"Grand débat" ou pas : 6500 postes de moins aux concours de recrutement


POSTES AUX CONCOURS : LES CHIFFRES LES PLUS BAS DEPUIS QUINZE ANS !

Alors que les absences non remplacées se multiplient, que le recours à la précarité explose, que les cartes scolaires imposent la fermeture de milliers de classes et d'options en 2004, que les départs en retraite vont très fortement augmenter, le Ministère annonce la couleur: 12 500 postes aux concours externes du second degré en 2004 (certaines épreuves commencent dans 10 jours, de quoi encourager les candidats, non?), contre 18 000 en 2003 et en 2002. Chiffres les plus bas depuis 15 ans!!!!

6000 titulaires partant en retraite à la rentrée 2005 ne seront pas remplacés. Ce qui signifie explosion sans précédent de la précarité scandaleuse (vacataires) et du non-remplacement, ainsi que carte scolaire plus que meurtrière en 2005.
On ne peut pas accepter cela, nous en paierons très cher les conséquences à partir de 2005.
Il faut exiger le rétablissement de 18 000 postes, et également le rétablissement des listes complémentaires, supprimées en 2003.

AP
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Communiqués de presse.

1: SNES

Postes mis aux concours 2004 pour le second degré : une chute sans précédent qui aura des conséquences catastrophiques

Le ministère vient d'annoncer que le nombre de postes mis aux concours 2004 pour le second degré était réduit à 12 500 pour les concours externes, qui sont les seuls concours permettant de recruter des personnels nouveaux.

La régression, sans précédent, est d'un tiers par rapport à 2003 (18 000 postes). Il faut remonter à la fin des années 80 pour retrouver des chiffres aussi faibles.

Le ministère tente de se justifier en arguant d'une régression du nombre des élèves dans le second degré. Cet argument est contredit par les chiffres avancés par sa propre Direction de la Programmation et du Développement (DPD), qui avaient été confirmés par l'audit commandé par le Ministère en décembre 2002.

L'audit chiffrait à 16 619 le nombre de départs en 2005 tout compris. La DPD, elle, chiffrait le nombre des personnels nouveaux nécessaire à 18 700 par an sur la période 2004-2011, à effectifs d'élèves constants et à 15 800 par an sur la période 2004-2008 en tenant compte de la régression des effectifs. Ce qui conduit pour les concours 2004 à un nombre de 18 500 postes minimum en tenant compte d'une part de la régression des effectifs d'élèves et du rendement réel des concours (en moyenne 8,5 recrutements effectifs pour dix postes mis aux concours).

Le déficit à la rentrée 2005 sera donc de 6000 enseignants.

L'argument des départs en retraite qui seraient retardés ne tient pas plus puisque les départs différés du fait de la disparition du Congé de Fin d'Activité et de la Cessation Progressive d'Activité sont compensés par des départs anticipés du fait de la nouvelle législation sur les retraites.

Ce choix en tout point catastrophique se traduira sur le terrain
- d'une part par une réduction de l'offre de formation (suppression d'options, de sections, notamment dans les établissements technologiques et professionnels, d'établissements, notamment en milieu rural) et par une augmentation des effectifs par classe qui pénaliseront au premier chef les élèves les plus en difficulté.
- d'autre part par une explosion du recrutement de personnels précaires.

Il aura aussi pour conséquence de détourner encore un peu plus les étudiants des carrières de l'enseignement alors que les départs en retraite vont exploser, à partir de 2005 et pour plusieurs années, que les effectifs d'élèves du second degré vont repartir à la hausse d'ici quelques années et que les organismes internationaux (Commission Européenne et OCDE notamment) ne cessent d'alerter les gouvernements sur le risque majeur de pénurie d'enseignants dans les prochaines années.

Cette annonce faite en catimini confirme que le Ministre entend tirer du Grand débat, dont il a vanté avec beaucoup d'éclat l'intérêt, des conclusions qu'il a déjà largement anticipées. La future loi d'Orientation, qu'il prépare, consacrera bien une régression sans précédent du système éducatif.

Le SNES va poursuivre sa campagne de sensibilisation de l'opinion sur cette question décisive des recrutements. Il propose dès maintenant, en s'adressant à l'ensemble des organisations syndicales de l'Education, qu'elle soit avec la préparation de la rentrée au cœur d'actions incluant la grève dans les prochaines semaines.

Paris, le 23 janvier 2004

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2 : SE-UNSA

Recrutement 2004 d'enseignants : mauivais coup ministériel.

A seulement une semaine du début des épreuves, le ministère vient enfin de communiquer le nombre de places ouvertes aux concours de recrutement d’enseignants pour 2004. Cette annonce éclaire d’un jour cru les choix gouvernementaux pour l’Education nationale.

Les écarts entre les chiffres annoncés et les besoins, mesurés dans un audit que le ministère avait lui-même commandé à l’Inspection Générale en 2002, sont parlants :

- 13000 recrutements dans le 1er degré pour près de 17 000 besoins ;

- 12500 recrutements dans le 2nd degré pour près de 18 000 besoins.

Ces besoins sont en fait sous-évalués. En effet, la nouvelle législation sur les retraites a précipité les cessations d’activité. Il faut ajouter également que, dans le 2nd degré, les concours 2003 avaient été rendus déficitaires de 2500 places par la décision ministérielle de ne pas recourir aux listes complémentaires.

En décidant une baisse des recrutements en 2004, au moment où les départs en retraite s’intensifient, le ministère hypothèque gravement l’avenir du service public de l’Education nationale.

Alors que le Président de la République avait pourtant annoncé une inflexion politique sur l’emploi, cette décision fermera à des milliers d’étudiants l’accès au métier d’enseignant.
25/01/04