Parents et enseignants
Le phénomène n'est pas vieux ; trois ou quatre ans, à
peine. Mais il s'est répandu avec une telle rapidité que beaucoup
d'enseignants, exaspérés, ne parlent plus que de cela : les parents
d’élèves seraient devenus « odieux ». Détestablement
« envahissants ». Rarement violents, mais facilement « insultants »
ou « menaçants ». N'hésitant plus à faire irruption au sein des
établissements, en plein cours ou dans les conseils de classe pour adresser
publiquement leurs critiques aux enseignants. Du jamais vu ! Un climat de
tension palpable qui s'aggrave à chaque rentrée scolaire, tout particulièrement
dans le primaire. Un constat que les parents d'élèves font, eux aussi, mais de
façon plus dispersée, sans impression d'ensemble; chacun ne pouvant en effet
témoigner que de son expérience personnelle, ou de ce qui s'est produit dans la
classe de son enfant. Mais rares sont ceux qui n’ont aucun incident à
rapporter ; du plus banal (le harcèlement quotidien subi par de nombreuses
institutrices au sujet de leurs méthodes), au plus exceptionnel (un professeur
parisien, revenant de congé de maladie, interdit d'entrée dans son propre
collège par un barrage de parents d'élèves qui lui préféraient son remplaçant). Et ce qui frappe surtout du côté des parents, même
lorsqu'ils désapprouvent de tels comportements, c'est leur discours :
étonnamment dur contre le système scolaire en général, et certains de ses
représentants en particulier. Il suffit d'évoquer le sujet pour que les
critiques fusent sur un ton où l’irritation le dispute à l'indignation ...
exactement celui qu'utilisent les enseignants pour parler de l'attitude
« scandaleuse » des parents. En clair, il se passe à l'évidence quelque chose.
Quelque chose de grave et de nouveau. Mais quoi exactement ? Et surtout, pour
quelle raison ? Une double question à laquelle la plupart des
enseignants n'apportent pour l'instant qu'une réponse : sans fondement
sérieux, l’agressivité des parents ne s'expliquerait, selon eux, que par la
place « excessive » qui leur a été accordée depuis une dizaine
d'années au sein des établissements scolaires. Invités à siéger aux conseils de classe ou à contester les
redoublements, certains parents se croient logiquement en droit de dire leur
mot sur tout, y compris sur le contenu des programmes ou la pratique des
enseignants. Lesquels, évidemment, le supportent plus que mal. En déniant, non
sans raisons, toute compétence à des « non professionnels » pour
critiquer ou juger ce qui se passe à l'intérieur d'une classe. Mais l'ennui, et le coeur du problème, c'est que dans le
système actuel personne n'est habilité à en juger. Pas même les inspecteurs qui
ne voient jamais rien, même en cas de dysfonctionnement grave, lorsque par
extraordinaire ils se déplacent. Seuls les parents « voient ». Pas
toujours à bon escient, c'est vrai, mais d'une façon néanmoins objective
puisque ce qu’ils voient, eux, ce sont les résultats : des écoliers qui ne
savent plus lire ni écrire, des devoirs qui ne sont pas donnés, les absences à
répétition de tel enseignant ou l'incapacité d’un autre à s'exprimer dans la
langue qu'il est supposé enseigner, des élèves qui entrent en seconde sans
connaître les auteurs classiques, une moyenne accordée avec plus de vingt
fautes dans une dictée de dix lignes, des actes de violence qui se multiplient
et s'aggravent sans que le chef d'établissement parvienne à rétablir
l'autorité. Autrement
dit, et contrairement à ce que prétend Maurice T. Maschino dans son dernier
ouvrage, Parents contre profs (voir ci-contre), les parents d'élèves n'ont pas
toujours tort de s'inquiéter, et ce n'est pas non plus « le mépris envers les
enseignants » qui les y pousse le plus souvent. Loin de là. - Les parents ne font plus
confiance aveuglément à l'école ? Et pour cause ! observe en effet
Elizabeth Altschull, professeur d'histoire-géographie dans un lycée parisien,
mère de quatre enfants, auteur d'un livre édifiant (1) sur la façon dont le
« pédagogiquement correct » a d'ores et déjà détruit l'école primaire et
s'apprête à en faire autant pour le collège et le lycée, sur l'exact modèle de
ce qui s'est produit il y a trente ans aux Etats Unis... Envahissement du
terrain par les parents d'élèves compris. D'après
Elizabeth Altschull - et c'est aussi ce que l'on constate au cas par cas - le
rôle des parents, ou plus exactement des associations de parents d'élèves FCPE
(Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques) et PEEP
(Parents d'élèves de l'enseignement public), n'a en effet rien d’anodin dans ce
travail de destruction. - FCPE ou
PEEP, de gauche ou de droite, c'est la même chose, explique la jeune femme.
Composées pour l'essentiel de nouveaux pères et de femmes au foyer, qui
consacrent beaucoup de temps à leurs enfants et préfèrent de toute façon les
faire travailler eux-mêmes, ces fédérations militent avant tout pour que
l'école soit un lieu « d’épanouissement ». Etat d'esprit qu’elle
résume encore par cette formule : « Il est dommage qu'on s’y préoccupe
autant de la lourdeur des cartables et si peu de l'allègement des
programmes. » Mais il y a
plus regrettable encore : que ces fédérations monopolisent le débat, en
étant systématiquement présentées comme porte-parole exclusif des parents
d'élèves « en général », alors que ceux qui les ignorent ou s'en
détournent sont largement majoritaires, et chaque année plus nombreux. Depuis
dix ans, FCPE et PEEP ont perdu en effet plus des trois quarts de leurs
effectifs. Elles ne récoltent aujourd'hui que 27 % et 8 % des voix (sur moins
d'un parent sur deux qui vote dans le primaire, et moins d'un sur trois dans le
secondaire), alors que les listes « autonomes » ne cessent en
revanche de gagner du terrain, avec plus de 51 % des suffrages... mais sans
qu'on n’entende jamais parler de leur avis, de leurs demandes et de leurs
préoccupations ! On ne s'étonnera donc pas que ce soit surtout dans
ces rangs, non « représentatifs » bien que majoritaires, privés de
reconnaissance autant que de parole, que se recrutent aujourd'hui de nombreux
« parents en colère ». Dont Olivier Simon, 48 ans, cadre commercial
vendômois, qui a longtemps eu pour ligne de conduite de « faire
entièrement confiance aux enseignants »... jusqu'à ce que l'importance des
lacunes scolaires de ses quatre enfants (deux écoliers, deux collégiens)
l'inquiète au point de l'entraîner aux réunions de la FCPE et de la PEEP. -J'en suis sorti ahuri, raconte-t-il. Ces gens, par
ailleurs cultivés, sont aveuglés par l'accessoire. L'essentiel. à savoir le
contenu des programmes et la façon dont nos enfants sont formés, n'est jamais
abordé. Il tente pourtant de se faire entendre. Se fait rapidement
traiter de « fasciste » pour avoir suggéré que l'on revienne à un peu
de discipline et de méthode dans l'enseignement de certaines matières. Puis
commet l'erreur de s'opposer à l'une de leurs initiatives : - Ils avaient distribué un tract aux collégiens pour
obtenir l’éviction de deux enseignantes. J’étais violemment contre. Quels que
soient les problèmes que posaient peut-être ces dames, j'estime en effet que
les parents n'ont pas à juger de la pratique et des résultats d'un métier
qu'ils ne connaissent pas. Plus que déçu, « scandalisé », il décide
alors de faire quand même quelque chose, mais seul dans son coin, en créant un
site Internet (2) destiné aux parents - et aux enseignants - qui, comme lui,
« s'inquiètent davantage du délabrement des connaissances que de la façon
dont il conviendrait de se partager la "coéducation" des
enfants ». - Je suis persuadé que de très nombreux parents et
enseignants sont d’accord là-dessus, explique-t-il, mais tout dialogue est
impossible sur le terrain. C'est malheureux à dire, mais pour beaucoup
d'enseignants, les parents qui demandent à les voir sont d'abord et avant tout
des emmerdeurs. Question de susceptibilité. De culture aussi. - Il faudrait pourtant que cela cesse ! tempête
Elizabeth Altschull, le temps des hussards noirs de la République, c'est
fini ! Les enseignants ne veulent pas d'un nivellement général du système,
mais ils ne savent pas en débattre avec les parents. C'est là leur défaut. Et peut-être leur erreur... Car les enseignants
auraient tout intérêt à réaliser enfin que les parents ne sont pas leurs
ennemis. Comment a-t-on réussi à leur faire croire qu'une majorité d'entre eux
est vraiment favorable à une école qui n'instruit plus ? A l'indiscipline et au
laxisme généralisés ? A des diplômes au rabais ? Sans verser dans la paranoïa, on ne peut que
constater, au contraire, à quel point la tension actuelle sert les intérêts des
partisans de la « médiocratisation » de l'enseignement. Moins les
parents et les enseignants se parleront, surtout à propos de pédagogie ou de
programmes, et mieux ce sera. Sociologue et spécialiste en sciences de l'éducation,
Olivier Maulini n'est pas le seul à avoir ainsi remarqué le caractère
exagérément « guerrier » du langage utilisé pour commenter les
rapports entre parents et enseignants : « On ne parle, pour les uns,
que d’envahissement, d’invasion, d’intrusion ; pour les autres, que de
territoire à défendre ; et pour les deux, de paix armée ou de guerre
larvée », constate-t-il, avant d'en tirer cette intéressante conclusion :
«En attribuant aux uns et aux autres des intentions qu’ils n'ont pas, en
montant quelques incidents isolés en épingle, parents et enseignants mènent une
drôle de guerre qui consiste à dénoncer l'autre pour mieux s'en défendre. »Et
la façon dont on les y incite n'est certainement pas innocente, notamment en
ouvrant comme on l'a fait les établissements scolaires aux parents d'élèves.
Car « la porte la mieux fermée est celle que l’on peut laisser
ouverte », ainsi que le fait suavement remarquer Olivier Maulini, en
citant un proverbe chinois... Le très moderne pédagogue qui a imaginé de laisser
entrer les parents à l'école, et plus pervers encore, de leur permettre de
s'opposer à un redoublement (alors que tout un tas de garde-fous existaient
déjà pour éviter les décisions non justifiées), savait sûrement ce qu'il
faisait. Pas de meilleure idée en effet pour abaisser le niveau général,
diminuer les exigences, décourager et braquer les enseignants, multiplier les occasions
d'incidents, et in fine, interdire tout dialogue entre les deux parties sur
l'essentiel. Encouragés à se voir, ne se voyant et n'ayant le
droit de se voir, que pour discuter du cas d'un gosse en particulier, parents
et enseignants sont fatalement dans une logique d'affrontement. Même d'accord
sur le fond (la médiocrité des programmes, l'efficacité des classes par niveau,
la nécessaire restauration d'une évaluation sérieuse des connaissances), il n'y
a pas une chance pour qu'ils s'en aperçoivent. Et c'est, sans aucun doute, ce
qui est recherché. Quelles qu'en soient les conséquences, d'ores et déjà bien
connues : fuite des meilleurs élèves vers le privé et les établissements
d'élite, diminution accrue des exigences et gaspillage des talents partout ailleurs,
fatigue et démotivation des enseignants, effondrement du niveau moyen,
dévalorisation des diplômes. Le tout pour un coût chaque année plus prohibitif,
et des résultats chaque année plus faibles. Mais si l'école républicaine est au plus mal, ce n'est
certes pas la faute des parents. Tout simplement parce que l'immense majorité
d'entre eux ne demanderait pas mieux que de ne jamais mettre les pieds dans
l'école, ne jamais se mêler de ce qu'y font les enseignants. S'il y a des
problèmes, ce n'est pas parce qu'ils sont en colère. S'ils sont en colère,
c'est parce qu'il y a des problèmes. VÉRONIQUE GROUSSET (1) Elizabeth Altschull : l'Ecole des ego. Contre
les gourous du pédagogiquement correct. Albin Michel. ---------------------------------- Maurice Maschino « La place des parents n’est pas dans
l’école ! » Auteur d'une vingtaine d'essais, ancien enseignant connu
pour son militantisme de gauche, Maurice T. Maschino vient de publier un
pamphlet[1]
d'une rare violence contre les parents d'élèves. - D'où vous est venue l'idée et l'envie d'une diatribe
aussi virulente à l'égard des parents d'élèves ? - Pas de mon expérience personnelle puisque, en plus de
vingt ans d'enseignement, je n'ai jamais vu un seul parent. Mais j'entends ce
que mes amis enseignants - ou pire : instituteurs - racontent depuis trois ou
quatre ans. Et l'importance du phénomène m'a paru mériter un livre. - Vous croyez vraiment que tous les parents
n'interviennent que pour des raisons stupides, et toujours de façon odieuse ? - Ce que je leur reproche, c'est la manière dont beaucoup
d'entre eux s'en prennent aux enseignants. Des enseignants que je ne défends
pas systématiquement, loin de là... Mais je m'en prends aux parents qui s'estiment autorisés à faire n'importe quoi dans les
établissements scolaires, en transformant les conseils de classe en tribunaux
pédagogiques, ou en exigeant tout des professeurs, alors que, bien souvent, ils
se désintéressent par ailleurs totalement de leur progéniture. - Ils n'ont donc aucune excuse à vos yeux ? - Si : le je-m'en-foutisme généralisé de toutes les
instances de l'Education nationale (rectorats, académies, inspection) qui ne
veulent surtout pas d'histoires et qui n’interviennent pas quand ce serait
nécessaire, poussant ainsi les parents à le faire. Mais cela ne saurait en
aucun cas justifier l’arrogance et l'agressivité que beaucoup d'entre eux
manifestent à l'égard des enseignants. Ma conviction, de toute façon, est que
les parents n'ont rien à faire au sein d'un établissement scolaire. - Pas même ceux dont les interventions sont motivées par
les mêmes inquiétudes que les vôtres, sur l'effondrement du niveau, le laxisme
ambiant ou la destruction de l'école républicaine en général ? - Les parents de ce genre existent ; c'est vrai,
et je le sais. Mais il faudrait une structure adéquate pour qu'un dialogue - et
peut-être un front commun - puisse s'instaurer entre eux et les enseignants sur
ces questions. Une structure souple, extérieure aux établissements et aux
conseils de classe. Sinon, c'est toujours la logique de l'affrontement qui
finira par l'emporter. --------------------------- Les griefs entre parents et enseignants sont bien réels.
Et parfois légitimes. Nous en avons identifié sept, de chaque côté. A méditer
si l’on veut enfin parvenir à un dialogue constructif. 1) L'apparente légèreté avec laquelle certains enseignants
s'absentent régulièrement, pour une « très courte durée » (moins de
trois jours, n'entrant pas dans le décompte du taux d'absentéisme officiel) ou
une « courte durée » (moins de quinze jours) ; sans être remplacés,
puisque les rectorats ne se préoccupent que des postes laissés vacants plus de
deux semaines. 2) Les réunions pédagogiques, organisées dès le lendemain
de la rentrée, ou n'importe quand dans l'année, mais toujours sur le temps
scolaire, au détriment du très petit nombre de jours où les élèves ont classe :
170 jours par an en France, hors ponts, ce qui revient à dire que les
établissements sont déjà fermés plus de la moitié de l'année. 3) Les emplois du temps manifestement élaborés pour
satisfaire les enseignants - lesquels souhaitent tous concentrer leurs heures
sur un minimum de jours - sans souci des conséquences pour les élèves :
journées trop chargées ou, à l'inverse, truffées d'heures de permanence...
Temps de repas limité au strict minimum... Horaires aberrants pour l'entrée et la sortie des cours. 4) Les enseignants qui refusent à chaque rentrée de
prendre d'autres élèves que ceux dont ils avaient la charge l'année précédente,
au motif (non officiel) qu'ils connaissent les lacunes du collègue qui les
avait avant eux, condamnant ainsi ces enfants à garder d'année en année le même
enseignant, et à aggraver sans cesse leur retard. 5) Les chefs d'établissement qui reconnaissent en privé ne
rien ignorer du (ou des) problèmes posés par un enseignant en particulier
(absences à répétition, alcoolisme, dépression, anomalies pédagogiques
flagrantes), mais qui ne font rien pour arranger les choses, pas même en
discuter avec l'intéressé. 6) Les professeurs qui s'abstiennent systématiquement
d'assister aux réunions « parents-profs » (ou qui en partent dès 17
heures), alors que les parents ont sacrifié une demi-journée de travail pour
s'y rendre ; ces réunions se tenant le plus souvent à partir de 16 heures,
toujours en semaine. 7) L'extrême susceptibilité
de la plupart des enseignants, qui interdit souvent tout dialogue, même face à
des parents parfaitement calmes, ouverts et courtois. 1) L'égoïsme et le « consumérisme » des
parents, qui ne pensent qu'à l'intérêt supposé de leur enfant, alors qu'une
classe se gère obligatoirement de façon collective, dans l'intérêt du plus
grand nombre. 2) Leur « arrogance », leur propension à
« se mêler de tout » et à ne « pas faire confiance » aux
enseignants, alors « qu’ils n’y connaissent rien ». 3) Leur
attitude « démissionnaire » en général, et leur façon de tout attendre de
l'école en particulier, même et surtout lorsqu'ils ne remplissent pas eux-mêmes
leur devoir éducatif : enfants impolis, indisciplinés, bruyants... Travail
scolaire et carnet de corresponde non contrôlés... Avertissements et
convocations laissés sans réponse. 4) Leur
naïveté face à ce que leur enfant raconte sur ce qui se passe en classe ;
et, par voie de conséquence, l'inanité de la plupart de leurs critiques
(notamment celles concernant la pédagogie). 5) Le
mépris dont ils font volontiers preuve envers les enseignants, en les
critiquant en public ou devant leurs enfants, ou lorsqu'ils se permettent de
les mettre professionnellement en cause, en tête-à-tête ou dans un conseil de
classe. 6) Le
caractère facilement menaçant de leurs exigences : pétitions, visites au
chef d'établissement, courriers au rectorat, mobilisation des fédérations de
parents d'élèves, intrusions dans l'établissement, agressions verbales ou
physiques. 7) Le soutien systématique qu'ils apportent à leur enfant,
qu'il s'agisse de contester une sanction, une mauvaise note ou un
redoublement ; et, a contrario, le peu de cas qu'ils font du jugement des
enseignants. ----------------------------- MANIFESTE DES PARENTS EN COLERE En colère
contre les horreurs "méthodologiques" dont nos enfants sont abreuvés
à longueur d'année. A qui veut-on faire croire que la maîtrise du français, outil
fondamental de la pensée, se fonde sur des "séquences narratives"
et autres "schémas actanciels" ? A nos enfants qui, en fin de
collège, ne font que difficilement la différence entre un infinitif et un
participe passé ? Aux lycéens qui n'auront probablement jamais étudié les chef-d'oeuvres
de nos plus grands auteurs ? A nous, parents qui avons eu accès aux trésors de
notre héritage littéraire ?
Les parents jugent sur les résultats
Une logique d’affrontement
A lire aussi, sur le même sujet, l’ouvrage de Claire
Laux et Isabel Weiss, Ignare Academy : les naufrages de l’enseignement.
Nil éditions.
(2) Voir ci-dessous le Manifeste de son Collectif des
parents en colère.
Les raisons de la colère
Les griefs des parents
Les griefs des enseignants
En colère contre nos ministres qui
viennent de pondre une énième réforme du primaire, réduisant
l'apprentissage du français de neuf à six heures par semaine et celui de la
grammaire à une heure et demie quand il en faudrait au moins une par jour.
Apprentissage s'appuyant sur des méthodes qui, depuis des années, ont prouvé
leur inefficacité puisque les enfants arrivant au collège ne maîtrisent ni
l'orthographe ni la grammaire.
En colère contre ces mêmes ministres qui,
plaçant hypocritement les élèves "au centre de l'école", vidant
les programmes de tout contenu digne de ce nom et dénaturant la mission
même des professeurs refusent à nos enfants le droit essentiel de savoir
pour comprendre.
En colère contre la FCPE, la PEEP et
leurs sociétaires, à ce point fourvoyés qu'ils souscrivent à la mise en
place des "itinéraires de découverte", monstrueuse imposture masquant
la disparition presque complète de la transmission des connaissances.
En colère contre les parents désemparés
qui, s'égarant dans une attitude régressive, consumériste et procédurière,
confondent éducation (leur rôle) avec enseignement (le rôle des
professeurs) et qui veulent être "partenaires permanents de la communauté
éducative" (sic !).
En colère contre certains syndicalistes
qui, comme certains hauts dirigeants proposant "une mise en activité de
l'élève dans un travail personnel et producteur de réussite" (sic!!!), se
font les complices des salauds (il n'y a pas d'autres mots pour
qualifier nos méprisables "penseurs" de la pédagogie ayant pourtant
bénéficié dans leur jeunesse d'un enseignement de qualité qu'ils s'acharnent
maintenant à détruire) qui, en substituant la méthode à l'objet de
l'apprentissage, ouvrent les portes des classes au crétinisme et à la
barbarie.
En colère contre ces mêmes syndicalistes
que nous avons vu ne rien tenter pour défendre deux enseignantes usées
et découragées par la grossière insolence de quelques élèves... soutenus par
leurs parents. Conséquence du harcèlement intolérable de ces élèves et de ces
parents (responsables de fédérations de parents !!!) et de la honteuse
lâcheté des enseignants syndiqués et de l'administration :
dépression...
En colère contre l'inertie et l'aveuglement
des enseignants qui n'ont pas su ou voulu réagir quand il était temps ,
qui ont cru et veulent encore croire à leur mission et qui, très souvent usés,
désabusés et déconsidérés subissent avec accablement ces humiliantes
mascarades.
En colère contre ceux qui nous gouvernent
parce qu'ils ont fait le lit de cette criminelle entreprise et laissent
derrière eux une école tragiquement délabrée.
En colère contre notre détresse de
parents lucides car nous avons cru que l'école nous aiderait à
offrir à nos enfants comme valeurs esthétiques, morales et intellectuelles
autre chose que la vulgarité, la violence et la consommation...
Alors si, comme nous, vous voulez transformer votre
colère en vaste mouvement de protestation et de résistance, en soutien aux
enseignants lucides et courageux, afin que l'école de nos enfants soit sauvée
de la catastrophe et qu'elle puisse à nouveau remplir sa mission : offrir à
tous ses élèves le meilleur de notre héritage culturel, rejoignez-nous !
Collectif des parents pour sauver l'école
Nous écrire : parents@autonomie.org
(si vous souhaitez nous rejoindre, ou signer ce manifeste, merci de le
mentionner et de vous présenter)