ACADEMIE DE GRENOBLE : UBU CHEZ LES LANGUES ANCIENNES


La titulaire d'un poste de lettres classiques au collège Robert Doisneau à L'Isle d'Abeau vient d'apprendre que son poste serait supprimé ou modifié pour la rentrée prochaine.

L'équipe de lettres - dont deux professeurs de lettres classiques - offre en effet 140,5 heures postes pour un besoin effectif, selon les prévisions, de 138 heures. Le rectorat propose donc la suppression du poste... en raison de deux heures excédentaires ! Un vacataire viendrait effectuer les heures manquantes du fait de de cette suppression... !

Pour tenter d'éviter la suppression du poste, l'administration propose de le partager sur deux établissements distants de plus de 30 kilomètres... Le professeur assurerait quelques heures au collège R. Doisneau, et 8 heures de français ailleurs, tandis qu'un vacataire effectuera à R. Doisneau les 7 heures manquantes... A une heure près (!) le professeur sera contraint de naviguer entre deux établissements sans la possibilité d'enseigner beaucoup les langues anciennes, puisque les trois quarts, voire plus, de son service seront affectés à l'enseignement du français.

Cette gestion du poste de lettres classiques dépasse l'entendement, et reflète la volonté de démanteler les langues anciennes : pourquoi sacrifier un poste de lettres classiques dans un établissement où l'enseignement du latin intéresse et motive bon nombre d'élèves (44 latinistes en 5e, 30 en 4e, 28 en 3e, 10 hellénistes et 5 élèves ayant choisi de suivre en 3e l'option latin et l'option grec) ? Tout développement des langues anciennes dans ce collège devient impossible : si le poste est supprimé, le professeur de lettres classiques restant effectuera tout son service en langues anciennes ; l'option grec, qui est dispensée pour l'instant à raison de 2 heures hebdomadaires, n'a donc guère de chance de monter à 3 heures, comme cela est prévu par les textes, et l'on ne pourra guère ouvrir une classe supplémentaire, en 5e ou en 4e par exemple, si besoin est.

A qui fera-t-on croire que la toute récente circulaire de rentrée 2005 insistant sur "l'attention à porter aux langues anciennes" (http://www.education.gouv.fr/bo/2005/18/MENE0500813C.htm était autre chose qu'un écran de fumée, ou pire un calcul cynique destiné à faire taire momentanément les oppositions pendant qu'on travaillait à ne pas l'appliquer ? On peut penser la même chose de la note circulaire ministérielle aux recteurs de décembre 2004 (http://www.sauv.net/ctrc.php?id=696), que le rectorat de Grenoble semble superbement ignorer alors même qu'il s'agit d'une directive nationale.

14/03/06