Marianne du 24 au 30 juillet 2000 : Requiem pour le bac, par Elizabeth Lévy.
Tout est bon pour mener 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat. Y compris remonter les notes, si nécessaire. Sous prétexte d'égalité des chances, ne brade-t-on pas la qualité au profit du nombre ? Pas sûr que les jeunes bacheliers en soient reconnaissants demain. (...)
Libération du 27/07/00 : Jack Lang, réformer autrement, par Philippe Joutard.
"Avant nous, il n'y avait rien, après nous, il n'y a plus rien!" Tel est, pour faire
court, le propos de Philippe Meirieu. Comment ne pas éprouver un
malaise devant ce discours facile et si souvent entendu ? (...)
La Voix du Nord du 16/07/00 : Polémique autour d'une dictée (courrier des lecteurs).
De qui se moque-t-on ? La dictée du brevet des collèges a fait bondir le professeur retraité que je suis...
Le Monde du 15/07/00 :
Jack Lang révise à la baisse la réforme du collège
La méthode Lang
Des remèdes à l'inégalité croissante des chances, par Michel Godet et Jean-Jacques
Payan.
EN 1950, il n'y avait que 5 % d'une génération qui accédait au baccalauréat,
généralement les enfants issus des milieux les plus favorisés. Mais cette situation était
finalement moins inégalitaire qu'aujourd'hui, car, à l'époque, les 95 % restants pouvaient
progresser dans la vie...
Libération du 13/07/00 : Jack Lang, du pur Bayrou, par Philippe Meirieu.
(...) Ne pas choisir, c'est donc choisir.
Et c'est oublier qui sont les agresseurs et les agressés, qui travaille au quotidien
pour faire avancer l'école et qui passe son temps dans l'incantation, voire dans
l'injure...
Libération du 10/07/00 : Grammaire amère, par Pierre Marcelle.
(...) Aux éminences qui qualifient d'«élitistes» tous ceux qui tiennent que la maîtrise de
sa langue constitue le premier et essentiel outil de l'apprenti citoyen, on suggérerait
bien d'être tout à fait cohérentes, et de supprimer l'enseignement des lettres en
général et de leur écrit en particulier - si elles n'y avaient songé toutes seules.
France 2, 07/07/00, journal de 13 h :
Interview d'1 mn de Gaëtan, sur la dictée du brevet.
Temps critiques du 03/00 : L'État-Nation n'est plus éducateur, l'État réseau particularise l'école.
(...) 1) Les partisans d'une réactivation des « institutions » de l'ancienne école républicaine et laïque, nostalgiques de l'école « sanctuaire » et de ses « hussards noirs ». Ils rassemblent aussi bien le nouveau RPF et le Mouvement des citoyens au niveau politicard que les tenants de la vraie et de la seule littérature, la « classique », avec son exercice privilégié, la dissertation, au niveau des enseignants. (...)
New York Times du 26/07/99 : Rendons leur honneur aux professeurs, par Léon Botstein
(...) Si l’enseignement n’inspire plus le respect, c’est que les instituts de formation des enseignants ont pris la pédagogie pour unique vocation. (...) Nous devrions, au contraire, former et regrouper les enseignants selon la discipline qu’ils enseignent. Les professeurs de mathématique en lycée et en primaire devrait être formés par des professeurs de mathématique (...) Les instituts de formation sont coupés du reste de l’université et méprisés par les autres départements. (...)
La plupart des professeurs (...) ont appris la pédagogie d’une discipline au lieu de la discipline elle-même.
Nos universités ont relégué la formation des professeurs dans des enclaves de seconde zone où la machine pédagogique a prospéré. Il faut fermer les instituts de formation et intégrer la formation des professeurs à l’université (...) (...)
L'Humanité du 22/03/99 : Moi, Albert Jacquard, ministre de l'Education, je décrète, Par Albert Jacquard
(...) Article troisième : Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l'élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis. " (...)
Le Point du 27/09/97 : 40 % des enfants ne savent pas lire par Luc Ferry, Valérie Guien.
(...) Les termes utilisés par le ministère de l'Education lui-même, dans un rapport officiel, pour décrire la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons sont assez parlants : alors que la culture scolaire reste, par nature, fondée sur l'écrit, près de 35 % des élèves rentrant en sixième échouent à « retrouver l'enchaînement logique d'un texte, maîtriser les règles principales du code écrit, utiliser les ressources du contexte » ! En clair, même s'ils savent déchiffrer, souvent en ânonnant syllabe par syllabe, ils n'ont pas l'aisance nécessaire pour comprendre réellement ce qu'ils lisent. Ils sont donc de facto « exclus de la lecture », puisqu'il est hors de question pour eux d'ouvrir un livre par plaisir ou même pour s'informer. Mais il y a plus encore : 9 % des nouveaux collégiens, qui s'ajoutent à ces 35 %, ne peuvent même pas « tirer des informations ponctuelles d'un écrit », ni saisir « de qui ou de quoi on parle », parce que, tout simplement, ils ne savent pas déchiffrer ! (...)
Le Point du 23/03/96 :
- Débat : François Bayrou - François de Closets.
- Bac : pressions sur les correcteurs.
(...) Récemment, la France - officiellement pour cause de divergences méthodologiques -s'est retirée en cours de route d'une enquête de l'OCDE sur l'illettrisme, qui allait la classer en mauvaise place parmi les pays européens. Mais la plus belle illustration de ce mépris du réel a été fournie lors de la récente affaire du certificat d'études. (...)
Quotidien de l'île de la Réunion du 16/09/95 : Parlez-vous le boissinot ?
La réforme des programmes et des exercices, en français, vient d’atteindre sa vitesse de croisière. Jusqu’à l’année dernière, en classe de Seconde et de Première, on parlait le français en classe de français. Désormais, on parlera le boissinot. (...)
Libération du 27/01/95 : L’école, la langue et la lecture, par Alain Bentolila.
(...) N'oublions pas que la dextérité linguistique fut - et reste encore aujourd'hui sous des formes moins évidentes, plus insidieuses - un des instruments majeurs de la sélection scolaire. Ce serait ainsi pure démagogie d'afficher une volonté de conduire le plus d'élèves possible, le plus loin possible, avec le plus d'ambition possible et dans le même temps d'accepter que le handicap linguistique dont beaucoup souffrent ne soit pas pris en compte au cœur même de la programmation pédagogique.(...)
Le Figaro du 18/01/92 : Chronique de la violence ordinaire dans les lycées.
(...) La vérité, c'est que ce ne sont pas les ministres qui gouvernent l'Éducation nationale - ce sont des hiérarques, toujours les mêmes depuis plus de vingt ans, qui font la pluie et le beau temps. Eux restent, se cooptent entre eux, éliminent ou évincent ceux qui ne pensent pas comme eux. Ils contrôlent les dossiers, dirigent tout. Si le ministre a une politique qui va dans leur sens, ils lui donnent du grain à moudre. Sinon ils bloquent. C'est une espèce de lobby, au service d'une conception rousseauiste de l'éducation qui ne marche pas. Certains collègues appellent ces gens les " spécialistes de l'éducation sans élèves ". Leurs idées nuisent surtout aux élèves moyens et faibles. Ils refusent de reconnaître la réalité des choses. Quand ils voient que la température monte, ils cassent le thermomètre. (...)