ACADEMIE DE BORDEAUX : LE RECTORAT FERME DES SECTIONS


Association Régionale des Enseignants de Langues Anciennes
de l'Académie de Bordeaux (ARELABOR. CNARELA)
Université Michel de Montaigne –Bordeaux III
U.F.R des Lettres
33607 Pessac

Adresse postale : 4 rue Maréchal Maunoury
33200 Bordeaux

Bordeaux , le 09/02/07


A l'attention de : Monsieur le Recteur d'Académie






Monsieur le Recteur,


Notre association a appris avec consternation les projets du Comité Technique Paritaire Académique concernant les fermetures des options offertes en Langues Anciennes dans l'Académie de Bordeaux (CLG Nontron, CLB Ambarès , CLG Pessac Mitterrand, pour le Grec; CLG Chantaco à Saint Jean de Luz pour le Latin), ainsi que la suppression de la section de Latin au lycée Jean Monnet de Blanquefort.

La baisse invoquée des effectifs dans les établissements en cause est pour nous parfaitement explicable : après avoir supprimé le Grec au Lycée Pape-Clément de Pessac, on ne peut s'étonner que les élèves se tournent vers d'autres enseignements puisque toute façon ils ne pourront continuer cette étude au lycée du secteur . Nous ne doutons pas que cette même stratégie ne porte ses fruits à Mérignac puisque le lycée de la plus grosse banlieue bordelaise n'aura l'an prochain plus aucun enseignement en langues anciennes, et alors même que les quatre collèges du secteur ont des sections abondantes.

De la même façon, nos collègues du collège Dupaty à Blanquefort se désolent que leurs élèves (nombreux) ne puissent poursuivre dans leur lycée de secteur l'étude du grec, et à partir de l'an prochain l'étude du latin. Dans toute la grande banlieue bordelaise , seul le Lycée des Graves à Gradignan continue à proposer l'étude des deux langues anciennes.

Quelle cohérence trouver avec les affirmations de Monsieur le Ministre de l'Education nationale dans le "Sud-Ouest" du 7 décembre dernier : "On continuera à étudier le latin et le grec partout en France." ? Comme vous le savez , les Langues Anciennes ne sont pas dérogatoires par rapport à la carte scolaire , autant dire que c'est la mort assurée de nos disciplines dans le secondaire à une échéance plus ou moins longue… Nous nous interrogeons sur les raisons de cette politique à l'égard des Lettres Classiques. Nos collègues assurent leur mission dans des conditions de plus en plus difficiles, voire quasiment ingérables (nous pensons notamment au lycée de Fumel), ou doivent se résoudre à ne plus enseigner du tout de Langue Ancienne. Dans le même temps l'Université de Bordeaux III est obligée de faire appel à des professeurs du Secondaire pour assurer les enseignements de Latin dans les différentes filières...

Nous n'avons jamais défendu les sections de trois élèves, mais il est certain que si l'on ne peut garantir aux élèves et à leurs familles que l'enseignement commencé au collège trouvera une continuation au lycée, les recrutements se tarissent à très court terme et de façon légitime. Nous sommes d'autant plus à l'aise pour soutenir cette thèse que nombre de nos collègues de Collèges enseignent devant des groupes de trente élèves et davantage … preuve s'il en fallait du dynamisme des professeurs et de l'intérêt que peut susciter la découverte des cultures antiques chez des jeunes actuels, y compris dans des zones sociologiquement et culturellement défavorisées (nous pensons au Collège d' Ambarès notamment) lorsque l'institution l'autorise à exister et à se développer….

Nous vous demandons donc instamment de bien vouloir reconsidérer le sort de ces sections, en songeant à l'intérêt des élèves et aux assurances de Monsieur le Ministre lui-même, et vous prions , Monsieur le Recteur , d'agréer l'expression de nos sentiments respectueux et dévoués,

Pour l' ARELABOR,
La Présidente,
Sylvie Berton
19/03/07