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Collège Miclot à Port-Bail
"Il ne nous est pas possible de réfléchir à la mise en place des itinéraires de découverte"
Au cours de la journée de réflexion, l'ensemble de l'équipe pédagogique du collège de Port-Bail a relevé un certain nombre de problèmes.
Impossibilités matérielles :
- Comment envisager le regroupement d'élèves de collèges différents étant donné les distances entre les établissements de zone rurale ?
- Les élèves ne peuvent pas, si nombreux, effectuer simultanément des recherches en groupe au CDI ou en salle informatique.
- Le problème du financement pour les sorties éventuelles, l'achat du matériel nécessaire aux réalisations finales des élèves.
- Des postes insuffisants :
-Un poste de documentaliste est insuffisant étant donné l'ampleur des recherches.
-Les heures consacrées aux itinéraires de découverte s'ajoutant aux heures d'enseignement, le nombre d'enseignants doit être augmenté en conséquence.
- Les professeurs intervenant sur plusieurs établissements ne peuvent s'investir dans des "morceaux d'itinéraires".
- Les itinéraires vont considérablement compliquer l'organisation des emplois du temps hebdomadaires.
- La mise en place d'un itinéraire de découverte nécessitera une préparation qui entrainera une surcharge importante de travail pour les documentalistes et les enseignants, bien supérieure à l'heure hebdomadaire prévue dans le projet.
Remise en cause du statut de l'enseignant :
- 72 heures annuelles pour les itinéraires : il faut conserver un horaire d'enseignement hebdomadaire !
- Dans le cadre des itinéraires, l'enseignant encadre, anime, guide, mais quelles compétences peut-il encore transmettre ?
- Nous sommes spécialisés dans une discipline. Nous ne pouvons pas organiser une véritable recherche dans un domaine que nous ne maîtrisons pas.
- Les enseignants nouvellement nommés dans un établissement se verront imposer un itinéraire proposé par les autres enseignants.
Des incohérences pédagogiques :
- Les itinéraires sont inscrits dans le cadre d'un programme mais font appel à des connaisances qui seront acquises tout au long de l'année, et pas nécessairement au moment opportun.
- Si des heures d'enseignement sont supprimées pour les itinéraires, les programmes ne pourront pas être terminés. L'inquiétude est encore plus grande pour les classes de 3° lorsque les itinéraires les concerneront.
- Comment amener les élèves vers une recherche en autonomie avec des groupes de 20 à 25 élèves ? Comment envisager sérieusement une initiation à la recherche et au traitement de l'information dans ce contexte ? Comment les évaluer individuellement ?
- Les élèves ne pourront pas réellement choisir leur itinéraire. Si une majorité d'élèves choisit un sujet plutôt qu'un autre, comment rééquilibrer les effectifs en respectant les préférences de chacun ?
- Ces itinéraires risquent d'être pris "à la légère" par les élèves alors que l'objectif initial est justement de les responsabiliser dans leur propre formation.
- Les itinéraires renforcent les inégalités d'accès à l'information entre collégiens, citadins et ruraux, ou issus de milieux sociaux diférents.
- L'examen du brevet ne sera plus national s'il intègre l'évaluation des itinéraires.
Etant donné l'ampleur des obstacles et des inquiétudes générés par cette réforme auprès des enseignants, et dans l'intérêt des élèves, il ne nous est pas possible de réfléchir à la mise en place des itinéraires.
Adopté à l'unanimité des présents (22).
Collège Miclot à Port-Bail (Manche)
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