièrement important, se voit cruellement
amputé d'une heure en 6ème, d'une autre heure en 5ème et, à terme, d'une
1/2heure en 4ème ! Or, certains savoirs ont besoin d'être enseignés de façon
systématique et individualisée pour répondre aux besoins croissants de la
majorité des élèves à l'entrée en 6ème.
- La charge de travail des professeurs ne peut dans le même temps que
s'alourdir : non seulement ils auront plus de groupes classes du fait de la
baisse des horaires obligatoires mais, en plus, ils devront se consacrer à
la préparation des I.D. pour assurer ponctuellement dans l'année des heures
nouvelles ce qui donne le sentiment d'un éclatement de leur service, source
de grande dispersion dans leur travail.
- Les 72 heures allouées par I.D. ne compensent pas la mise au plancher de
toutes les disciplines . Seules quelques matières récupèreront une heure
pendant deux fois 12 semaines.
- Pendant 12 autres semaines (le temps de la concertation des équipes),
l'élève perdra 2 heures d'enseignement chaque semaine. Il sera par ailleurs
impossible d'organiser convenablement l'encadrement des élèves à ce moment-là au
collège (saturation des permanences et des C.D.I). Par ailleurs, la fracture sociale
si souvent regrettée ne sera qu'accrue car certains élèves rentreront à la
maison et y seront livrés à eux-mêmes.
En conclusion, la seule et vraie réforme que nous souhaitons, c'est la remise en
question du collège unique par la mise en place d'une structure parallèle
pour prendre en compte la diversité des élèves d'une manière cohérente et stable
et assurer ainsi l'égalité des chances. Le collège actuel, malgré la bonne
volonté des enseignants lors de réformes successives jamais évaluées, en
uniformisant l'enseignement ne fait qu'accuser davantage les inégalités.
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