Libération du 09/07/04 : Quand la religion fait obstruction à l'école.
(...) Les revendications portent aussi sur l'enseignement reçu. Les sciences de la vie et de la terre (SVT) sont contestées au nom du «créationnisme», conception qui «a ses partisans dans les trois religions monothéistes» et réfute la théorie de l'évolution des espèces. La reproduction est également l'occasion de contestations, de même que les travaux pratiques, certains élèves refusant de manipuler du matériel animal. Quant à l'histoire, elle est parfois qualifiée de globalement mensongère et partiale, «exprimant une vision "judéo-chrétienne" et déformée du monde».
(...)
Le Canard enchaîné du 07/07/04 : Relax le bac.
Dans la série baccalauréat 2004, « Le Canard » bat sa coulpe d’avoir loué dernièrement (9/6) les seules vertus de l’épreuve de pétanque que l’académie d’Aix-Marseille a instaurée cette année. Car une autre option, bien plus redoutable, a été proposée par cette même académie aux candidats dispensés de sport : la relaxation.
(...)
Libération du 06/07/04 : Public et privé aussi bons élèves en théorie.
(...) Enfin le privé est une pub vivante pour le redoublement au collège : si l'on y redouble moins en primaire, on y redouble plus entre la sixième et la troisième. Ce qui n'empêche pas le taux de réussite au bac d'être meilleur... mais sans que l'on sache ici si les chiffres désignent les mêmes élèves ou si les «mauvais» ont été orientés ailleurs.
(...)
Rennes : le sens de l'orientation.
(...) En clair : Rennes oriente plus précocement que le dogme du «collège unique» ne le suppose. Paradoxalement, l'Inspection générale relevait que l'enseignement privé jouant davantage le jeu du collège unique que le public, ses effectifs avaient baissé entre 1990 et 2000...
Le Monde du 04/07/04 : Le chemin des écoliers.
(...) MIREILLE GRANDVAL, d'Edimbourg (Grande-Bretagne), soupçonne à ce propos les pouvoirs publics d'avoir maquillé des considérations budgétaires en choix pédagogique : "Un élève qui redouble coûtant cher à la collectivité, la loi Jospin de 1989 a restreint les possibilités de redoublement. On fait passer l'élève dans la classe supérieure malgré ses lacunes qui ne seront jamais comblées. On ne se demande pas non plus ce que coûteront à la collectivité tous ces "mal appris" qui se retrouveront au collège et sortiront du système sans qualification." (...)
Juin 2004
L'Express du 28/06/04 : Efficace, le redoublement ?
Les études qui expliquent que le redoublement est inefficace ne sont pas sérieuses, y compris celle du ministère de l'Education, qui révèle notamment que moins de 10% des élèves ayant redoublé le CP obtiennent leur bac. On y compare le cursus d'élèves qui sortent d'une classe après l'avoir redoublée et celui d'élèves qui en sortent normalement au bout d'un an. On constate que le cursus ultérieur moyen des premiers est moins bon que celui des seconds et on en tire malhonnêtement la conclusion que le redoublement est inutile. Or la seule conclusion qu'un tel constat autorise est que les élèves qui sont amenés à redoubler présentent, en moyenne, des capacités inférieures à ceux qui passent.
(...)
Le Monde du 19/06/04 : Après le bac, étudiants et parents plébiscitent les filières sélectives.
42,1 % des bacheliers s'orientent davantage vers des formations de type IUT, quitte à poursuivre après l'obtention de leur diplôme, ou vers les classes préparatoires aux grandes écoles. Ils se détournent des DEUG universitaires classiques, dont l'image s'est dégradée ces dernières années.
(...)
L'Humanité du 18/06/04 : Une demande massive de transmission des savoirs, par Jean-Pierre Terrail.
(...) Le manque d’efficacité des apprentissages élémentaires est bien au coeur de ce qui fait crise aujourd’hui dans notre système éducatif, bien au-delà des 10 % à 15 % de jeunes qui en sortent chaque année dans un état proche de l’illettrisme. Soulever la question des apprentissages élémentaires est cependant doublement compliqué.
(...)
Le Canard enchaîné du 09/06/04 : Le bac P.
(...) En attendant l’agreg de belote ou de rami, une douzaine d’élèves de Marseille déclarés inaptes au sport ont pu passer début juin une épreuve de pétanque au baccalauréat. Et interdiction de se marrer, car ce n’est pas à la portée de tout le monde : il faut savoir pointer, tirer et même arbitrer ! Sans parler de " l’intérét pédagogique du calcul des trajectoires, du choix des tirs à la rasbaille, au fer ou à la raflette, et de la stratégie à élaborer pour remporter une partie ", a expliqué très sérieusement Henri Kempf, un conseiller technique du rectorat d’Aix-Marseille
(...)
Marianne du 07/06/04 : Que peut-on encore faire… sans le bac ou avec le bac seulement ?.
(...) Le rapport du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, destiné à orienter le fameux "grand débat", qualifiait les années 1985-1995 de "Dix Glorieuses", puisqu'on était passé en dix ans de 29,4 % à 63,2%, soit augmentation de plus de 100 % du nombre de bacheliers par génération. Un vrai miracle... ou une monumentale escroquerie.
(...)
Le Figaro Magazine du 05/06/04 : Sauver l'école.
(...) Que l'on n'accuse pas ces enseignants de catastrophisme. Membres du collectif Sauver les Lettres (qui vient de lancer un appel désespéré pour le latin/grec), ils veulent donner le meilleur d'eux-mêmes pour nos enfants. Qui saura les entendre ?
(...)
Libération du 01/06/04 : A savoir.
(...) 76 % des jeunes instituteurs ne sont pas satisfaits de la formation reçue, qui se contente d'offrir, selon eux, «une réflexion globale sur l'école» (85 %) et non des «outils et méthodes directement utilisables en classe» (8 %).
(...)
«Ils pensent porter seuls les valeurs de l'école», entretien avec Philippe Meirieu.
(...) Mais je ne suis pas choqué que la valeur «effort» reprenne du terrain sur la valeur «épanouissement de l'enfant». Après tout, pour un artiste ou un sportif, il n'y a pas d'épanouissement sans effort préalable. Quant à l'importance nouvelle accordée par les jeunes enseignants aux fondamentaux «lire, écrire, compter» , il me semble avant tout témoigner de l'intériorisation du matraquage politique et médiatique sur l'illettrisme. Les jeunes instits expient une faute supposée en disant «il faut faire du français à haute dose».
(...)
Mai 2004
Le Monde de l’éducation, mai 2004 : L'école a-t-elle abandonné l’orthographe ?
(...) La vie réelle serait donc plus sévère que l'école et sa tyrannie des notes ? Faut-il alors remettre la pression sur cet apprentissage ? En effet, baissant la garde sur ce terrain, l'école laisse le marché aux mains des familles pour qui c'est un souci, voire des officines qui vendent du soutien. Et c'est là que l'orthographe devient un marqueur social; car les familles les plus averties combleront toujours, en bonne partie au moins, les lacunes de leurs enfants.
(...)
Libération du 29/05/04 : Editis dans le giron du patron des patrons.
(...) Descendant d'une lignée Wendel remontant à 1704, patron de la holding familiale éponyme qui regroupe le patrimoine des 750 héritiers, Ernest-Antoine est, en plus, devenu le deuxième éditeur scolaire français en mettant la main sur Nathan, Bordas et Retz.
(...)
Le Monde du 28/05/04 : Le redoublement accroît le risque d'échec scolaire.
(...) La France reste l'un des pays européens où le redoublement est très élevé. Les enseignants, majoritairement hostiles au passage automatique, veulent se garder la possibilité, même exceptionnelle, du redoublement. "Il ne suffit pas de casser le thermomètre pour se débarrasser du malade", estime Nicole Geneix, secrétaire général du SNUipp, le principal syndicat des enseignants du primaire.
(...)
L'Humanité du 28/05/04 : Une troisième relookée pour 2005.
(...) Faisant sien le principe de réalité et l’avis d’une majorité d’enseignants (1), Denis Paget, co-secrétaire général du syndicat, explique : " La situation actuelle est résolument détestable. Certains élèves sont à bout de souffle. À moins que l’on me propose une solution pour les remotiver, je n’en vois pas d’autre que celle de la voie professionnelle. " Solution dont le SNES ne fait pas pour autant une panacée.
(...)
Le Monde du 27/05/04 : François Fillon : "L'autorité doit être au cœur de l'école".
(...) Que souhaitez-vous que soit la loi d'orientation sur l'école ?
Elle devra passer devant le Parlement au printemps 2005. Trois questions devront y être abordées : celle du socle commun de connaissances, celle de la diversification des parcours, celle de l'autorité.
L'autorité doit être au cœur de l'école républicaine, car elle doit être un lieu exemplaire de savoir et de respect. Il n'y a pas d'égalité entre l'adulte et l'élève. L'autorité du maître conditionne la réussite de l'élève. Il ne s'agit pas d'une attitude nostalgique, mais réaliste. Un exemple : la loi de 1989 a conduit à enlever aux enseignants leur pouvoir de décision en matière de redoublement. N'est-on pas allé trop loin ?
(...)
Le projet de "nouvelle troisième".
(...) "Nous sommes favorables à ce dispositif, qui permet de garder le collège pour tous tout en diversifiant les parcours, estime Denis Paget, cosecrétaire général du SNES, le principal syndicat du second degré. Mais il faut qu'il reste marginal et s'adresse en priorité aux 60 000 jeunes qui quittent aujourd'hui le collège ou abandonnent le lycée professionnel sans aucune qualification." En revanche, le SNES dénonce le projet de réduire d'une demi-heure l'horaire des élèves en physique, en sciences de la vie et de la terre et en technologie.
(...)
Le Canard enchaîné du 26/05/04 : Enflure de style.
Soucieux d’aider les profs de français dans leur difficile mission, le rectorat de Clermont-Ferrand a écrit, le 26 avril, aux chefs d’établissement de l’académie. Et le style de la missive en dit long sur les exigences de l’administration en matière de maîtrise de la langue.
(...)
Le Figaro Magazine du 22/05/04 : Le verdict des parents.
(...) Pour 60% des parents consultés par la PEEP, l'école devrait en effet s'occuper prioritairement d'instruire les élèves ; autrement dit, de leur transmettre des connaissances solides, sur la base de programmes exigeants. Tandis qu'ils ne sont que 16% à penser que sa mission consiste à les éduquer. Exactement le contraire de l'orientation retenue par Claude Thélot, telle qu'il compte la défendre dans son rapport préparatoire à la nouvelle loi d'orientation scolaire qui passera devant le Parlement au printemps 2005.
(...)
La Lettre de l'éducation du 17/05/04 : Les défenseurs de langues anciennes font monter la pression.
(...) En termes d’action, " rien n’est exclu ", prévenait, la semaine dernière, Marie-Hélène Menaut, présidente de la Cnarela, " y compris la rétention des notes, fût-ce aux concours ". Les associations ont rendez-vous le 25 mai avec un conseiller du président de la République. Elles attendent toujours d’être reçues par François Fillon.
(...)
Journal du dimanche du 16/05/04 : Les langues anciennes bougent encore.
(...) Hier, autour de l'incontournable académicienne Jacqueline de Romilly, de nombreuses associations se sont retrouvées pour pousser un cri d'alarme. Leur force? Une pétition qui a d'ores et déjà recueilli plus de 66.000 signatures.
(...)
L'Humanité du 20/04/04 : École, concurrence, inégalités.
(...) L’orientation systématique des élèves en difficulté vers les filières courtes constitue une solution de facilité, violant le droit de chaque jeune à s’approprier le patrimoine de connaissance légué par les générations passées. D’un autre côté, les " pédagogies douces " mises en place à partir des années soixante comme alternatives aux orientations prématurées sont-elles nécessairement gage de réussite ? Ces procédures consistent en réalité à modeler les savoirs en fonction du caractère supposé illogique de l’esprit enfantin.
(...)
Le Monde du 18/04/04 : L'élargissement renforce la domination de l'anglais au sein de l'Union.
(...) Aujourd'hui, défendre le français à la Commission, c'est être "ringard". Ainsi, ce haut fonctionnaire francophone belge de la Commission souhaite soutenir, face au modèle anglo-saxon, les concepts français associés à la langue française, en particulier le modèle social européen, mais refuse d'être cité pour ne pas être catalogué avec les "ayatollahs" de la francophonie.
(...)
Libération du 14/04/04 : Pour une décentralisation concertée, par Frédéric Sérandour.
(...) François Fillon doit réaffirmer solennellement que le recrutement des enseignants, les diplômes et les programmes scolaires relèvent de la compétence de l'Etat. Enfin, il incombe au ministère de l'Education nationale de mettre en accord ses actes avec ses paroles. Si, avec la création des ZEP (Zones d'éducation prioritaire), il entendait «donner le plus à ceux qui ont le moins», il est de sa responsabilité de pallier les inégalités de moyens entre municipalités, départements ou régions.
(...)
Le Figaro Magazine du 09/04/04 : Travaux pratiques pour Fillon
Réputé pour son sang-froid autant que pour son sens du dialogue et de la concertation, crédité d'un certain savoir-faire en matière d'autorité après la fermeté avec laquelle il a négocié puis fait voter la réforme des retraites, le nouveau ministre qui revendique sa bannière de gaulliste social ne peut théoriquement pas se borner, comme la plupart de ses prédécesseurs, à recevoir les syndicats en satisfaisant leurs exigences.
(...)
Le Monde du 07/04/04 : Réussite, collège unique, orientation, savoir-vivre... : les thèmes-clés du grand débat.
(...) Le retour aux enseignements fondamentaux (lire, écrire, compter) est revenu dans la quasi-totalité des débats. Actuellement, quelque 15 % des élèves entrent au collège sans savoir lire correctement. "La lutte contre l'illettrisme est contradictoire avec l'anglais en primaire", soulignent même les écoles d'un arrondissement breton, tandis que d'autres, à Béthune (Pas-de-Calais), proposent de récupérer, au profit de l'enseignement du français, les heures de langue vivante.
(...)
Mars 2004
Le Parisien du 30/03/04 : Le latin et le grec ressuscités !
(...) Ceux qui défendent ces langues, finalement loin d'être mortes, ne désespèrent pas. Déjà, le ministère annonce un moratoire sur ces fermetures annoncées. « Mais, il faut être vigilant pour que cela se concrétise effectivement », prévient Sauver les lettres, qui continue d'engranger les signatures.
Le Figaro du 25/03/04 : M. Ferry, descendez de votre cathèdre !
Le 29 janvier, ici même, Mme Jacqueline de Romilly appelait le public à l'aide des humanités gréco-latines, que vos décisions menacent, selon elle. Ainsi mettait-elle son nom au service de plusieurs associations de professeurs et de lettrés, qui viennent de publier une pétition. On vous y reproche de réduire gravement l'enseignement du latin et du grec en le réservant aux classes nombreuses, donc aux grandes villes. On vous en veut aussi d'avoir décidé cela sans prendre avis. Le 4 mars, vous avez répondu ici même à Jacqueline de Romilly que sa bonne foi avait été surprise, qu'elle avait tout faux, et qu'au contraire, la réforme dont vous revendiquiez la paternité tend à rétablir les humanités dans leur dignité.
(...)
Commentaires.com du 22/03/04 : Qui a eu cette idée folle… ?
La lecture de ce livre est roborative. On est loin des thèses ébouriffantes des pédagogistes ou de celles des tenants de l’ultralibéralisme. L’école future qui est esquissée ici n’est pas celle du juste milieu entre ces deux extrêmes, elle n’entend pas faire place à une sorte de libéralisme pédagogique. Elle se situe bien ailleurs, dans cette ambition d’arracher chacun à son petit univers personnel pour qu’il puisse s’élever grâce à la culture apprise pas à pas.
(...)
Libération du 12/03/04 : Futurs profs en grève contre le manque d'Education.
(...) Ah, ces 18 000... Luc Ferry avait plastronné en les annonçant. Moquées, les Cassandre des médias qui annonçaient qu'il se coucherait devant les exigences de Bercy de ne remplacer qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.
Un an plus tard, c'est no comment. Bercy a gagné, et Ferry s'est silencieusement assis sur la parole de l'Etat.
(...)
Libération du 11/03/04 : Trop étrangers aux langues, par Luc Ferry.
(...) Plusieurs études de la DEP ont montré qu'il y a là un phénomène de fond, avec une tendance lourde depuis les années soixante : l'anglais ne cesse de progresser (il est appris aujourd'hui par 96 % des élèves du second degré), l'allemand recule en première comme en seconde langue, les troisièmes langues régressent depuis les années 90 du fait d'une concurrence accrue d'autres options dans le cadre de la réforme des lycées ; l'espagnol fait exception, notamment parce qu'il tire profit de sa complémentarité de langue vivante II (LV2) avec l'anglais. Seules des traditions frontalières protègent l'allemand ou l'italien dans certaines zones.
(...)
Télérama du 10/03/04 : L’éducation nationale perd son latin.
(...) A Cergy, en grande banlieue parisienne, le lycée Galilée annonce 90 heures en moins. Alice Pelletier, jeune prof de sciences physiques : " Plus de latin, plus de grec, moins de langues vivantes, une classe de première d’adaptation qui disparaît, alors que le nombre d’élèves ne diminue pas. Quel mépris pour notre travail ! ".
(...)
Le Monde du 10/03/04 : Grand débat : l'école doit être recentrée sur les enseignements fondamentaux.
(...) "Lire, écrire, compter" doit constituer l'objectif prioritaire de l'éducation nationale. Les réunions organisées dans les établissements scolaires et les arrondissements ont mis en évidence la volonté du monde éducatif de se concentrer en premier lieu sur la maîtrise des apprentissages fondamentaux. Beaucoup d'enseignants et de parents réclament donc une révision des programmes. "Les contenus abordés à l'école primaire paraissent trop conséquents et donnent l'impression que de nombreux domaines sont survolés sans être approfondis", relève la commission.
(...)
Le Nouvel Observateur du 04/03/04 : Les momifiés de la pétition, par Luc Ferry.
(...)
Il ne reste de la gauche intellectuelle que l’arrogance d’une équation dont la bêtise fait peur: être intelligent = être un intellectuel = être de gauche = signer une pétition
(...)
Le Figaro du 04/03/04 : Latin et grec : comment résister au déclin, par Luc Ferry.
(...)Néanmoins, à ma demande expresse, et en attendant que la discussion de fond ait pu avoir lieu avec les intéressés, notamment avec la Cnarela (coordination nationale des associations régionales de langues anciennes) que je recevrai cette semaine et dont je salue l'excellent travail, ces options seront maintenues.
Mais je le dis clair et net : cette décision ne constitue nullement une solution, car ce maintien en l'état ne résout rien quant au fond. A vrai dire, il n'est raisonnable ni sur le plan budgétaire (on peut toujours s'en moquer si l'on veut, mais les faits sont têtus) ni surtout sur le plan pédagogique (et là, il est plus difficile de ne pas s'en soucier).
(...)
Libération du 04/03/04 : Contre l'intelligence exclusive, par Xavier Darcos.
(...) Bien loin d'ailleurs de l'idée que l'intelligence, donc l'éducation, soit exclusivement au service de l'économie, on peut imaginer à l'inverse que certaines entreprises soient au service d'une politique publique de l'intelligence. C'est l'offensive que j'ai souhaité mener dans le secteur des technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement. Nous sommes notamment à l'origine d'une initiative sans précédent sur le plan international : l'Espace numérique des savoirs. Ce portail d'accès à un socle de contenus numériques permet de récupérer instantanément un extrait littéraire, une carte géographique, une reproduction d'oeuvre d'art, une image médicale, un article de journal, une séquence de film, un enregistrement musical, etc. Il n'y a pas ici de soumission au marché, puisque c'est le politique qui décide : il définit lui-même les orientations et passe les commandes. (...)
Le Point du 04/03/04 : Apprendre à lire - La grande angoisse.
(...) Mais comme la quasi-totalité des élèves de CP, Pierre a débuté son apprentissage par une méthode « à départ global ». Son principe ? Faire reconnaître aux enfants des mots entiers, avant de leur faire découvrir l'alphabet et la combinaison des lettres. Selon les maîtres, cette méthode permet aux enfants de découvrir tout de suite la finalité véritable de la lecture : non pas ânonner, mais lire immédiatement des textes et en comprendre le sens.
Or cette méthode est loin de faire l'unanimité : on croyait en avoir fini avec la querelle des méthodes. On avait rêvé. Elle continue d'empoisonner la question de l'apprentissage de la lecture. Selon Marc Le Bris, instituteur du Finistère, auteur d'un pamphlet intitulé « Et vos enfants ne sauront pas lire... ni compter » (chez Stock), cette méthode n'est pas moins dangereuse que la globale pure : « Elle part du même principe : en mettant les enfants devant des mots entiers, on veut leur faire découvrir par eux-mêmes le code alphabétique, au lieu de le leur donner à apprendre. Là est la cause de l'échec. »
(...)
Février 2004
L'Humanité du 17/02/04 : Les langues mortes expédiées ad patres
(...) Singulièrement touchés, toujours d'après la présidente de la CNARELA, les établissements situés en zone rurale ou en ZEP, quand ceux des centre-villes sont encore relativement épargnés. " On reproche à ces disciplines d'être élitistes. Intellectuellement, c'est sans doute vrai. Mais nous nous sommes toujours battus pour qu'elles soient enseignées également à tous. Et ce ne sera plus le cas. "
(...)
Le Monde du 12/02/04 : Quousque tandem abutere patientia nostra ?
(...) Huit associations de défense des langues anciennes ont lancé, mercredi 11 février, un appel pour sauver l'enseignement du latin et du grec et une "pétition nationale et internationale" circule sur le Net. Selon les associations, "à la rentrée 2004, l'enseignement du grec et du latin risque de disparaître".
(...)
Libération du 12/02/04 : Halte à la maltraitance des langues, par Jean-Pierre Cavaillé.
(...) En fait, c'est un autre discours qui triomphe, même s'il est rarement énoncé avec autant de clarté que ne le faisait Allègre en 1997 (« l'anglais plus le Minitel [sic !] plus l'ordinateur, c'est pour le futur comme lire, écrire et compter»). L'anglais, non comme l'immense langue de culture qu'il est, mais comme sésame de la modernité, volapük des marchés, est la seule langue digne d'être apprise (...)
Sud-Ouest du 10/02/04 : La montée des intérimaires.
(...) Le recrutement se fait parfois directement par le biais de l'ANPE qui propose des offres d'emploi de vacataires. Aucune expérience d'enseignement, aucune formation pédagogique, aucun casier judiciaire n'est exigé de ces remplaçants, à l'exception d'une licence, stipulent les textes. Une annonce d'emploi récente de vacataire en lettres modernes pour un lycée du Médoc sur le site Internet de l'ANPE indiquait même que la « licence en littérature » était seulement « souhaitée ».
(...)
Le Monde du 08/02/04 : La contestation s'organise à Paris contre les suppressions de postes d'enseignants.
(...) Marie-Ange Henry, responsable du SNPDEN-Paris, est catégorique : "Avec les 4 500 heures d'enseignement que l'on nous supprime, on ne peut pas se contenter de diminuer les options facultatives. Nous sommes contraints de tailler dans les enseignements réglementaires."
(...)
Le Monde de l'éducation, février 2004 : Pour une discrimination au mérite.
Cette discrimination au mérite compte beaucoup d'adeptes dans les rangs des enseignants. Quelle que soit leur position à l'égard de la discrimination positive. Ou de tout autre nom qu'on lui donne. C'est ainsi que Frédéric Jonnet, proviseur du Lycée René Cassin de Gonesse (Val-d'Oise) défend la "seconde pour redoublants" et la seconde "turbo", mise en place dans son établissement par son prédécesseur mais qu'il a décidé de perpétuer avec la bénédiction du rectorat. Le principe de la première est de regrouper les élèves faibles scolairement, puisque redoublant, mais qui travaillent.
(...)
Janvier 2004
Libération du 31/01/04 : Réforme des diplômes: les facs «marchandisées» ?
(...) Un groupe d'universitaires vient de publier un ouvrage collectif au vitriol pour dénoncer lesdites réformes. Frédéric Neyrat, enseignant en sociologie à l'université de Limoges, est l'un de ses auteurs. Nous l'avons installé autour d'un café face à Gilbert Puech, président de l'université Lyon-II, qui défend le LMD, déjà à l'oeuvre dans son université. (...)
Le Figaro du 29/01/04 : J'appelle à l'aide, par Jacqueline de Romilly.
Le public ne le sait pas encore, mais un coup terrible vient d'être porté, en surprise, aux enseignements littéraires; des disciplines, dont font partie le latin et le grec, viennent d'être, d'un coup, pratiquement rayées de l'enseignement secondaire.
(...) Bien des associations, professionnelles ou non, se sont naturellement émues et l'on verra, dans les jours à venir, l'action qu'elles entreprennent déjà. J'espère que les lecteurs de cet article auront à cœur de prendre les devants et d'envoyer dès maintenant au journal la marque de leur sympathie en écrivant seulement «soutien aux Lettres» avec leur nom et leur adresse. (...)
Libération du 29/01/04 : A Paris, Ferry invente les cours sans profs.
(...) Les enseignements qui vont souffrir sont, pour la plupart, destinés aux élèves en difficulté. «On voudrait une école à deux vitesses qu'on ne s'y prendrait pas autrement : si vous supprimez les enseignements en demi-groupes, en classe de seconde, dans les lycées situés en zone d'éducation prioritaire, vous condamnez nombre d'élèves à ne pas suivre.» Ces enseignements (dits «modulaires») portant sur le français, les maths, l'histoire-géo et la première langue vivante, ce sont bien les «savoirs fondamentaux» qui sont visés. (...)
Les Informations Dieppoises du 27/01/04 : "Sauvez les lettres"
contre la réforme du français.
(...) « Je retrouve les mêmes problèmes, annonce un enseignant d’école primaire. La grammaire, la conjugaison et le vocabulaire doivent être bouclés en deux heures par semaine, mais c’est impossible! Le plus-que-parfait et le futur antérieur sont éliminés. Les élèves ne maîtrisent pas encore le présent en CM2 et on vous refile le problème au collège. Je suis obligé de dépasser les horaires demandés, mais parmi mes collègues, personne ne réagit. »
(...)
Le Monde du 22/01/04 : Les députés débattent à leur tour de l'école.
(...) Le ministre a cité trois grands sujets, qu'il aimerait voir aborder par le futur texte législatif, qualifiant deux d'entre eux d'"obsolètes" : l'objectif de 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac inscrit dans la précédente loi d'orientation de 1989, dite loi Jospin, et la fin de la scolarité obligatoire, actuellement fixée à 16 ans. De plus, M. Ferry a souligné que la loi devrait prendre en compte la question de la violence scolaire, de l'autorité, "totalement absente" de la loi de 1989. Xavier Darcos, le ministre délégué à l'enseignement scolaire, a ajouté à cette liste le besoin de "redignifier" la fonction d'enseignant.
(...)
Le Monde du 21/01/04 : Un grand crime, par Bertrand Poirot-Delpech.
(...) Mieux vaudrait reconnaître une bonne fois qu'on a choisi cette économie de préférence à toutes les autres, que les études menacées sont jugées trop coûteuses pour ce qu'elles "rapportent". Quitte à renforcer l'élitisme en rendant plus difficile l'accès à la culture classique, à son école d'esprit critique, à ses libertés, à ses plaisirs tout simplement. Avec, à terme, l'avilissement de la langue de Voltaire et de Valéry en dialecte d'aéroport ?
(...)
Libération du 17/01/04 : Education: le grand débat tombe à plat.
Les Français ne sont pas d'accord sur leur école. Et ils ne s'y intéressent guère. Il aura fallu 15 000 débats dans les établissements scolaires et les arrondissements pour parvenir à cette conclusion. (...)
Le Figaro Magazine du 17/01/04 : École : grand débat, petits résultats.
(...) La question de l'instruction proprement dite, celle des programmes, du niveau, des exigences, de la notation, de l'orientation ou des diplômes n'est pas abordée. Ou difficilement ; au forceps, à contrecoeur. Un peu comme si l'on n'était pas ici pour parler de l'école et de l'avenir des élèves, mais d'une garderie, ou d'un camp de vacances.
(...)
AFP du 16/01/04 : Luc Ferry esquisse les contours de la future loi d'orientation.
(...)
Recentrage sur les apprentissages fondamentaux et prise en compte de facteurs nouveaux comme la violence scolaire par exemple: la future loi "doit être un véritable programme d'action et pas seulement un cours de philo", a déclaré le ministre-philosophe en présentant ses voeux à la presse.
(...)
Le Monde du 09/01/04 : A la rentrée 2004, le nombre d'enseignants augmentera dans le Sud et baissera dans le Nord.
(...) "Nous avons donné instruction aux recteurs de préserver les collèges, où se jouent beaucoup de choses. Il n'est pas normal de baisser leurs moyens au bénéfice d'une multiplication d'options aux lycées pour une petite poignée d'élèves. Il y a là une dérive élitiste", développe M. de Gaudemar.
(...)
Le Monde du 08/01/04 : Les deux raisons de participer au débat national sur l'école, par Claude Thélot.
(...) Les choix que le gouvernement et le Parlement auront faits n'iront évidemment pas dans le sens de chacune des opinions exprimées, faute de consensus, mais ils auront été faits en ayant pleine connaissance et conscience de ce qu'auront dit les citoyens, du moins de ceux qui se seront exprimés. Réussie, cette forme de démocratie participative n'a pas vocation à se substituer à notre démocratie parlementaire, mais à l'enrichir.
(...)
Le Canard enchaîné du 07/01/04 : Synthétisons les synthèses de synthèses !
(...) Surtout que Thélot a précisé d'emblée l'importance qui sera accordée à la grande synthèse des synthèses : « Si le débat reflète correctement ce que les Français pensent, le gouvernement en tiendra compte » (« Le Monde » 16/11/03). Et comment savoir que ce débat « reflétera correctement » ce qu'ils pensent ? En s'arrangeant pour que la synthèse reflète exactement ce que le gouvernement veut que les Français pensent, évidemment !
(...)
Marianne du 05/01/04 : Profs, pourquoi ils sont devenus des boucs émissaires..., par Bernard Maris.
(...) Contrairement à la vulgate marxiste, l'alphabétisation des Français et la gratuité de l'enseignement n'ont rien à voir avec la constitution d'une main d'œuvre qualifiée destinée à servir le grand capital; au contraire la conjonction de ces deux idées traduit la volonté d'asseoir le fait républicain (2). Ferry poursuit l’œuvre de Guizot, créateur des écoles normales départementales (1835). Légiférant alors qu'une grande partie de la population enfantine est déjà scolarisée, son projet va bien au-delà: "Former le travailleur, instruire le citoyen, éduquer l'homme à la liberté", c'est-à-dire autant d'intentions qui participent de la volonté de cimenter la République et la nation.
(...)
Daily Telegraph du 03/01/04 : Une conservatrice en rangers donne des leçons à l’Education Nationale
" On ne cessait de nous répéter que l’important c’est de donner aux enfants l’envie d’apprendre. ", dit-elle. " Je ne suis pas d’accord. Je pense que tous les enfants ont envie d’apprendre. L’important c’est de leur donner l’envie et la capacité de travailler. " Selon elle, cela est d’autant plus important pour les enfants d’immigrés qui ont besoin d’aide pour aborder une culture différente de la leur. " Ils ont besoin de bases solides pour pouvoir progresser socialement ", dit-elle. Elle considère que les théories basées sur l’épanouissement de l’élève au travers du jeu peuvent fonctionner pour des élèves qui ont reçu une éducation solide de leurs parents. Mais pour les autres, une éducation sérieuse est trop précieuse pour être parasitée.
(...)
Le Monde de l'éducation, janvier 2004 : Robert Wainer, l’alpiniste de " Sauver les lettres "
Engagé dans le mouvement de défense de la littérature, Robert Wainer est avant tout un enseignant passionné qui partage avec sa classe son amour des beaux textes. En y associant les autres formes d'art, l'alpiniste qu'il est ouvre à ses élèves la voie vers les sommets culturels.
(...)