Libération du 04/07/03 : Prof de terminale en quatre jours.
(...) Lors de l'une des quatre journées de formation qui m'ont été accordées pour mon insertion professionnelle, j'ai appris de la bouche d'une formatrice enthousiaste que mes compétences toutes fraîches non seulement me permettraient d'enseigner au niveau du bac, mais faisaient de moi une correctrice potentielle !
(...)
Juin 2003
Ouest France du 30/06/03 : Français : les lettres ou la langue ?.
(...) Dans les programmes actuels, les oeuvres « doivent plutôt servir à illustrer les genres et les registres. On demande surtout aux élèves de connaître des techniques », déplore Agnès Joste, membre du collectif « Sauvez les lettres ». (...)
Libération du 30/06/03 : La décentralisation contre l'éducation, par Esther Duflo.
(...) L'effort consacré à l'entretien, à l'orientation, et peut-être aux surveillants pourra à terme varier d'un endroit à l'autre, en fonction des ressources de la région ou du département, ou de la priorité accordée à l'éducation. Le danger est que les dépenses chutent le plus dans les établissements situés dans les zones les plus défavorisées.
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Libération du 28/06/03 : Un mal être mathématique.
(...) Les plus optimistes se désespèrent à tenter sans cesse d'expliquer aux étudiants comment calculer un pourcentage, ou ce que, à la génération précédente, on appelait une règle de 3 (au programme de l'école primaire, puis de la classe de troisième). Et comme on ne peut faire en quatre ans ce qui n'a pas pu l'être en quinze, on retombe en maîtrise sur les mêmes perplexités.
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Le Figaro du 27/06/03 : Elisabeth Barbier : «L'école, un monde à préserver».
(...) Comment cet héritier de Fichte et de Kant, et donc en principe républicain, soucieux du respect des compétences, porteur d'une conception de l'instruction qui englobe le don de soi et ne peut se rationaliser totalement a-t-il pu être en harmonie avec les réformes Allègre, et se déclarer aujourd'hui solidaire de la décentralisation ?
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Le Monde du 24/06/03 : Un mauvais coup pour l'Université, par Antoine Compagnon.
(...) La construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche mérite mieux. Pour les universités françaises, elle peut être la chance d'une refondation indispensable, incitant à la coopération des établissements complémentaires, notamment sur un site géographique, afin qu'ils soient en mesure de traiter d'égal à égal avec leurs partenaires hors de France, encourageant à l'émulation, à l'excellence et à la responsabilité, développant des procédures d'évaluation indépendantes, concurrentielles et claires.
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Nouvel Observateur du 19/06/03 : Rendre les sciences humaines, entretien avec M. Porchet.
(...) Dans la plupart des concours aux grandes écoles, les questions sont les mêmes depuis des années, comme si le monde n'avait pas changé. Les enseignants parlent de baisse de niveau des jeunes: il n'en est rien! Le problème est qu'ils persistent à attendre d'eux les réponses qu'on leur a enseignées il y a dix, vingt ans ou plus. (...)
Libération du 19/06/03 : Une expérience inédite de Marie Curie.
(...) Des universitaires de haut niveau font faire des expériences à des enfants pour les amener à découvrir les principes fondant les phénomènes naturels : voilà qui évoque singulièrement la pédagogie de «La Main à la pâte», à l'avant-garde, aujourd'hui, de la réforme de l'enseignement des sciences dans le primaire, comme le souligne Yves Quéré, de l'Académie des sciences, en préface des Leçons.
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Marianne du 16/06/03 : La révolte des désespérés.
(...) " Toutes ces réformes, explique Jean-François Mattéi, déstabilisent les professeurs comme groupe social. Ils ne peuvent plus croire dans le caractère sacré du savoir ni de la transmission quand les contenus mêmes sont affectés. " Et de rappeler en plaisantant la formule de Nietzsche : " Nous croyons encore en Dieu, puisque nous croyons à la grammaire. " " Les profs ne croient plus en Dieu, mais ils ne croient même plus en la grammaire. "
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Le Monde diplomatique, juin 2003 : Décentraliser l'éducation pour mieux la privatiser, par Franck Poupeau.
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Lorsqu'ils ont fait le tour de la ville, les enseignants de Korsec ont été abasourdis de découvrir combien les écoles des « beaux quartiers » étaient mieux équipées. Les idéologues de la décentralisation ne mentionnent pas le clientélisme larvé que celle-ci véhicule. Dans bien des écoles, le nettoyage est déjà réalisé par des sociétés privées, et la cantine assurée par Sodexho. Plutôt que de privatisation générale, le système d’enseignement est découpé et vendu par morceaux. La distribution des parts de marché par les municipalités peut même se faire sous couvert de service public. Mais les écoles les plus démunies, et dont les publics sont les moins « rentables » en termes de votes, ne vont pas en tirer profit. Pour l’enseignement primaire, les effets de la décentralisation et de la « gestion locale » ne sont pas seulement différenciés entre les régions, mais entre les établissements d’une même ville, voire d’un même secteur.
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Comme si l'école était une entreprise..., par Christian Laval et Louis Weber.
(...) Jusqu'ici, en France, et pour des raisons culturelles et politiques profondes, le néolibéralisme en matière scolaire ne s'affirmait pas franchement. La crainte du rejet par l'opinion publique était forte. Pourtant, il est permis de se demander si M. Ferry n'est pas en train de rompre avec cette relative retenue, tout en pratiquant, davantage encore que ses prédécesseurs, le double langage. S'il regrette ainsi qu'"au cours des dernières années le modèle retenu pour guider les cadres de l'école" ( conf de presse, 2.09.02) soit devenu celui du management d'entreprise, c'est pour immédiatement préconiser "un nouvel équilibre entre la fonction de l'Etat, ses échelons déconcentrés et ses partenaires locaux (...), la responsabilisation des acteurs locaux (ayant) montré son efficacité". Plus récemment, le 21 mars 2003, devant le colloque annuel de la Conférence des présidents d'université, il a indiqué que, pour "faire face au défi de la compétitivité", il faut "organiser notre offre de formation" en conséquence. Ce qui est précisément reprendre non seulement le langage, mais les modes de pensée de la marchandisation de l'éducation.
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Libération du 16/06/03 : Ecole: le vrai débat se fait attendre.
Des tabous sautent, mais reste le principal : la remise en cause des connaissances et de ses modes de transmission.
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Libération du 14/06/03 : Les mots de la grève.
(...) Enfin, et pour continuer dans le droit fil de cet exercice de rigueur, je dirais que si j'avais eu à écrire une lettre ouverte, je l'aurais écrite «à ceux qui aiment l'école... publique». Mon titre ainsi s'en serait trouvé plus long d'un adjectif que celui du ministre. Il est vrai que puisque ces quelques lignes visaient à rappeler que les mots ont un sens, force est de constater que leur absence aussi, fût-elle celle d'un simple adjectif.
(...)
L'Express du 12/06/03 : La fuite vers le privé.
(...) D'autres tablent sur la carte de l'élitisme et des recettes d'antan. Tel le cours Hattemer, institution parisienne sélecte, hors contrat, 3 800 euros l'année. Au fond du couloir principal trône en majesté le portrait de Rose Hattemer, fondatrice des lieux. 9 heures: les enfants s'alignent. Dans son bureau, le directeur, Jean-Pierre Jousse, explique qu'il voit affluer les élèves du public. Exclus ou juste à la recherche d'un renflouement à coups de «fondamentaux», c'est-à-dire les connaissances de base: «Déboussolés par le laxisme, la perte de contenus, les réformes successives, les parents viennent chercher ici des méthodes à l'ancienne, sûres, intensives».
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Le Figaro du 12/06/03 :
«Cet examen est un rituel social», entretien avec Philippe Meirieu
(...) Le ministère vient de décider de ne plus faire entrer dans l'évaluation du baccalauréat les «travaux personnels encadrés» (TPE). C'est une régression qui compromet la crédibilité de l'examen.
Dernières Nouvelles d'Alsace du 11/06/03 : L'épreuve de français : contenu et controverse.
Les élèves de première passeront vendredi la nouvelle épreuve anticipée de français. Ils choisiront peut-être le sujet d'invention, très critiqué par certains professeurs de lettres. (...)
Tribune de Genève du 12/06/03 : L’ARLE s’attaque aux réformes du Cycle.
(...) Selon le rapport de l’ARLE, le fait de mélanger des jeunes de différents niveaux dans un même cours tire la qualité générale vers le bas. "Ainsi, par exemple, imposer à tous les élèves une même dotation horaire en français (...), conduit à pénaliser autant les élèves qui ont besoin de plus de temps et d’encadrement que ceux qui peuvent (et veulent) progresser plus rapidement." Un autre point ciblé par le rapport de l’association est la disparition d’une vraie filière scientifique. (...)
Tribune de Genève du 11/06/03 : 28000 citoyens ouvrent la voie.
Le comité de l'initiative " Pour le maintien des notes à l'école primaire " vient de déposer au Service et élections de la République et canton de Genève 28012 signatures. Ce score record démontre une volonté bien affirmée de nos concitoyens. (...)
Le Figaro Magazine du 06/06/03 : Pour en finir avec la poudre aux yeux, entretien avec Agnès Joste.
(...) Le professeur de français ne souffre en vérité d'aucun "malaise". Il est heurté de plein fouet par une mesure objective : à l'entrée en sixième le déficit de français aura encore augmenté. Pour ce qui est du collège, une année sur quatre années est désormais perdue. Le lycée n'échappe pas à ce rognage systématique, notamment en classe de seconde. Que voulons-nous ? Le droit de faire honnêtement notre métier : l'enseignement d'une langue au niveau du primaire, et d'une pensée en arrivant au bac.
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Marianne du 02/06/03 : Ils veulent casser l'école, par le collectif Sauver les lettres.
(...) Nicolas Sarkozy a proposé de reporter à la mi-septembre le dépôt du texte au Conseil d'Etat, prélude à sa présentation en conseil des ministres. Prévue initialement ce mois-ci, celle-ci est de facto renvoyée à l'automne, l'examen du texte par le Parlement étant programmé fin décembre-début janvier.
(...)
Libération du 02/06/03 : Sarkozy reporte la décentralisation.
(...) Nicolas Sarkozy a proposé de reporter à la mi-septembre le dépôt du texte au Conseil d'Etat, prélude à sa présentation en conseil des ministres. Prévue initialement ce mois-ci, celle-ci est de facto renvoyée à l'automne, l'examen du texte par le Parlement étant programmé fin décembre-début janvier.
(...)
Mai 2003
Le français dans le monde mai-juin 2003 : Entretien avec Paul Ricoeur.
(...) Il est très difficile de ne pas éprouver des degrés différents de sympathie pour les personnages. L’identification à des modèles qui vont du fascinant à l’abject est dérangeante. La contradiction entre ce qui fascine littérairement et provoque parallèlement une répulsion morale (voir la séduction exercée par Lolita de Nabokov) est en soi pédagogique. Elle contraint à se former un jugement soit parce que l’œuvre n’en comporte pas, soit parce qu’elle propose des identifications contraires.
(...)
Le Monde du 31/05/03 : Ecole et civilisation, par Christian Laval.
(...) Et Luc Ferry alors, qui leur dit pourtant les mots qui apaisent, qui consolent, ne devraient-ils pas plus l'apprécier ? Non. Ils ne veulent pas les mots, ils ne veulent pas être payés de mots. Luc Ferry a perdu auprès d'eux tout crédit, donc la partie, du jour même où il s'est transformé en VRP de la ligne gouvernementale pro-marché : l'austérité "malgré lui", une décentralisation qu'il ne souhaitait pas, une réforme des retraites dont il veut ignorer les effets sur les personnels de son administration qu'il prétend défendre et comprendre. Profond refus d'une politique tournée vers la "France qui gagne" façon Medef.
(...)
Le Monde du 28/05/03 : Entretien avec Claude Thélot, ancien président du Haut Conseil de l'évaluation de l'école.
(...) Dans les écoles primaires et maternelles, les crédits pédagogiques peuvent connaître des écarts allant, selon les estimations, de un à dix. Pourquoi ?
Ce qui compte, ce sont avant tout les pratiques. L'équipe pédagogique, les livres, les branchements Internet, les ordinateurs, c'est bien. Mais les inégalités dépendent moins des équipements que de leur usage, c'est-à-dire des pratiques des enseignants.
(...)
Libération du 27/05/03 : L'instruction publique interdite par la loi, par Maurice Sachot.
Si on veut éviter la balkanisation de la France et de l'Europe, il importe que les principes et l'exigence d'une instruction européenne soient les fondements de l'éducation dans toute l'Europe.
Le Monde du 21/05/03 : Luc Ferry ou la course à la sornette, par Samuel Johsua.
(...) Baisse des budgets, mise en concurrence des établissements, autoritarisme, remise en cause des contenus d'enseignement eux-mêmes : tout cela fait système. Avec, au bout du chemin, le genre de réforme que vient d'imposer Berlusconi en Italie. Les "trois I" -"Inglese, Internet, Impresa", pour anglais, Internet, entreprise -, qui vont officiellement diriger l'éducation, de l'école élémentaire à l'université. Lui, au moins, s'est battu à drapeau déployé. Quand ce gouvernement a multiplié des mesures imposées au coup de force en les présentant toujours comme "techniques" et en espérant que la logique politique n'apparaîtrait pas.
(...)
Ecole : le coût de l'ennui, par Paulette Maillard.
(...) Un rappel à l'ordre et à la tradition qui n'est pas pour déplaire à la fraction la plus conservatrice du corps enseignant.
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US Magazine du 19/05/03 : Accéder à la culture, entretien avec Catherine Henri.
(...) Le sujet d’invention est une petite lâcheté de plus à l’œuvre dans les programmes, parce qu’il est presque impossible à évaluer et faussement facile. J’entends par là que les élèves le choisissent souvent au baccalauréat, pensant qu’ils le réussiront mieux que la dissertation ou le commentaire composé. Or seuls ceux qui ont une culture générale solide et une bonne maîtrise de la langue peuvent le traiter. S’il faut vraiment un troisième sujet, je crois qu’il serait encore préférable de donner aux élèves déconcertés par la dissertation ou le commentaire un corpus de textes avec des questions.
(...)
Le Parisien du 18/05/03 : "Il faut maintenant se mettre autour d'une table".
(...) Sur les retraites, le principe général est posé et nous ne reviendrons pas dessus. Mais des avancées pour les enseignants sont tout à fait possibles concernant l'application de ces principes. De même sur la décentralisation, qui ne sera d'ailleurs effective, au mieux, pas avant septembre 2004 : les modalités de son application sur le terrain ne sont pas encore totalement définies.
(...)
Libération du 17/05/03 : Le PS compte sur l'aubaine pour faire oublier Allègre.
(...) D'ores et déjà, François Hollande a décidé de lancer à la rentrée des «assises de l'Education nationale», réunissant professeurs, parents et tous ceux qui se sentiront concernés par le sujet, afin de bâtir un «projet éducatif» comparable à ce que fut le projet éducatif du PS dans les années 70.
(...)
AFP du 17/05/03 : Jack Lang fait appel "à l'esprit civique" des enseignants pour les examens.
Jack Lang (PS), ancien ministre de l'Education nationale, a fait appel samedi "à l'esprit civique et à l'esprit de responsabilité des éducateurs pour que les examens puissent se dérouler normalement". (...)
Le Figaro du 16/05/03 : Les Américains unis pour démanteler l'exception culturelle.
(...) L'ICRT se prononce «pour l'irréversibilité du transfert des compétences vers l'Union et l'interdiction faite aux Etats de l'Union d'exercer quelque action que ce soit sans autorisation préalable (de la Commission) en matière de commerce électronique et de radiodiffusion» (Point 9). (...)
Les biblioclastes contre Luc Ferry, par Robert Redeker.
(...) Cette barbarie militante exprime la désintellectualisation des professeurs, galopante depuis quelques années. Dans les collèges et lycées, les bibliothèques ont été supprimées ; on leur a substitué des Centres de documentation et d'information. Dans les locaux de ces CDI, les bibliothécaires ont été remplacés par des documentalistes : il n'existe plus dans les établissements scolaires de spécialiste du livre, désacralisé et banalisé. (...)
Le Nouvel Observateur du 15/05/03 : Les désarrois de l’élève Ferry.
(...) Ferry n’a pas l’habitude d’être un mal-aimé. Alors, il exagère un peu. Il parle «d’autodafé» quand des enseignants chahutent son livre-programme! «Depuis les années 1930, on n’avait plus profané de livre.» Il a quelque chose de Giscard à la fin de son septennat, en 1981. Du modernisme recalé, une bonne foi blessée, l’envie de dialogue qui ne rencontre plus que l’indifférence ou l’hostilité. (...)
Le Canard enchaîné du 14/05/03 : Ferry, de plus en plus Allègre.
(...) "Six manifs dans l'Education en quelques mois, c'est du jamais vu, s'est plaint Chirac, la semaine dernière, devant ses ministres. Luc Ferry a mis le foutoir chez les enseignants et parmi les autres personnels de l'Education. C'est le maillon faible du gouvernement." (...)
Libération du 14/05/03 : 10 élèves par CP.. mais pas toute la journée.
(...) Comme nous l'avions expliqué (Libération du 11 mai), l'idée du ministère, déjà évoquée dans une note adressée fin avril aux recteurs, est de pouvoir former des petits groupes «pendant les temps d'apprentissage de la lecture et de l'écriture (2 h 30 par jour)». Le reste du temps, la classe reprendra son effectif normal.
(...)
Le Monde du 10/05/03 : Luc Ferry engage la plus grande réforme de l'université depuis 1984.
(...) Son avant-projet de loi, qui devait être transmis aux syndicats vendredi 9 mai, prévoit de renforcer l'autonomie des universités. Elles pourront désormais gérer librement leur budget. Il poursuit également l'harmonisation européenne des diplômes avec le système licence-master-doctorat.
(...)
L'Humanité du 07/05/03 : Jusqu'où ira la grève ?
(...) Décentralisation ? Au début de l'année, les projets n'avaient rien de très concret à leurs yeux. Mais la campagne gouvernementale s'est intensifiée. Et le rapport du Conseil d'État, en mars, leur a fait prendre conscience de l'ampleur de la réforme, qui parle d'adapter l'enseignement à la compétition internationale. " C'est en débat à l'OMC : ouvrir la santé, la recherche et l'éducation à la concurrence. "
(...)
Libération du 07/05/03 : Ecole, l'illusion d'un ordre ancien, par François Dubet.
(...) Qu'allons-nous faire des élèves qui n'auront ni la chance ni la grâce de se plier à ce nouveau jeu ? Suffira-t-il de les déverser vers une professionnalisation précoce pour que le modèle restauré fonctionne en paix ? Pense-t-on un instant que l'école pourra être un îlot d'autorité traditionnelle dans un monde de plus en plus démocratique et individualiste alors que les élèves ont besoin de se soumettre à une autorité qu'ils trouvent légitime et juste, sachant que, par ailleurs, ils demandent de l'autorité ? Imagine-t-on que la généralisation des redoublements sera la réponse à tous les problèmes ; que fera le ministère dont le budget est limité quand le taux de redoublants explosera ?
(...)
Libération du 06/05/03 : Ferry exaspère une école en colère.
(...) Luc Ferry demeure pourtant dubitatif sur les motifs de la grogne. Interrogé il y a dix jours par la presse sur les mobilisations en cours, il les impute à «la gauche», dont il est bien seul à penser qu'elle tente ici de se refaire une santé (lire page 4), et aux médias qui, dès août 2002, avaient publié des fuites sur le budget 2003 de l'Education et lui auraient ainsi savonné la planche. Hier, sur RTL, il a de nouveau brocardé «l'image d'immobilisme que donnent ces grèves à répétition». Il se veut zen. Il a déjà dit qu'il attendait «avec calme et sérénité que la tornade se déplace». C'était le 12 novembre.
(...)
Les raisons du désarroi enseignant.
(...) Le prétendu «immobilisme» que dénonce Ferry n'empêcherait pas une telle évolution : autant la «réformite» et les «réformettes» exaspèrent, autant les personnels sont demandeurs d'un grand dessein, dès lors qu'il ne les placera pas de facto en situation d'échec. Or l'exigence de faire réussir tous les élèves est aujourd'hui impossible à atteindre. Du moins tant que cette «réussite» restera cantonnée au seul registre des matières «nobles», de la culture légitime.
(...)
Libération du 05/05/03 : Luc Ferry est hors sujet, par Denis Paget.
(...) En vérité, toute l'analyse de Luc Ferry pèche gravement par omission des causes économiques et sociales de la crise scolaire qui pèsent autrement plus lourd que la supposée vague de jeunisme qui aurait envahi l'Ecole, même si, il faut le reconnaître, les conceptions officielles qui ont longtemps prévalu ont servi de prétexte à une démocratisation à bon compte qui ne s'est guère souciée de la solidité des connaissances transmises.
(...)
Le Monde du 04/05/03 : L'élève doit-il demeurer au centre du système scolaire ?.
(...) Les prises de position de Luc Ferry ne sont donc pas neutres. Lui-même avait d'ailleurs dû essuyer ces critiques lorsque, président du Conseil national des programmes, il défendait l'interdisciplinarité et l'assouplissement des programmes. Le ministre de l'éducation sait que ses déclarations sur les "interprétations démagogiques" de la loi de 1989 et sa volonté de placer "la relation entre l'élève et les savoirs" au centre du système recevront le soutien d'une partie des enseignants. Le SNES, principal syndicat du second degré, a déjà réagi en considérant que la notion "mérite d'être interrogée".
(...)
Jean-Pierre Chevènement : "le savoir au cœur de l'école".
(...) J'avais fait mienne la critique du "réformisme pieux": j'avais établi des programmes courts et clairs. Les ministres qui m'ont succédé ont revu ces programmes et diffusé des circulaires d'application ou des directives plus ou moins claires.
(...)
François Bayrou : "L'élève, but et centre de l'enseignement".
(...) Si certains ont cru que mettre l'élève "au centre du système éducatif" c'était perdre de vue le rôle du guide qu'est l'enseignant, l'effort nécessaire qui oblige l'élève à se découvrir et dans bien des cas à se surmonter lui-même, et perdre de vue le niveau de connaissance, d'expression et d'esprit critique à atteindre, alors ceux-là évidemment se sont trompés.
(...)
Jack Lang : "Une école élitaire pour chacun".
(...) Dans un discours du 2 avril 1880, il [Jules Ferry] préconisait déjà de "placer l'élève au cœur de notre école" grâce à des "métho-des -pédagogiques- nouvelles", qui éveillent "la spontanéité de l'enfant pour en diriger le développement au lieu de l'emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il n'entend rien".
(...)
Claude Allègre : "Revenir sur ce principe me paraît archaïque".
(...) Aujourd'hui, le collège doit parvenir à reconnaître la diversité des talents. Dans le même temps, je suis partisan d'un examen de lecture à l'entrée en sixième dans la mesure où un élève qui entre au collège sans savoir lire est mort socialement. Jamais plus il n'apprendra à lire.
(...)
Avril 2003
American Educator, Spring 2003 : The Early Catastrophe.
By age three, children from privileged families have heard 30 million more words than children from poor families. By kindergarten the gap is even greater. The consequences are catastrophic. (...)
Reading Comprehension Requires Knowledge of Words and the World.
With a scientific consensus established on how best to teach decoding, we've reached the next reading frontier : increasing reading comprehension. Among poor children, low comprehension is ruining their chances for academic success. Among all children, comprehension scores are stagnant. Convincing research tells us that key to both problems is to systematically build children's vocabulary, fluency, and domain knowledge. (...)
Libération du 29/04/03 : Explications de texte de Ferry l'incompris.
(...) Charles Baur, président du conseil régional Picardie : «Dans votre livre, vous insistez beaucoup sur "lire-écrire", pas sur compter.» Ferry : «C'est moins invalidant. Et puis, il y a les calculettes.» (...)
Le Monde du 24/04/03 : Pas de débat au Parlement en juin sur l'éducation.
(...) Le débat parlementaire prévu en juin devait constituer un des temps forts de l'élaboration de la politique du ministère après la Lettre à tous ceux qui aiment l'école que vient de transmettre M. Ferry aux enseignants (Le Monde du 17 avril). Mais il arrivait dans un contexte social sensible, sur fond de réforme des retraites et d'opposition des syndicats à la décentralisation de près de 110 000 agents de l'éducation nationale."
(...)
Dans les quartiers difficiles, les enseignants réduisent leurs exigences afin de négocier une relative "paix sociale".
(...) "La gestion des difficultés sociales des familles, préoccupation omniprésente, finit dans certaines écoles par mobiliser le temps et les énergies au détriment du sens des apprentissages et du niveau d'exigences cognitives", écrivent les auteurs. Ils défendent une approche plus traditionnelle. "Dans les quartiers difficiles, les élèves ont plus qu'ailleurs besoin de s'appuyer sur un enseignement structuré, rigoureux, méthodique, qui développe le goût du travail bien fait et centre les activités sur les apprentissages fondamentaux."
(...)
Le Monde du 22/04/03 : Une décentralisation contre l'école ?, par Gérard Aschieri, Christian Dubot, Patrick Gonthier, Bernard Groseil et Jean-Luc Villeneuve.
Décentraliser davantage l'éducation nationale, pour quoi faire ? C'est à cette question que nous attendons vainement, avec l'ensemble des citoyens, une réponse qui soit autre chose qu'un acte de foi en la proximité. (...)
Libération du 22/04/03 : Ecole: gare à la logique binaire, par Jean-Michel Zakhartchouk.
(...) Mais le plus grave est que ces oppositions énoncées par le plus haut niveau de la hiérarchie mènent à l'impasse parce qu'elles reviennent à prendre le parti d'une faction crispée sur ses représentations passéistes. (...)
L'Express du 17/04/03 : Luc Ferry : l'anticonformiste.
(...) Le pédagogisme? «La régression de l'illettrisme ne vient ni de la massification ni des moyens en personnel, mais de méthodes catastrophiques : la langue française, c'est un héritage que l'on reçoit, une tradition. Il y a deux règles qui ne naissent pas de la spontanéité : la grammaire et la civilité.» (...)
Le Monde du 17/04/03 : Luc Ferry adresse son livre-programme à 800 000 enseignants.
La publication de la Lettre à tous ceux qui aiment l'école, jeudi 17 avril, suscite une polémique entre Luc Ferry et la gauche. Face au PS qui dénonce une opération d'"autopromotion", M. Ferry se dit victime d'une "entreprise de déstabilisation des ministres de la société civile" (...)
Le Monde du 15/04/03 : Luc Ferry face à la grogne des présidents de région.
(...)
A plusieurs reprises, le ministre a justifié cette opération de décentralisation par des demandes émises, selon lui, par les collectivités locales. Mais au-delà de la méthode, la décision gouvernementale suscite des réticences de fond. (...)
Le Figaro Littéraire du 10/04/03 : La littérature sinistrée. Entretien avec le ministre de l'Éducation
nationale.
(...) J'ai toujours défendu la dissertation mais il est vrai que les
élèves ne la choisissent plus au bac que dans une infime proportion. (...) Quant à l'écriture d'invention, il ne faut pas
caricaturer. C'est un exercice
qui peut être lui aussi très intelligent quand il est bien enseigné.
Il ne s'agit nullement, comme
on le croit parfois, de demander
aux élèves de s'épancher, mais,
pour prendre un exemple
simple, de continuer une oeuvre
attestée. Cette démarche est
complémentaire de la dissertation et non exclusive. (...)
Dominer par le savoir ou par l'ignorance ?.Par Jean-Marie Rouart, de l'Académie française.
(...) Ce qui est particulièrement grave, c'est que les nouvelles méthodes scolaires sont en train de dégoûter à jamais les élèves de la littérature. On est en train de retirer à la lecture toute notion de plaisir, de l'enténébrer de glose, de jargon
structuraliste, de niveler l'art en le ravalant à un témoignage et à un article de journal. En mettant sur le même
plan un texte de Proust et une déclaration de Zidane, on est en train de démanteler cette hiérarchie qui plaçait l'art au sommet et qui constituait ce qu'on appelle
la civilisation. En abaissant
le niveau au lieu de tenter
d'élever les élèves défavorisés vers des textes qui auraient pu être des bouées de
sauvetage dans l'océan de
médiocrité que propose la
télévision, on leur ôte toute
chance d'échapper à leur
handicap social. (...)
Le Figaro du 10/04/03 : Formation des profs : Luc Ferry réforme a minima.
(...) Le Syndicat national des enseignements du second degré (Snes), classé à gauche, se réjouit que le projet «ne remette pas en cause l'existence même des IUFM», tandis que le Snalc, plus proche de la droite, déplore «l'abandon de toute volonté de réforme». (...)
Libération du 10/04/03 : Grogne perlée dans l'Education nationale.
(...) Dans le même temps, les relations entre les syndicats et le ministre se dégradent. Hier, ils ont accueilli sévèrement les annonces de Luc Ferry en Conseil des ministres sur la formation des enseignants pourtant très en retrait des projets initiaux et qui repoussent les principales mesures à la rentrée 2004. (...)
Le Monde du 10/04/03 : Les élèves français savent lire mais manquent de confiance.
(...)
Ces constats émanent de l'enquête "Évaluation internationale en lecture des élèves du primaire" (étude Pirls, du Boston College) (...) Organisée en 2001 dans 35 pays par l'Association internationale pour l'évaluation du rendement scolaire (IEA), cette enquête visait à mesurer les performances en lecture de 146 000 élèves achevant leur quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France)
(...)
Libération du 09/04/03 : Luc Ferry veut réformer la formation des enseignants.
(...) Cette réforme doit s'effectuer par voie réglementaire et législative. Son calendrier sera précisé ultérieurement, a indiqué Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement. (...)
Le Monde du 03/04/03 : Education : les faux-semblants de la décentralisation, par Sophie Audoubert, Laurence Dubois et Julie Lasserre.
(...)
Contradictions et mauvaise foi apparaissent de manière évidente sur deux points fondamentaux, et intrinsèquement liés, du débat qui nous occupe : d'une part, sur le statut des fonctionnaires et la menace réelle – bien que niée par M. le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche – d'un démantèlement de l'éducation nationale ; de l'autre, sur le maintien d'une organisation nationale du système éducatif dans son ensemble. (...)
Libération du 02/04/03 : Tirs nourris contre Luc Ferry.
(...)
IUFM. Journée d'action hier assortie d'une lettre ouverte à Luc Ferry signée par une trentaine d'élus lyonnais, de droite et de gauche (3), contre les «réformes brutales» imposées par le ministre. Et un premier résultat pour les contestataires : Ferry a reporté sine die ses annonces sur la formation des enseignants, prévues le 9 avril en Conseil des ministres.
Libération du 01/04/03 : SOS Education, attention danger.
(...)
L' association est indépendante au plan légal, mais pas neutre au plan politique : elle se rattache à une nébuleuse parfaitement identifiée. On la retrouve sur le site Internet conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l'analyse d'un manuel d'histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. (...)
Mars 2003
Le Monde de l'éducation, mars 2003 : Programmes de français au lycée : une controverse du genre épique.
L’un est l’auteur de programmes que l’autre considère comme une " trahison ". Alain Viala a présidé le groupe d’experts auprès du Conseil national des programmes qui a conçu les nouveaux programmes de français en vigueur au lycée aujourd’hui. Agnès Joste est professeur de lettres au Havre et membre du collectif Sauver les lettres. Débat. (...)
Le nouveau bac de français : peut mieux faire.
L’introduction d’un exercice d’imagination et la modification des épreuves orales du baccalauréat ont, semble-t-il, provoqué une baisse sensible des notes de la session inaugurale. Le ministère tempère… (...)
Le Monde du 27/03/03 : Education nationale : pourquoi il faut décentraliser, par Luc Ferry.
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Pierre Mauroy [...] dans son fameux rapport sur l'avenir de la décentralisation, remis à Lionel Jospin le 17 octobre 2000, écrivait : depuis 1983, "les collectivités territoriales ont assumé pleinement leurs responsabilités en matière de construction, entretien, maintenance des locaux. Elles ont su agir avec célérité et efficience là où l'Etat avait tardé. La logique implique maintenant que les quatre-vingt-quinze mille personnels affectés aux tâches d'entretien et de maintenance soient mis à disposition des collectivités territoriales. Les collectivités gèrent et entretiennent ces bâtiments alors que les personnels compétents ne sont pas placés sous leur autorité. Cette situation est incohérente". (...)
Libération du 25/03/03 : Guérilla pédagogique à l'Assemblée.
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En déposant plus de 3 000 amendements au projet de loi sur les assistants d'éducation, dont l'examen commence aujourd'hui à l'Assemblée, le PS ne devrait pas empêcher Luc Ferry de continuer à avancer sur ce dossier. (...)
Le Temps du 24/03/03 : À l'école, " les notes ont le mérite de la clarté ".
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L'Association Refaire récole (ARLE), qui a lancé une initiative pour le maintien des notes à l'école dont la récolte de signatures arrive à échéance le 23 mai prochain, vient de recevoir le soutien du Parti radical genevois. Son comité directeur a en effet décidé à l'unanimité, la semaine dernière, d'appuyer la démarche d'ARLE. Nouveau président de la Commission de l'enseignement et de l'éducation du Grand Conseil genevois, le député radical Jacques Follonier livre sa réflexion sur les réformes ainsi que les notes à l'école.
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L'Express du 13/03/03 : Comment moderniser l'école ?.
Claude Allègre, ancien ministre de l'Education nationale, et Xavier Darcos, ministre délégué à l'Enseignement scolaire, confrontent ici leurs points de vue (...)
Le Figaro du 11/03/03 : Formation des professeurs : le rapport qui accuse.
(...) L'État a une propension à relayer la demande sociale «en multipliant de façon inflationniste ses attentes vis-à-vis des maîtres, de telle façon que la formation à la fonction enseignante apparaît souvent d'une complexité accrue». Aujourd'hui, les enseignants doivent agir sur tous les fronts: «Éducation à la citoyenneté, maîtrise de la langue, éducation à l'orientation, mais aussi éducation à la santé ou à la sécurité routière...» Pour ne citer que ceux-là.
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Corriere della sera du 10/03/03 : L'imposture des diplômes courts et des leçons faciles, par Francesco Alberoni.
Je m'adresse à tous les jeunes qui s'apprêtent à rentrer à l'université. Si vous voulez comprendre vous-mêmes, le monde où vous vivez, faire carrière, jouir d'un succès durable, revenez aux études classiques, aux facultés de lettres, de langues et littérature, à la philosophie. Et si vous faites de l'économie, ou de l'ingénierie, ou de la médecine, ne vous limitez pas à votre spécialité, épanouissez votre esprit par d'autres lectures, par d'autres cours.
(...)
Février 2003
Le Monde de l'éducation, février 2003 : Allemagne : un exemple à ne pas suivre.
(...) Après avoir connu l’humiliation de se voir reléguée en bas du tableau scolaire, l’Allemagne doit donc admettre que son modèle fédéral, qui tente aujourd’hui la France, contenait en germe les faiblesses qui apparaissent aujourd’hui au grand jour. (...)
Le Monde du 21/02/03 : Bien parler n'est pas servile.
Le "bon français", outil de ségrégation sociale ?
LA LANGUE EST-ELLE FASCISTE ? Langue, pouvoir, enseignement, d'Hélène Merlin-Kajman.Seuil, "La couleur des idées", 416 p., 24 €.
(...) Hélène Merlin-Kajman, qui rappelle ces formules, souligne leurs conséquences perverses dans l'enseignement. "Attaquer le français classique signale qu'on est de gauche",note-t-elle. Aussi voit-on des professeurs se refuser à imposer des normes, à jouer d'autorité, renonçant à sanctionner des fautes qui, dans le fond, n'en sont pas. Pire : on incitera les tout jeunes esprits à la dérision et à l'impertinence spontanée, au risque de les priver à jamais de la possibilité de se construire au sein d'un espace collectif de représentation. On ne s'étonnera pas qu'en fin de compte les enfants deviennent "mutiques et violents". (...)
La grammaire, enjeu pour la littérature.
Gilles Philippe analyse le débat sur la langue des écrivains qui a marqué la IIIe République des lettres.
SUJET, VERBE, COMPLÉMENT Le moment grammatical de la littérature française, 1890-1940 de Gilles Philippe. Gallimard, "Bibliothèque des idées", 258 p., 15 €.
(...) Pendant la première moitié du XXe siècle, l'idée a été largement débattue selon laquelle la littérature est un discours partiellement ou complètement spécifique par rapport aux discours non littéraires. Comment ? "On a ramené la question de la littérature à celle de la langue littéraire et celle de la langue littéraire à celle de la grammaire, considérée comme la charpente des productions langagières. (...) En mettant au cœur du débat la question de la grammaire, on passait (...) de la définition humaniste de la littérature comme corpus -les œuvres- à une définition formaliste de la littérature comme pratique de la langue". (...)
L'Express du 20/02/03 : La face cachée du Monde.
Journal de référence pour tous ceux que l'information passionne, le grand quotidien du soir est mis à nu par le livre événement de Pierre Péan et Philippe Cohen. L'Express en publie les bonnes feuilles (...)
Libération du 11/02/03 : Education : l'évaluation change de tête.
(...)
Les
Le conseil, qui
évalue la capacité du système éducatif à
s'évaluer, était présidé jusqu'à la semaine
dernière par Claude Thélot (...) Sa succession devrait être
assurée par Christian Forestier (...)
Le Monde du 07/02/03 : Vers la pénurie d'enseignants de sciences, par Pierre Arnoux, Claudine Robert et Jacques Treiner.
(...)
Les Etats-Unis ne maintiennent leur potentiel scientifique que grâce à une politique d'immigration massive de jeunes en provenance des pays
asiatiques et de Russie, et leur système d'enseignement des sciences dans le secondaire est, au dire même de leurs responsables nationaux,
proche du naufrage. D'autres n'ont pas cette faculté d'attraction, et des politiques ultra-libérales ont dans certains pays, comme l'Angleterre,
contribué à éloigner les jeunes de l'enseignement des sciences. (...)
Le Monde du 01/02/03 : M. Ferry veut réformer les IUFM en renforçant le rôle des universités dans la formation des enseignants.
(...)
M. Ferry envisage ainsi de transférer aux universités la première année de formation des futurs professeurs du second degré, essentiellement
consacrée à la préparation des concours de recrutement (principalement les Capes). Les enseignements devraient être recentrés sur les disciplines
académiques, à charge pour les IUFM d'assurer une formation plus professionnelle en deuxième année. Mais, précise le ministère, les universités
devront faire "évoluer leur offre de formation en fonction des besoins des futurs enseignants", avec une adaptation des épreuves aux concours. (...)
Janvier 2003
Le Nouvel Observateur du 30/01/03 : Les pédagos à la lanterne.
«Depuis des années, on ne peut que constater l’obstination du système à se
tromper de problèmes, de solutions, à répondre par un délire organisationnel
aux difficultés de la réalité», écrit Corinne Bouchard, professeur de lettres,
dans son pamphlet, Scènes de la vie charançonne (...)
France-Soir du 27/01/03 : Touche pas à ma bonne vieille grammaire !.
Un collectif accuse les réformes successives d'avoir accru la baisse du niveau d'orthographe des élèves. (...)
Libération du 27/01/03 : «Accepter les élèves ou changer de métier», entretien avec Xavier Darcos.
(...)
Les
personnes qui travaillent dans les
établissements scolaires [anglais] sont tour à tour
enseignant, assistante sociale, orientateur,
travailleur social, intermédiaire vis-à-vis des
familles ou du quartier... Cette polyvalence
crée d'emblée un état d'esprit différent ; j'ai
senti des relations plus naturellement
respectueuses qu'en France, moins
marquées par la hiérarchisation des
rapports. De même, évidemment, que la
présence continue de tous les adultes,
enseignants compris ces derniers passent
32 heures et demi par semaine dans leur
établissement. Tout cela est à l'évidence
efficace pour améliorer le comportement des
élèves. Quand je parle de rouvrir le dossier
du métier d'enseignant, je pense à ce genre
de questions. (...)
Le Monde du 24/01/03 : A un ami ministre, par Philippe Meirieu.
(...) Tu fus, cher Luc, pendant que Lionel Jospin était à Matignon, un prestigieux président du Conseil national des programmes. Je suis, pour ma part, directeur d'un IUFM. Et je souhaite pouvoir continuer à faire mon travail comme tu as continué, pendant la cohabitation, à faire le tien. En fonctionnaire loyal. Mais sans renier mes convictions ni compromettre l'avenir. Il ne tient qu'à toi que cela soit possible. Comme il ne tient qu'à toi de mettre fin à mes fonctions.
Le Monde du 22/01/03 : Prof dans le "neuf-trois", Collèges de France, morceaux choisis.
(...) Osons dire qu'aplatir tous les mots et sembler prêt à exploser d'agressivité dès qu'on ouvre la bouche n'est digne de personne. Il faudrait aussi se demander si l'on peut avoir des pensées profondes et subtiles avec vingt mots de vocabulaire. Que l'on cesse de croire que chaque môme est un petit MC Solaar. Il n'y a pas grand-chose de rigolo dans tout cela, il n'y a qu'un registre de discours limité et souvent assez laid. Un registre discriminant, aussi, celui de la misère sociale comme culturelle.
Tribune de Genève du 14/01/03 : Les Genevois voudront-ils garder les notes à l'école ?.
"Il y a le feu au primaire" avait déclaré André Duval, enseignant primaire, lors de l’assemblée fondatrice de l’association Refaire l’école (ARLE), fin 2001. Le feu, c’est la rénovation du primaire. Plus précisément: la suppression des notes et le remplacement des années scolaires par deux cycles de quatre ans. Les pompiers de l’ARLE ont donc décidé de sortir le tonne-pompe et la grande échelle. (...)
Le Monde du 14/01/03 : "Pour les pédagogues, le plaisir de l'élève est essentiel dans l'apprentissage", entretien avec Jean-Didier Vincent, président du Conseil national des programmes.
(...)
Le niveau de familiarité avec les outils scolaires est déterminant. Quand l'élève ne sait pas ce qu'est un livre, quand il n'est jamais allé dans un musée, quand l'enseignement lui paraît étranger, la rencontre avec ces objets peut provoquer de l'aversion. C'est comme présenter un film de cow-boys à un singe : il va s'ennuyer. (...)