Le Figaro du 27/12/02 : Brevet européen, le français à la casse ?.
Des travaux parlementaires sont en cours sur une éventuelle ratification de la France d'un protocole (dit de Londres) modifiant le régime linguistique de la Convention sur le brevet européen. Si ce protocole était ratifié, le français, une fois de plus, serait sacrifié. (...)
Le Monde du 25/12/02 : Noël au tison, par Bertrand Poirot-Delpech.
(...)
De quelque service qu'il surnage, le rapport préfacé par M. Raffarin ne laisse plus place au doute quant à la continuité consensuelle des visées
gouvernementales : assimiler notre patrimoine universel à une survivance centralisatrice et retardatrice, promouvoir de force des parlers en voie
d'extinction ou venus d'ailleurs. Foin de Racine, Molière, Voltaire, Diderot, Chateaubriand et Valéry ! (...)
US Mag du 20/12/02 : Langue : impossible maîtrise ?, entretien avec Agnès Joste.
(...)
L’invention devient ainsi erratique : peu importe le fond, faux ou anachronique, pourvu qu’on ait une forme. C’est le mauvais jeu de rôle érigé en sujet d’examen. Mais sans contenu maîtrisé, la langue n’existe plus et ses règles s’effondrent : dans les copies, Hector parle à son père comme un lycéen à ses camarades. L’évaluation de devoirs forcément médiocres sur des sujets aussi ambitieux et imprévisibles, se dérobant à tout apprentissage et ne favorisant que les bons élèves, est alors impossible, ce qui mine le « bac de français ». (...)
Libération du 19/12/02 : La valse des recteurs, un grand classique.
(...)
Ironie de l'histoire, c'est un ancien recteur promu par la gauche qui doit mettre en oeuvre la reprise en main du mammouth : Alain Boissinot, directeur de cabinet de Ferry, ancien directeur des Lycées et Collèges de Bayrou, avait été nommé recteur par Lang. (...)
Vive la pensée moderne, par Dominique Rousseau.
(...)
Oui, messieurs les grincheux, il y a des «problèmes»: les élèves ne sont plus ce que nous avons été, l'école n'enseigne plus ce que nous avons appris, la nourriture n'est plus celle qui nous a nourris, la politique ne se déroule plus dans le cadre de l'Etat-nation, les enfants ne se font plus comme nous avons été faits, le père n'est plus le chef suprême de la famille que nous avons aimée... (...)
Le Monde du 18/12/02 : L'audit qui relativise les besoins en recrutement d'enseignants.
(...)
Même si les besoins de recrutement sont relativisés par l'audit, l'inquiétude quant aux risques de pénurie de candidats demeure. Sur ce second
point, qui figurait dans leur lettre de mission, les inspecteurs généraux se demandent si "le vivier des futurs enseignants", en l'occurrence les
licenciés, permettra d'effectuer les recrutements nécessaires "sans une baisse de qualité excessive". Les tendances récentes sont préoccupantes
dans les disciplines scientifiques, notent les auteurs de l'audit. Le nombre d'étudiants marque le pas. Le nombre de licences est en baisse sensible
depuis 1999 avec, par exemple, un recul de 36 % pour les maths, de 32 % pour la physique-chimie ou encore de 27 % pour l'histoire-géographie. (...)
Luc Ferry assure la promotion de l'enseignement professionnel.
(...)
L'ensemble de l'intervention n'a pas provoqué de réactions marquées de la part des chefs d'établissement. Si ce n'est celle d'un proviseur de Besançon, pointant la contradiction entre la volonté de revaloriser l'enseignement professionnel et le choix d'y envoyer les élèves les plus en difficulté. "Si les lycées professionnels apparaissent comme un remède ultime pour les élèves en difficulté, ceux-ci risquent de devenir leur fonds de commerce", a relevé ce chef d'établissement plus téméraire que ses collègues.
Les surveillants et aide-éducateurs en grève.
(...)
Le mouvement est cependant beaucoup plus suivi dans les académies où des collectifs jeunes sont mobilisés depuis plusieurs semaines déjà, organisant des manifestations avec souvent le soutien des lycéens qui demandent à garder leurs "pions". C'est le cas notamment en Corse (93,88 % de grévistes chez les surveillants et 65,83 % chez les aide-éducateurs) dans l'académie de Nantes (73,81 % et 50 %) et celle de Toulouse (73,39 % et 52,96 %), selon les chiffres ministériels. (...)
Libération du 16/12/02 : «L'école pour tous, c'est tenir les exigences», entretien avec Dominique Borne.
(...)
En tout cas, il faudrait sortir du débat sur le «collège unique». Ce qui permet de préserver l'unicité, ce sont les programmes. A condition de trouver un nouvel équilibre : les normes trop inspirées de la culture des élites ne sont pas moins porteuses d'inégalités qu'une baisse des exigences. C'est ça, le «pour tous» : tenir les exigences, tout en aidant ceux qui en ont le plus besoin. (...)
Le Figaro Magazine du 07/12/02 : Ecole : ce que vos enfants n'apprennent pas.
(...) Et si le "maillon faible", ce n'était pas le collège mais l'école primaire ?
Reportage à Médréac, un petit village breton, peuplé d'irréductibles instits.
(...) Leur "projet pédagogique" ?
Lire, écrire, compter (...) Les quatre plus mauvais instituteurs de la région ...
Etudes secondaires : le grand mensonge.
(...)
(...)
Libération du 06/12/02 : La guerre scolaire invisible, par Jean-Luc Mélenchon.
(...)
Pourquoi cet acharnement à vouloir un collège unique, mythique et à jamais irréalisable, comme si la scolarité obligatoire s'arrêtait en fin de troisième. Comme si, à 16 ans, l'écrasante majorité des jeunes ne se trouvait pas en lycée. Et donc comme si la vraie question n'était pas de savoir si oui ou non nous sommes décidés à emmener 80 % de chaque classe d'âge au bac. (...)
Libération du 04/12/02 : Sortir le collège de la crise, par Denis Paget.
(...)
La réforme Bayrou revoyait alors à la baisse les horaires des élèves en 6e et installait des «fourchettes horaires» au cycle central qui ont permis de réduire un peu plus les heures d'enseignement pour financer des «parcours diversifiés», «travaux croisés», aujourd'hui «itinéraires de découverte» dont les plus fervents partisans reconnaissent qu'ils sont une approche stimulante pour les élèves très autonomes mais d'un faible rendement pour les autres. (...)
Le Monde du 04/12/02 : Les nouveaux dévots du social-christianisme, par Jean-Claude Milner.
(...)
Un détail : après cent autres auteurs, Daniel Lindenberg fait de "l'école pour tous" un des critères majeurs de la différence entre progrès et
réaction. Le problème, c'est que nul ne met en cause l'école pour tous – elle existe après tout depuis plus d'un siècle. Ce dont parle Lindenberg,
c'est d'une politique qui a mis en place la même école pour tous. Bref, le collège unique. Tout s'éclaire alors. S'il y marque tant d'attachement, c'est
que le collège unique est l'un des moyens de prévention les plus efficaces contre le savoir et la pensée. (...)
Le Monde du 03/12/02 : Faillite idéologique, par Samuel Johsua.
(...) Au strict point de vue scolaire, un collège unique est parfaitement envisageable, à condition que la nature des contenus de savoirs qui y seraient
traités et celles des méthodes pédagogiques utilisées ne soient pas alignées sur les souhaits des classes moyennes supérieures, véritables
bénéficiaires des options en place depuis vingt ans. (...)
Un "Munich" éducatif, par Bruno Mattéi.
(...) Pendant trente ans, on a évité de poser la seule question qui aurait dû importer : si l'on voulait vraiment un collège unique, alors il fallait inventer
une nouvelle culture scolaire. Soit une culture commune, où "commun" prenne un sens qui ne soit pas seulement celui du niveau ou d'un programme
minimum, mais d'abord celui de valeurs à partager pour exister et apprendre sans exclure, sans s'exclure. (...)
Du collège unique au collège différencié, par Paulette Maillard.
C'est un fait, le collège unique, monolithique et rigide, a fait son temps. Place au collège différencié. Un collège diversifié dans ses objectifs
éducatifs et ses programmes. Un collège souple, adaptatif et beaucoup plus efficace dans les procédures pédagogiques. Un collège profondément
réformé et qui, conformément à la loi d'orientation de 1989, vise la promotion de tous les élèves par le succès au maximum des possibilités de
chacun. (...)
Le Monde du 02/12/02 : M. Raffarin veut améliorer la formation.
(...)
Le collège doit être unique dans sa mission mais diversifié dans ses expériences. L'idée d'une orientation en quatrième permet de valoriser tous les talents. (...)
Novembre 2002
Le Monde du 30/11/02 : Le Conseil d'Etat a annulé l'intégration des écoles Diwan dans l'Education nationale.
Le Conseil d'Etat a annulé, vendredi 29 novembre, l'intégration des écoles Diwan dans l'enseignement public, estimant que ces écoles qui pratiquent l'enseignement en breton contreviennent à la loi, qui stipule que "la langue de la République est le français". (...)
Le Monde du 27/11/02 : Le collège unique en sursis.
(...) Au sein même de la FSU, commanditaire de l'enquête et principale fédération du secteur, il met en évidence les dissensions entre ses deux composantes majeures. D'un côté, le SNES-FSU, qui syndique des enseignants de collèges et de lycées, considère qu'"il est aujourd'hui impossible (...) de parvenir à scolariser efficacement tous les élèves jusqu'en troisième". Pour sa direction, seul l'octroi de "moyens importants" permettra d'"inventer des solutions nouvelles". Au passage, elle glisse que "rien n'a été entrepris pour éviter les échecs les plus graves bien en amont du collège" . La critique, même mesurée, n'a pas laissé le SNUipp-FSU indifférent. Ce syndicat, qui rassemble justement des enseignants de "l'amont" (maternelle et primaire), a, à son tour et pour la première fois en dix ans, pris position, assurant "ne pas renoncer" au principe du "collège unique". (...)
Le Nouvel Observateur du 21/11/02 : La loi, dans l’intérêt des enfants, par Philippe Meirieu.
(...) Le pédagogue reconnaît que la gauche enseignante, dans la foulée de 68, a laissé s’instaurer un certain laxisme. Mais pas question pour lui d’entériner un retour en arrière à une autorité dogmatique. Il s’agit au contraire de défendre une autorité «réfléchie, où l’adulte assume la loi dans l’intérêt de l’enfant», «une autorité qui autorise». Pour lui, l’enseignement doit aussi se délester de cette «didactique jargonnante» qui poussait à s’intéresser plus au fond qu’à la forme, sous prétexte que le fond renvoyait à une culture bourgeoise «honnie» et à ses effets de connivence dénoncés par Bourdieu. (...)
L'Express du 21/11/02 : Lire, écrire, compter, par Claude Allègre.
(...) Imaginons que nous décidions que tous les élèves sortant du primaire doivent savoir nager (ce serait d'ailleurs un bon objectif). Imaginons ensuite que, fort de ce principe, on les jette tous en haute mer sans vérifier qu'ils savent effectivement nager. On connaît la suite... Mais c'est ce que l'on fait avec la lecture et, à un degré moindre, avec le calcul. On noie au moins de 10 à 15% des élèves sortant du primaire chaque année. Il faut donc instaurer un contrôle de lecture à l'entrée du collège. (...) La solution paraît simple, mais je crains que, faute de courage, on ne continue à noyer nos enfants. Au nom de l'égalité, quel gâchis! (...)
Le Monde du 19/11/02 : Le revirement des profs sur le "collège unique" laisse les mains libres à Luc Ferry.
(...) Mais la nouveauté vient de la situation des syndicats, qui, avec la gauche, ont traditionnellement défendu ce "collège unique" inventé par la droite en 1975. En campagne pour les élections professionnelles, comment pourront-ils s'opposer frontalement aux choix du gouvernement, alors qu'ils savent pertinemment que leur base est plutôt favorable à l'orientation des "élèves difficiles" vers des classes spécifiques ? (...)
Le Monde du 15/11/02 : Laurent Gaudé obtient le Goncourt des lycéens.
(...) Si Luc Ferry résumait le sentiment général en concluant qu'"il ne
fallait pas confondre les fins et les moyens", les profs prouvent par l'exemple qu'il y a
toujours des possibilités de concilier les deux principes en prenant le programme comme
un guide, une voie plutôt qu'un carcan.
C'est, à l'en croire, la position du ministre qui n'envisage pas de refondre les
programmes en vigueur, mais de les "relire" pour proposer au printemps 2003
quelques aménagements – "des dérogations ponctuelles", commente-t-il.(...)
Commentaires.com du 13/11/02 : La trahison des « experts » scolaires, par Jean Romain.
(...) Agnès Joste, fine et pertinente, analyse les ordonnances officielles et leur a fait rendre sens : de remaniement en remaniement (nous dirions « réformes ») ces gouvernements successifs ont réussi à vider les programmes de littérature française de leur contenu spécifique pour le remplacer par des exercices de classification, des tentatives de reconnaissances typologiques des « textes » (on ne dit plus œuvre mais on dit textes lorsqu’on veut faire moderne), des extraits de romans pour illustrer tel ou tel genre, des exemples littéraires capables d’étayer telle ou telle théorie de communication ; on préfère aux dissertations littéraires les sujets d’invention. (...)
Libération du 12/11/02 : Ferry, une éducation politique à refaire.
(...) Son usage des citations latines, sa tignasse crantée, sa bruyante épouse ne sont pas du goût de Chirac. Le philosophe est accusé de trop en faire. (...)
L'école et l'intégration du religieux, par Régis Debray.
(...) Religion et laïcité sont des mots qui sentent encore la poudre, même au coeur d'un pays et d'un continent qui tranchent avec tous les autres par une sécularisation avancée, un affaiblissement des institutions religieuses classiques, et où pourtant le religieux continue, par maints biais, de faire mouvement. (...)
Nice-Matin du 05/11/02 : Illettrisme : un fléau sous-estimé.
(...) « Aujourd'hui, on aurait tendance à ne pas régler le problème de ces enfants et à les orienter vers l'enseignement professionnel », explique Richard Ghis. « Or, ce n'est pas une solution. Il serait en effet illusoire de croire qu'un maçon ou un plombier n'a pas besoin de savoir lire. On est tout bonnement en train de fabriquer des handicapés sociaux. » (...)
Nouvelle Revue Pédagogique - Lycée, novembre 2002 : Baccalauréat 2002 : premiers bilans.
(...) Quant au sujet d’invention qui a attiré dans certains centres d’examen la quasi-totalité des élèves, il n’a pas failli à sa réputation de sujet piège. Les examinateurs qui corrigeaient les copies des meilleurs lycées ont signalé d’excellentes copies (souvent trop longues toutefois). Mais les élèves en difficulté qui ont cru aller à la facilité en choisissant ce sujet ont souvent produit des textes aberrants, souvent très difficiles à évaluer. Parfois, la situation proposée n’était pas comprise, jusqu’au lien de parenté entre Priam et Andromaque qui a donné lieu à des contresens dans certaines copies. (...)
Octobre 2002
Lettre d'information de Reconstruire l'école, octobre 2002 : Réponse de Pedro Cordoba à la lettre de Gérard Gonfroy.
(...) Vous avez cependant raison sur un point : les griefs exprimés par ces deux collègues – dont, si je comprends bien, vous regrettez qu’ils soient professeurs – sont en effet d’une grande « banalité ». Rien d’original dans leurs propos : ils recoupent d’innombrables prises de position analogues dont vous me permettrez de citer celles d’un très grand savant récemment disparu et d’un homme politique assez connu, situés aux deux bouts du large spectre qui va de l’extrême-gauche humaniste à la droite civilisée. Dès 1991, Laurent Schwartz lançait cet avertissement prophétique (ou simplement lucide) : « Si le développement des IUFM se poursuit comme il a commencé, il mènera l’enseignement secondaire à un désastre sans précédent dans son histoire ». Quant à François Fillon, alors ministre de l’enseignement supérieur, il dénonçait le 17 juin 1993 des « structures pernicieuses, aux mains de médiocres ou d’illuminés ». (...)
Magazine littéraire, octobre 2002 : Tzvetan Todorov, l'invention de l'individu.
(...) "Il ne faudrait pas qu’on enseigne la modalisation et la focalisation au lieu de Baudelaire et Flaubert ! " (...)
Libération du 31/10/02 : Xavier Darcos évoque un collège multiple.
(...) Ensuite, Xavier Darcos a «ouvert» le débat sur le statut des enseignants. Régi par un décret de 1950, il fixe essentiellement les «obligations de service» des professeurs ; en clair : leur temps de travail, actuellement défini en nombre d'heu res passées devant la classe (15 heures pour les agrégés, 18 pour les certifiés). (...)
Télérama du 23/10/02 : "L'Université ne sait plus quel savoir transmettre et devient une halte-garderie", entretien avec Jacques Darras.
(...) Les étudiants sont gagnés par l'illettrisme. Nous subissons les effets conjoints de l'homogénéisation du collège unique (au nom de la démocratisation de l'enseignement, il n'y a plus de différenciations de filières dans le secondaire) et d'une société de consommation immédiate qui a marginalisé le livre. Les étudiants en arrivent donc à s'asseoir sur les bancs de la fac sans appétit de savoir, comme dans une halte-garderie, juste pour consommer des examens de fin de semestre. (...)
Libération du 23/10/02 : La leçon d'économie infligée à l'école.
(...)
Luc Ferry a fini par prendre la parole en milieu de soirée. Comme à son habitude, il a tenté de désamorcer les critiques de l'opposition en s'appuyant sur la période Allègre-Lang, dont il a extrait ses rapports favoris. Le premier fait état de «21 à 42 % d'élèves rencontrant de graves difficultés de lecture à l'entrée en CM2» et fonde la priorité gouvernementale sur la «lutte contre l'illettrisme». (...)
L'hémicycle devra plancher sur le fond.
(...)
Hier, Pierre-André Périssol, rapporteur (UMP) du budget de l'Education, a demandé, à l'Assemblée, l'organisation d'un débat sur «ce qui doit constituer le socle fondamental commun transmis par l'école à chaque élève à l'issue de sa scolarité obligatoire». Dans la soirée, Luc Ferry a donné son accord de principe sans en préciser encore les modalités. (...)
Libération du 22/10/02 : Ici Jules Ferry, à vous Luc Ferry.
(...)
Luc Ferry :
Je me disais que certains apprenants ont encore du mal à segmenter l'énoncé oral en mots.
Le spectre de Jules Ferry, traduisant :
Vous voulez dire que certains élèves distinguent mal les mots dans une phrase ?
Luc Ferry :
Il y a de ça. Mais grâce à mes outils d'aide à l'évaluation, je comprends que ces enfants ont parfois le français comme non langue maternelle.
Le spectre de Jules Ferry :
Et alors? Vous croyez qu'ils parlaient le français, mes élèves, quand ils arrivaient à l'école? Vous vous trompez, ils parlaient le breton, le basque, le savoyard... J'insiste : que faites-vous? (...)
Marianne du 21/10/02 : Ecole, les 10 mesures qui peuvent tout changer, par Natacha Polony.
(...)
Marianne a décidé de faire un pari : oui, le sauvetage est encore possible. Le navire n’a pas coulé, ses fonctionnaires, dévoués et compétents, sont désireux de se mobiliser; on peut en colmater les voies d'eau et le remettre à flot.
Comment ? En opérant 10 réformes, 10 révolutions, inspirées par l'expérience, guidées par le bon sens. Dix propositions pour sauver l'école publique : certaines pourront sembler choquantes (rétablir la sélection), d'autres obscures (supprimer les IUFM). Aux lecteurs de juger. Et aux politiques d'agir – enfin ! -, sans considérations partisanes ou idéologiques. (...)
L'Express du 17/10/02 : "Il existe en France une inégalité linguistique", par Alain Bentolila.
(...) Pour aggraver les choses, on enseigne le français dans les filières professionnelles comme en maîtrise de linguistique: on leur fait étudier le «schéma narratif», l' «arrière-plan» et l' «avant-plan», le «champ lexical» ou encore les «connecteurs d'argumentation», des concepts de pseudo-analyse sémiotique éloignés de l'univers du bon sens. C'est une forme de désespoir pédagogique qui révèle un vrai renoncement à faire partager à des élèves de culture populaire la vibration intime qu'engendre un beau texte. (...)
Libération du 14/10/02 : L'école en travers de la gorge.
(...) En préalable, le lecteur est en effet prié de croire que l'école «va à vau-l'eau» et que le métier d'enseignant fait l'objet d'une «liquidation en règle» (Maschino) ; que, «de l'avis unanime, le navire du système éducatif, trop lourdement chargé, est en train de sombrer» (Laux et Weiss) ; ou que l'école française est engagée dans une pente qui la mène inéluctablement vers le modèle américain d'une école où «l'épanouissement» compte plus que les savoirs (Altschull). (...)
Le Monde du 08/10/02 : Sciences humaines : une mauvaise politique, par Tzvetan Todorov.
(...) pour que jaillisse l'étincelle interdisciplinaire, il ne suffit pas de juxtaposer deux savoirs déjà constitués, il faut qu'une personne – dans l'isolement, la solitude et le silence – confronte sa propre manière de penser à celle d'un autre individu traitant du même objet et pourtant de façon toute différente (...)
Le Figaro du 07/10/02 : Comment l'université doit reconquérir les étudiants, entretien avec Luc Ferry.
(...) Il faut, dès l’école, rééquilibrer dans l’enseignement des sciences, d’un côté les aspects spontanéistes portés par des programmes tels que la main à la pâte qui s’appuient sur l’expérimentation, de l’autre les cours magistraux. Il ne s’agit pas de retomber dans le tout disciplinaire, mais il faut moins privilégier la logique d’éveil qui prévaut depuis les années 70. (...)
Septembre 2002
Libération du 30/09/02 : Contre l'illettrisme, urgence !, par Alain Bentolila.
(...) A l'entrée au collège, 14 à 15 % des élèves se trouvent en difficulté sérieuse de lecture ; cela signifie qu'ils seront en échec scolaire majeur puisque sur 100 élèves en difficulté en sixième, 94 le sont encore en troisième. Brutalement livrés à eux-mêmes dans la structure morcelée du collège, ces élèves vont s'enfoncer année après année dans le long couloir de l'illettrisme. (...)
Le Monde du 29/09/02 : Les intellectuels se divisent sur le journal de Mme Agacinski.
(...) M. Finkielkraut refuse de s'en tenir aux analyses de l'épouse de M. Jospin sur l'échec de la gauche. "Sans appartenir au Pôle républicain, je n'ai pas voté Lionel Jospin à cause de la part qu'il a prise dans la destruction du peu qui restait de l'école à laquelle, enfant d'immigré, je dois tant." (...)
20 minutes du 23/09/02 : Pourquoi l’illettrisme n’est pas près de diminuer.
(...)A l’instar du pompier pyromane, le ministre de l’Education nationale affirme vouloir s’attaquer au problème, après avoir pourtant dirigé pendant huit ans le Conseil national des programmes. S’il se contente de reprendre la réforme Lang, il ne fera que poursuivre le plan de communication bien rôdé par son prédécesseur. (...)
The Boston Globe du 22/09/02 : Questions arise over laptops' use as learning tool.
(...)Joshua Angrist, an MIT professor of economics, and Victor Lavy, a professor at the Hebrew University of Jerusalem, found that the deployment of 35,000 computers in Israeli primary and middle schools in the mid-1990s did not result in higher student scores on standardized achievement tests. Indeed, they found a decline in fourth- and eighth-grade math performance. (...)
Tribune de Genève du 20/09/02 : Des enseignants se mobilisent pour tuer les réformes.
"Le maintien de la note n’est pas négociable: si Martine Brunschwig Graf ne nous suit pas sur ce terrain-là, nous irons devant le peuple", a lancé Jean Romain, président de l’Association Refaire l’Ecole (ARLE) qui tenait mercredi soir son assemblée générale. Une initiative populaire réclamant le maintien d’une évaluation chiffrée pourrait donc être lancée "dans les prochains mois", si le projet de loi promis par la présidente du Département de l’instruction publique ne donne aucune garantie sur ce sujet. (...)
Libération du 18/09/02 : L'édition française au plus offrant, par Alain Absire.
(...) Quel est le danger, si nous attendons les bras croisés que la catastrophe soit arrivée ? Tout simplement que les sinistres prédictions de J2M concernant notre exception culturelle ne se réalisent, sous les coups de boutoir d'une expression artistique standardisée. Qui, parmi nous, souhaite que l'esprit matérialiste sous-tende la transmission aux plus jeunes de nos connaissances ? Et qui préfère que le rapport immédiat aux événements, considérés d'un point de vue plus sensoriel que raisonné, plus virtuel que réel, l'emporte dans notre littérature ? (...)
Le Monde du 17/09/02 : Peu de candidats profs.
(...) Le nombre de candidats dans le second degré diminue rapidement : 6,7 % de postulants de moins que l'an dernier, lors de la session 2002. Les Capes et les agrégations ont perdu plus du quart de leurs candidats en six ans. On a longtemps regretté la surqualification des candidats aux concours, il y a de bonnes raisons aujourd'hui de s'alarmer de la qualité future des recrutés. Avec cinq candidats par poste en moyenne, l'éducation nationale peut certes encore garantir le niveau de ses professeurs de lycée. Mais avec la diminution attendue des étudiants dans l'enseignement supérieur, les difficultés de recrutement risquent de s'accentuer. (...)
Les Échos du 13/09/02 : L'école, problème économique.
« Notre système scolaire s'affaisse par en bas et se vide par en haut », s'alarme Marcel Gauchet, praticien et théoricien de l'éducation. (...) Claude Allègre portait ses ultimes conséquences l'idéologie pédagogique en vogue depuis une trentaine d'années, responsable du désastre actuel du système éducatif. « L'individualisation radicale de la pédagogie, l'alignement sur les intérêts supposés des élèves, l'interaction pour loi et pour guide, et pour finir la liquidation des contenus au profit d'une citoyenneté érigée en panacée universelle: on connaît les recettes par coeur. » « On connaît aussi Leurs résultats », ajoute Marcel Gauchet. Par son excès de zèle, le ministre a fait prendre conscience aux enseignants du mur dans lequel ils allaient. C'est pour cela qu'ils se sont révoltés, souvent maladroitement. Claude Allègre, en revanche, a été habile. II a camouflé la banalité gauchiste de sa pédagogie sous des dehors de modernité entrepreneuriale. Et il a su communiquer, ajouter la modernité des médias à ses allures de patron de choc. « C'est un cas. On a reproché en général aux socialistes d'être de gauche dans le discours et de droite en pratique. Allègre, lui, était à droite dans le discours et de gauche en pratique. » (...)
La Libre Belgique du 05/09/02 : Les surdoués, ça n'existe pas, par Adrien Gratus, enseignant.
Ce que certains veulent faire pour 5 pc de la population, des soi-disant surdoués, c'est en fait pour 100 pc de la population qu'il faut le faire. (...)
Sud-Ouest du 05/09/02 : Alerte aux parents !, par Maurice T. Maschino.
Que ferait-on d'une hôtesse de l'air qui prendrait la place du copilote et donnerait des ordres au pilote ? On l'internerait. Ou d'une famille qui, s'introduisant dans une salle d'opération, surveillerait avec suspicion les gestes du chirurgien ? On l'expulserait sur-le-champ. Et l'on aurait raison. Mais que des parents, parfaitement incompétents en matière de pédagogie, se croient justifiés d'intervenir, de mille façons, dans la vie de l'école et la conduite de la classe paraît normal à beaucoup. Quand c'est folie pure et contribue à la débâcle de l'institution. (...)
Le Nouvel Observateur du 05/09/02 : Luc Ferry : «Effort et autorité»
Assujettir l’enfant à des règles est devenu réactionnaire. En matière d’apprentissage de la langue, c’est catastrophique, car, à ce niveau au moins, la langue est avant tout un patrimoine hérité, une tradition. Elle ne s’invente pas. Pour apprendre à lire et à écrire, il faut passer par des moments de vrai travail, de «par cœur», de «répétition». Dans bien des domaines, l’innovation est une chose formidable, mais je ne suis pas sûr que la créativité des élèves en matière de règles de grammaire soit toujours à encourager. (...)
Libération du 05/09/02 : «L'âge d'or n'a jamais existé», entretien avec Denis Paget.
(...) Je n'ai jamais rencontré un professeur de lettres qui ait renoncé à enseigner la littérature à ses élèves. De plus, les programmes du lycée sont entièrement centrés sur la littérature. On peut les contester, mais les assimiler à une oeuvre de «décervelage», comme je l'ai lu, est totalement faux. (...)
«Plus de 200 pages, et c'est la révolte».
(...) Jusqu'à il y a cinq ans, «s'ils avaient lu un livre, c'était "Jamais sans ma fille" (Betty Mahmoody), et encore pour les filles. Maintenant, c'est Stephen King.» (...)
Education week du 04/09/02 : Internet Access Has No Impact
On Test Scores.
(...) "The results show no evidence that Internet investment had any measurable effect on student achievement," their report says, basing that conclusion on the mean test scores from the schools studied, the fraction of students from each school scoring above the 75th percentile for the state, and the percentage of students scoring above the 25th percentile.
Le Canard enchaîné du 04/09/02 :
Une éducation très surveillée.
(...) On ne peut contester à ce gouvernement une remarquable cohérence. Le vieil Hugo, du temps qu'il militait de toutes ses forces contre l'horreur pénitentiaire et pour le progrès social, au centre duquel il plaçait l'école, avait lancé à l'adresse du gouvernement de l'époque : "Quand vous ouvrez une école, vous fermez une prison !"
Raffarin ayant entrepris d'ouvrir des prisons, il est bien naturel qu'il songe à fermer des écoles...
Le Monde du 03/09/02 : École : retour aux sources, par Jack Lang.
(...) Aux oubliettes la méthode globale ! Place à un horaire spécial pour la grammaire, elle-même recentrée sur la relation entre le verbe et son sujet et entre le verbe et les compléments. Place au retour de l'orthographe reposant sur l'intelligence de la syntaxe et du lexique. Place à la connaissance exigeante des conjugaisons et à la découverte du vocabulaire.
(...)
Luc Ferry : "l'école est en panne".
(...) En outre, le ministre a cité des chiffres qualifiés "d'inquiétants" tirés d'un rapport du directeur des écoles de Lionel Jospin, en 1998, selon lequel entre "21 % et 42 % des élèves à l'entrée en CE2 paraissent ne pas maîtriser le niveau minimal de compétences de base en lecture ou en calcul, et entre 21 % et 35 % à l'entrée en collège".
(...)
Xavier Darcos : "Il faut que cesse, sur l'éducation nationale, l'empire de la réforme".
(...) Je ne veux absolument pas me laisser enfermer dans un discours qui consisterait à dire : quel type de répression vous proposez ? Parce que ce n'est pas l'objet de l'école. Je crois qu'il faut nous replacer dans un esprit plus hugolien, que chacun retrouve l'idée que, en instruisant, on sauve. Les professeurs en ont tout à fait conscience, je crois.
(...)
A l'école des sorciers, par Philippe Meirieu.
(...) Il y a, enfin, un effet idéologique désastreux de la publication de ces pamphlets : on y mélange tout. On fait semblant de croire que la pédagogie incriminée est née de mai 1968 alors que ceux qui sont visés se réclament, pour l'essentiel, de l'éducation populaire, apparue au XIXe siècle, portée par le Front populaire, passée au crible de la Résistance, formalisée dans le plan Langevin-Wallon.
(...)
En finir avec les IUFM, par Fabrice Barthélémy et Antoine Calagué.
(...) Depuis dix ans, la formation initiale des professeurs est dispensée dans des établissements dits "IUFM" (instituts universitaires de formation des maîtres). On pourrait résumer le bilan de cette expérience dans un consternant triptyque : l' IUFM est inefficace, inutile et parasitaire.
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Le Figaro du 02/09/02 : Après l'alternance politique, l'alternance pédagogique ?, par Guy Coq.
(...) On rêve d'un ministre qui oserait déclarer qu'une politique d'éducation
justifiée il y a trente ans pourrait être devenue aujourd'hui dangereuse,
contre-productive, contraire aux valeurs démocratiques au nom desquelles on
l'adopta. Ce ministre proclamerait l'urgence d'un tournant. Il annoncerait
le retour au réel et à la vérité dans et sur notre école. Il dirait un jour
de rentrée, ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'a osé dire depuis longtemps :
à l'école, pour réussir il faut travailler, il faut consentir à un
investissement personnel dans l'étude.
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Psychologies du 09/02 : Entre plaisir et discipline, par André Comte-Sponville.
(...) Notre ministre, qui connaît Kant comme personne, doit se souvenir de ses “Réflexions sur l’éducation” : seule la discipline « transforme l’animalité en humanité », écrivait Kant, de sorte que « l’on envoie tout d’abord les enfants à l’école non dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ponctuellement ce qu’on leur ordonne ».Ce n’est qu’un début, bien sûr : la discipline, précise Kant, n’est que la partie négative de l’éducation, dont l’instruction est la partie positive. Mais sans ce début, toute instruction véritable est vouée à l’échec. (...)
Le Monde de l'éducation du 09/02 : L’illettrisme, une polémique pour lettrés.
(...) Les nouveaux programmes du primaire, en vigueur cette rentrée, sont ainsi résumés dans le titre d’un appel du collectif Sauver les lettres (1) " Ne plus apprendre à lire, écrire, compter et calculer. ". Comment l’école peut-elle " ne plus apprendre "? Le texte met en cause " le refus de la mémorisation " (et du "par cœur "), la "limitation drastique du temps global consacré aux apprentissages fondamentaux ces trente dernières années " et —alors qu’une majorité d’enseignants du primaire tient le discours inverse — " l’allègement continu des programmes ".
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Août 2002
Le Figaro Magazine du 31/08/02 : Parents et enseignants.
(...) Dont Olivier Simon, 48 ans, cadre commercial vendômois, qui a longtemps eu pour ligne de conduite de « faire entièrement confiance aux enseignants »... jusqu'à ce que l'importance des lacunes scolaires de ses quatre enfants (deux écoliers, deux collégiens) l'inquiète au point de l'entraîner aux réunions de la FCPE et de la PEEP. - J'en suis sorti ahuri, raconte-t-il. Ces gens, par ailleurs cultivés, sont aveuglés par l'accessoire. L'essentiel. à savoir le contenu des programmes et la façon dont nos enfants sont formés, n'est jamais abordé. Il tente pourtant de se faire entendre. Se fait rapidement traiter de « fasciste » pour avoir suggéré que l'on revienne à un peu de discipline et de méthode dans l'enseignement de certaines matières. (...)
Politis du 29/08/02 : Luc Ferry, la leçon de libéralisme.
« Luc Ferry repère les symptômes sans faire l'analyse des causes, selon Christophe Charle. Car il n'a pas pour mandat de réformer en profondeur. Pour la droite, ce n'est pas l'éducation qui change la société, mais l'économie. » (...)
Le Nouvel Observateur du 29/08/02 : Parents, respectez les profs !
«Parents contre profs», le livre de Maurice T. Maschino sort cette semaine chez Fayard. Un réquisitoire terrible contre les parents à l’école – et que beaucoup jugeront injustes. (...)
L'Express du 29/08/02 : Ecole : l'hallali.
(...) En cette rentrée des classes, la plupart des livres sur l'école ne parlent que de débâcle, comme l'indiquent leurs titres: Ignare Academy ou les Naufrages de l'enseignement, de Claire Laux et Isabel Weiss (Nil), Nos enfants ne sont pas nés idiots: pourquoi restent-ils ignorants?, de Guy Morel et Daniel Tual-Loizeau (Ramsay). La Franco-Américaine Elisabeth Altschull fustige L'Ecole des ego (Albin Michel); Maurice T. Maschino agite la banderole Parents contre profs (Fayard), et Agnès Joste s'attelle à la Contre-Expertise d'une trahison: la réforme du français au lycée (Mille et Une Nuits). (...)
«La pédagogie est un art simple», entretien avec Antoine Prost.
(...) Si vous dites que l'important n'est pas d'enseigner les mathématiques à Toto, mais de comprendre comment Toto va pouvoir apprendre les mathématiques - ce qui revient finalement au même - vous passez pour un affreux. (...)
Le Pélerin Magazine du 26/08/02 : L'école fait-elle encore son travail ?
(...) Marc Le Bris, professeur des écoles dans un village de Bretagne, membre du collectif «Sauver les lettres», fait son mea culpa «J’ai mis vingt ans à me débarrasser de cette belle théorie pédagogique qui veut que l’enfant doit bâtir son propre savoir. Mais quel savoir ? Puisqu’il est ignorant, par essence, des choses qu’il vient apprendre à l’école. Observer mon collègue de l’école d’à côté, la caricature exacte du pédagogue à l’ancienne, avec ses dictées, ses leçons à apprendre, m’a ramené à la raison. Les meilleurs élèves de toutes les classes de sixième étaient les siens !» (...)
Le Monde du 08/08/02 : Une langue si « easy », par Dominique Noguez.
(...) En réalité, cette affaire d'étiquetage n'est qu'un galop d'essai. Si personne ne bronche, d'autres suivront, beaucoup plus rudes. Par exemple : pourra-t-on encore longtemps enseigner en français en France (et en italien en Italie, en danois au Danemark, en grec en Grèce) ? La Commission ne tardera pas à soutenir que c'est empêcher l'accès de nos écoles, lycées et universités aux Flamands, Hollandais, Anglais et autres francophiles, qui seraient susceptibles de vouloir y faire leurs classes et qui comprennent, par contre, cette langue si « easy » que la Commission et Romano Prodi sont en train d'imposer discrètement (par exemple dans les négociations avec les pays de l'Est) comme unique langue de communication européenne.
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Libération du 03/08/02 : Mes vingt BEP, c'est le bordel.
(...) Cela n'a en rien empêché 83 % des élèves de la classe qui se sont présentés au BEP (17 sur 20) d'être admis à l'examen (14 sur 17), l'Education nationale ayant fait aux élèves le cadeau empoisonné de les prendre pour des imbéciles. Ainsi, le sujet d'histoire présentait-il un tableau : «nom de l'entreprise : Michelin ; date de création : 1898, lieu de création : Clermont-Ferrand ; créateurs : les frères Michelin. Question : qui a créé l'entreprise Michelin, où, quand ? (6 points sur 20).» (...)