LES LANGUES ANCIENNES EN DANGER AU COLLEGE LEO-LAGRANGE DE CHARLEVILLE-MEZIERES (08)


L'enseignement des langues anciennes est mis en péril au collège Léo Lagrange de Charleville-Mézières.

D'une part, les élèves latinistes du collège entrant en 3ème sont invités à s'inscrire dans l'option "découverte professionnelle" de ce niveau, et donc à abandonner le latin qu'ils étudiaient depuis la 5ème. Il s'agit d'une violation du texte officiel du BO 3 du 20 janvier 2000 p. 124, régissant l'option latin : "Les élèves qui le souhaitent peuvent commencer l'étude du latin en classe de 5ème, en tant qu'option facultative. On appellera l'attention des élèves et de leur famille sur le point suivant : l'option latin est un enseignement destiné à être suivi sur l'ensemble de la scolarité en collège puis en lycée".

Certains élèves sont même autorisés à abandonner l'option latin pour étudier le grec en 3ème.

D'autre part, depuis deux ans, les élèves de sixième ne sont pas particulièrement encouragés à choisir le latin. C'est ainsi qu'en deux ans, le nombre de groupes de latinistes de 5ème est passé de deux à un. A la rentrée 2006 , 20% des élèves de cinquième étudiaient le latin. Désormais, ce n'est plus le cas et plusieurs demandes sont rejetées. Il s'agit là encore d'un mépris des directives officielles du ministère, par exemple de la circulaire de 2005, L'attention à porter aux langues anciennes : "Les langues anciennes ont une place importante dans la formation intellectuelle des élèves. Leurs enseignements doivent bénéficier d'une dynamique renouvelée. La note n° 2004-0329 du 16 décembre 2004, adressée aux recteurs, rappelle l'attention particulière à porter à leur implantation en collège et en lycée d'enseignement général et technologique ainsi que les mesures destinées à favoriser le choix de ces langues".

On remarquera ainsi que l' "autonomie" donnée aux collèges sert surtout à retirer aux élèves de ZEP des enseignements qui pourraient au contraire les aider à ouvrir leur horizon et se doter d'une formation que reçoivent les élèves de centre ville... C'est ainsi que le collège a perdu 6 heures de latin en deux ans, 6 heures de formation de base retirées aux élèves. L'inégalité scolaire a de beaux jours devant elle, contrairement aux propos du ministre.
19/06/08