Télérama du 19/12/01 : Mauvaise langue.
La radicalité jubilatoire et salutaire du diagnostic de Colette Ouzilou (Télérama n° 2707) - l'alibi de la dyslexie - mériterait que l'on s'y arrête davantage. Il est urgent de mesurer que le catastrophisme ambiant n'a rien d'exagéré. Pour s'en persuader, je recommande à chacun, armé de son bon sens, d'ouvrir un manuel à l'usage des futurs maîtres (dont je suis). (...)
Libération du 12/12/01 : Les profs défilent en rangs épars.
(...) En queue de cortège, une banderole du collectif Sauver les lettres rappelle, sous le libellé «C'est la littérature qu'on assassine», que le niveau baisse. Une pétition circule pour le faire savoir «à messieurs Lang et Jospin». (...)
Dimanche CH du 09/12/01 : Jean Romain : Les profs ne doivent pas tout accepter par peur de déplaire.
(...) Que l’école ait comme but premier de transmettre rationnellement des connaissances, et que l’école soit préservée des influences extérieures – économiques, religieuses ou psychosociales. Que l’école redevienne cette institution dans laquelle on enseigne. L’école n’est pas un lieu de vie ou un service public, c’est un lieu à part. (...)
Tribune de Genève du 08/12/01 : Qu'est-ce qui cloche à l'école ? Débat entre Philippe Perrenoud et Jean Romain.
L’école suisse a reçu la fessée. Le rapport Pisa 2000, qui compare le niveau des élèves en fin de scolarité obligatoire dans 31 pays de l’OCDE, l’a classée en 17e position (nos éditions du 5 décembre). Quelque part entre la fenêtre et le radiateur. Pire : en lecture, les Helvètes figurent encore plus loin, en 20e position. Un élève sur cinq parvient tout au plus à comprendre un texte simple. (...)
Le Point du 07/12/01 : La mauvaise note de la France.
Une autre mauvaise surprise de ce test comparatif réside dans la relative incapacité de notre pays à corriger l'inégalité sociale entre les élèves. Nos gouvernants ont beau proclamer l'excellence et l'égalitarisme de l'école républicaine, le rapport classe la France parmi les mauvais élèves, au même titre que les Etats-Unis, censés pourtant être les rois de la ségrégation scolaire. (...)
Informations ouvrières du 05/12/01 : L’oeuvre de mort du gouvernement contre l’école.
Les initiatives se multiplient pour résister à l’ "alIégrisme" sans Allègre.
Informations ouvrièresa demandé à deux des initiateurs de la "Lettre ouverte à MM. Jospin et Lang", l’une professeur, l’autre instituteur, d’exprimer leurs motivations.
(...)
Le Monde du 05/12/01 : "Les élèves ont sans doute besoin de pratiquer un écrit plus argumenté", entretien avec Jean-Claude Emin, responsable de l'évaluation à la direction de la programmation et du développement.
(...) Il est fort possible que, dans notre enseignement, l'on ne fasse pas assez d'argumentation en recourant à l'écrit. On fait de l'oral, ce sur quoi les programmes insistent de plus en plus. Or nos élèves ont l'air déroutés lorsqu'on leur demande des formulations un peu longues par écrit. Ils ont sans doute besoin de pratiquer un écrit plus argumenté, et ce dès le collège, alors qu'aujourd'hui, cela intervient plus tard, au lycée. (...)
Le Monde du 02/12/01 : L'enseignement catholique parie sur l'innovation pédagogique.
(...) La proposition la plus spectaculaire conduit à l'annualisation des horaires des élèves, comme ceux des enseignants, pour adapter la durée des cours à chaque discipline. (...)
Novembre 2001
Télérama du 28/11/01 : L'alibi miracle de l'Éducation nationale : tous dyslexiques.
Colette Ouzilou ne mâche pas ses mots : " L'Education nationale est l'ennemi des enfants. " Orthophoniste, elle est l'auteur d'un livre qui met radicalement en cause la méthode semi-globale d'apprentissage de la lecture appliquée en CP. Depuis le début des années 70, on a en effet tourné le dos à la méthode analytique qui consiste à reconnaître les lettres, puis à les associer en syllabes pour ensuite construire un mot. (...)
Le Monde du 27/11/01 : Le Salon de l'éducation s'est clos par un débat politique sur l'avenir de l'école.
(...) La question du collège unique a failli faire entrer les protagonistes dans le vif du sujet. Le représentant du RPR a relevé des contradictions dans le projet actuel du PS, ce qui a conduit Jean-Pierre Sueur à réaffirmer son rejet de principe des "filières". Pour le MDC, Michel Vignal a expliqué que "l'essentiel" se passait à l'école primaire où "il fallait revisiter les méthodes d'apprentissage de la lecture", tandis que rien ne s'opposerait, au collège, à "une orientation progressive à partir de la 5e ou de la 4e". (...)
Le Monde du 22/11/01 : Les jumeaux d'anthologie.
(...) D'eux, au-delà des modes et des temps, et des souffrances à s'y retrouver jadis dans les explications de textes, on sait avoir retenu, outre le goût des livres, une chose : que la littérature n'est rien sans l'histoire de la littérature pour nous ouvrir ce monde.
Le Monde du 14/11/01 : Jack Lang veut relancer la recherche sur l'éducation et la pédagogie.
La direction du programme, associant les ministères de la recherche et de l'éducation, sera confiée à Marie Duru-Bellat, professeur à l'université de Bourgogne, membre de l'Institut de recherche en économie de l'éducation (Iredu). Un comité scientifique sera chargé d'assurer l'évaluation du dispositif. (...)
L'Express du 08/11/01 : Conseil d'Etat : Lang au piquet.
Un autre texte, le «Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire», fait actuellement l'objet d'un recours en annulation déposé devant le Conseil d'Etat par Gilbert Molinier, auteur de La Gestion des stocks lycéens. Depuis quelques années, les marques commerciales tentent de pénétrer l'enceinte scolaire en sponsorisant jeux et concours. Dans cette circulaire, le ministre autorise, sous forme de «partenariats», de sérieux accommodements avec la «neutralité scolaire». (...)
La Tribune de Genève du 07/11/01 : Des profs créent un lobby contre des réformes mal-aimées.
Une septantaine d’enseignants du primaire, du secondaire et du post-obligatoire ont décidé d’en découdre avec des réformes qu’ils considèrent comme autant de dérives mettant en péril l’avenir de nos enfants et de l’école publique. Ils se sont constitués hier soir en association pour défendre une pédagogie centrée sur les savoirs. (...)
Libération du 06/11/01 : L'école se note et en reste là.
(...) Mais «évaluer ne suffit pas pour progresser: il faut que l'évaluation ait un usage». Et c'est là que le bât blesse. «Les évaluations les plus systématiques et les plus claires sont celles qui ont le moins d'importance», explique Claude Pair. Il s'agit des évaluations dites «diagnostiques», qui sont pratiquées en début de CE2, de sixième et de seconde. (...)
Le Monde Diplomatique, 11/01 : Malaise dans l'éducation, par Dany-Robert Dufour.
Citant Michéa et Barrot ainsi que quelques bourdes d'Allègre, Dany-Robert Dufour, professeur de philosophie à Paris-VIII, dénonce notamment les dérives pédagogistes et montre que les enseignants sont désormais formés à être de gentils animateurs et non plus des professeurs.
Selon lui, les origines du mal sont à rechercher dans la télévision (qui fait des enfants des consommateurs zappeurs, reproduisant ce comportement en classe) et la vision néo-libérale du monde (qui n'a pas besoin de citoyens critiques mais plutôt de "crétins procéduriers"). [A.L.]
Octobre 2001
Le Courrier de l’UNESCO, octobre 2001 :
Les profs manquent à l’appel.
Dans tous les pays développés, le corps enseignant vieillit et la relève fait défaut. Pour séduire la nouvelle génération, le système doit d’abord régler ses problèmes de fond. (...)
Le Monde du 31/10/01 : Large progression du contrôle continu au bac professionnel.
Le contrôle continu en cours de formation fait une importante percée dans les épreuves du bacccalauréat professionnel et devient même majoritaire dans l'organisation du passage du diplôme, selon un décret interministériel paru au Journal officiel. (...)
Le Point du 26/10/01 : Une dose de contrôle continu au bac.
(...) Le « bachot », prévu pour une élite, angoisse plus de 600 000 candidats chaque année : une « exception française » de plus en plus coûteuse et difficile à organiser. Les TPE, mine de rien, sont la première étape d'une évolution inévitable.
Libération du 24/10/01 : Le bac 2002 dans le flou philosophique.
(...) Seul le baccalauréat 2002 témoignera en effet de la capacité du ministère à imposer son programme. «La seule fois où nous l'avons fait reculer l'an passé, c'est en menaçant de ne pas jouer le jeu lors du baccalauréat», souligne Michel (...)
Le Monde du 22/10/01 : "Nous assistons à une escalade de l'obscurantisme", entretien avec Pierre Legendre.
(...) La démocratie a été une conquête en Occident, jusqu'au moment où elle s'est retournée en devenant la caserne libertaire. De mon point de vue, il y a connivence de fait entre l'idéologie libertaire et l'ultralibéralisme. (...)
Tribune de Genève du 19/10/01 : Non à la réformite brouillonne de l’école, par François Truan.
(...) Mesdames et Messieurs les conseillers d’État voilà l’occasion rêvée d’œuvrer pour le bien commun en corrigeant les erreurs de vos prédécesseurs. Sachez que nous sommes de plus en plus nombreux dans l'Instruction publique genevoise, à souhaiter que vous ayez enfin le courage de stopper net cette fuite en avant qui revient à sacraliser le changement pour le changement et à confondre progrès et précipitation. (...)
Le Monde du 17/10/01 : La survie du français, cause nationale, par Alain Decaux.
(...) Il faut que, dans nos écoles, nos collèges, nos lycées, le XXIe siècle revienne à la lecture des grands textes que l'on a abandonnée au profit d'une analyse souvent stérile. (...)
L'Express du 27/O9/01 : Les ressorts du fanatisme.
(...) «N'ayant pas été rassasiés par leur formation, avance Kepel, ils ont peut-être trouvé dans leur croyance des réponses à un monde qui leur paraissait opaque.» Cette explication donnerait raison à Voltaire, qui, contre la «maladie épidémique» du fanatisme, prônait un remède plus puissant à ses yeux que les religions et les lois: l'esprit philosophique. (...)
Le Monde du 26/O9/01 : Internet va-t-il démanteler l'école ?
(...) Au début du XXe siècle, des firmes américaines soutenaient déjà le développement de l'éducation par correspondance avec les mêmes recettes. Le résultat a été une énorme banqueroute. En sera-t-il de même avec l'e-learning ? (...) Le nouvel eldorado de la Netéconomie.
Internet renforce le processus de privatisation et de marchandisation de l'offre éducative.
"Il faut des hommes derrière les ordinateurs", interview de Jack Lang.
Depuis qu'il est arrivé à la tête du ministère de l'éducation nationale, en
avril 2000, Jack Lang poursuit la politique lancée par son prédécesseur,
Claude Allègre, en matière de nouvelles technologies, tout en défendant
l'idée que l'école doit rester un " foyer de résistance culturelle ".
Internationalisation et américanisation au programme.
Internet renforce le processus de privatisation et de marchandisation de l'offre éducative.
Marianne du 24-30/O9/01 : Crime contre la culture, par Robert Redeker.
Des états généraux de l'école doivent être mis sur pied de toute urgence. Des réformes, et vite ! La survie de notre école républicaine est à ce prix. (...)
Le Point du 21/O9/01 : Philo : une réforme prudente.
(...) Le constat est rude mais convaincant : il est permis de penser qu'aucun programme de philosophie ne peut résoudre la fracture sociale et que, dans les cités, le modèle légué par Jules Ferry est devenu chimérique.
Science et vie, 09/01 : L'échec des maths à l'école : à qui la faute ?, par Hervé Poirier.
(...) La qualité de l'enseignement est en effet exclusivement évaluée en fonction des taux de réussite aux examens. Pour atteindre l'objectif affiché de 80% d'une tranche d'âge au niveau bac, les exigences ont donc été revues à la baisse, en particulier pour les épreuves de mathématiques du baccalauréat . "C'est la plaie de l'enseignement, déplore Claudine Ruget. L'épreuve ne valorise pas une vraie compréhension des notions ou le sens critique, mais seulement des techniques algorithmiques stéréotypées." (...)
Libération du 04/O9/01 : Bac: le jeu de hasard de l'éducation française, par Jean Desoli.
(...) Le bac n'est rien
d'autre qu'un grand vomitorium, un moment de restitution, après des années de
rumination, où une cohorte de jeunes viennent déglutir à l'appel les reliefs de cours
anciens. Pédagogie de la panse plus que de la pensée, dont l'effet formateur et
libérateur est quasi nul. (...)
Août 2001
Politis du 30/O8/01 : "La qualification professionnelle doit être l’affaire de l’école", entretien avec Jean-Luc Mélenchon.
Le ministre délégué à l’Enseignement professionnel revient sur le débat sur le collège unique. Un mythe, selon lui, qui respire l’esprit de caste.
Informations ouvrières du 28/08/01 : La littérature au lycée, selon M. Lang : Vienne la nuit, sonne l’heure des équarrisseurs.
(...) Afin de permettre au lecteur de fonder son jugement sur des faits incontestables, nous lui proposons d'examiner l'évolution des programmes des connaissances littéraires, prescrits pour les lycées, depuis un demi-siècle.
(...)
Marianne du 6-12/O8/01 : L'enseignement des lettres survivra-t-il au XXIe siècle ?, par Philippe Petit
Adieu dictée, grammaire et littérature ? A l'école, les apprentissages fondamentaux ne sont plus au goût du jour. Résultat: des générations d'illettrés revendiquent la seule culture de la bien-pensance. Dans le meilleur des mondes, ce sont les écrits qui volent !