Encore trop de français et de maths pour Meirieu


Cérémonie des vœux 2006 :
Philippe Meirieu demande la suppression d’une heure de français
et de mathématiques en seconde.

 

Dans les vœux de Philippe Meirieu (http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm), on relève ce passage :

En décembre 2004, il (François Fillon, NDLR) propose la suppression des Travaux personnels encadrés (TPE) en terminale pendant que, partout, les moyens sont réduits pour les dispositifs du même ordre (comme les Itinéraires de découverte au collège). Les professeurs pétitionneront et les lycéens manifesteront pour le maintien des TPE : en vain ! Il faut supprimer les TPE ! Pas pour une question d'économie, comme on veut nous le faire croire (on aurait pu, pour cela, prendre des moyens sur le " suivi individualisé " en seconde dont chacun s'accordait à reconnaître qu'il fonctionnait moins bien que les TPE). "

Les deux heures d’" aide individualisée " de seconde, en français et en mathématiques, sont des heures disciplinaires, déjà retirées, depuis 1999 et la réforme Allègre inspirée par Philippe Meirieu, au volume hebdomadaire de cours de chaque division (1).

Philippe Meirieu propose donc en fait, en 2006, une nouvelle baisse des horaires d’enseignement.

L’expérience a certes prouvé que les élèves faibles tiraient peu profit, en français, de cette heure d’ " aide " (2) – ce qui n’est pas étonnant : comment réparer en seconde seulement, par saupoudrage, un déficit horaire datant de dix années scolaires ? Depuis le début de sa scolarité, un lycéen actuel a reçu 800 heures de français de moins que ses aînés, et entre en seconde avec le niveau de fin de 5ème du collégien de 1975…

Bien que féru en " sciences de l’éducation ", Philippe Meirieu abandonne donc ses " sciences " pour la magie : peut-on rattraper 800 heures en 36, surtout si on laisse, comme le préconise continûment notre pédagogue, l’élève déjà faible " construire son savoir par sa propre activité " ?

Bien que prétendûment informé, Philippe Meirieu ignore que les deux heures d’aide individualisée peuvent depuis la rentrée 2003 (3) être redonnées à l’ensemble de la classe, sous forme de modules redevenant hebdomadaires après avoir été bimensuels depuis 1999.

Ainsi Philippe Meirieu reste-t-il dans ses vœux fidèle à sa ligne : toujours moins d’école à l’école ! On ne saurait mieux favoriser l’élitisme : en donnant encore moins à ceux qui déjà n’ont rien, on est sûr de bloquer l’ascenseur social. De contribuer au conservatisme. De donner des raisons de supprimer des postes à un ministre que l’on prétend par ailleurs combattre. Et de collaborer au système libéral, qui n’a de cesse de déléguer à des officines privées le soin d’instruire les enfants.


Agnès Joste

(1) Cf BO n°21 du 27 mai 1999 et n°25 du 24 juin 1999
(2)
http://www.u-bourgogne.fr/IREDU, note 01/4.
(3)
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/14/MENE0300748C.htm

15/01/06