Filière inutile



Dans le journal gratuit "20 minutes" distribué hier 16 avril dans le métro de Toulouse, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l'université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l'enseignement de la "littérature ancienne". Je recopie le principal:

"Le contribuable n'a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1 000 étudiants pour deux postes. L'Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois que dans des filières où on a 5 000 étudiants pour 250 emplois. Les universités auront davantage d'argent pour créer des filières dans l'informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable, mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite professionnelle des jeunes."

Ce genre de déclaration, dans un journal de grande diffusion, est meurtrier pour l'image des études de lettres classiques et même de lettres en général, puisqu'il pose clairement l'idée que seules les spécialités concrètes ou considérées comme telles ont leur place dans l'université publique, tandis que les spécialités culturelles doivent être abandonnées au financement privé (lequel?).

Quant aux chiffres énoncés, ils sont implacables. Implacables mais parfaitement faux: les étudiants de lettres classiques ne se comptent (hélas) pas par milliers dans les universités, et leurs débouchés sont (heureusement) tout à fait satisfaisants et encourageants.

Le document entier (édition de "20 minutes" du 16 avril 2007, pages 6-7) peut se consulter et se télécharger sur http://www.20minutes.fr/pdf.php.

Mireille A.M.
17/04/07