PENDANT LE GRAND DEBAT, LE DEMANTELEMENT CONTINUE : LANGUES ANCIENNES ET SECTIONS TECHNOLOGIQUES


A Limoges :
Le latin et le grec sont supprimés dans 9 lycées de l'académie . Sur les 900 lycéens qui étudient des LA cette année, il ne restera que 3 classes (1 par département!). L'exemple le plus révoltant est celui de Tulle où 124 élèves qui sont inscrit en latin sont brutalement privés de cet enseignement.

A Lannion :
Au lycée Félix Le Dantec de Lannion (22), des fermetures de classes sont envisagées pour la rentrée prochaine. Il s'agit de deux secondes générales, d'une première STI et de deux terminales STI. Ces deux dernières sont jugées trop coûteuses par rapport aux filières classiques (cf http://www.sauv.net/ctrc.php?id=515)

Grand débat ou pas, le scénario est bien rodé :

1) A l’Assemblée nationale, le 9 octobre dernier, les ministres sont mis en demeure de diminuer le coût de l’Education Nationale, en dehors de toute réflexion sur l’instruction du pays, comme le montre le rapport de la séance (http://www.assemblee-nationale.fr/12/budget/plf2004/b1110-30.asp) :

« À l'heure où s'ouvre, à l'initiative du Gouvernement, le grand débat public sur l'avenir de l'école qui vise à redéfinir les missions assignées à notre système éducatif, la question des moyens financiers affectés à celui-ci ne peut plus être posée dans les termes où elle l'a été au cours des dernières décennies.

(…) On le sait, le budget de l'enseignement scolaire est marqué par le poids considérable des dépenses de personnel, qui représenteront près de 94 % des crédits pour 2004. (…)

C'est dire l'urgence de la réforme.

Celle-ci ne pourra se limiter à l'administration ou à la gestion du système éducatif, comme la stratégie ministérielle de réforme élaborée par les ministres compétents pourrait le laisser croire. La question des savoirs ou des matières enseignées - au travers de la multiplication des options par exemple -, celle des méthodes pédagogiques - au travers notamment de la promotion de la bivalence, au rebours des politiques menées depuis 25 ans - devront être abordées dans le souci constant de rapprocher évaluation des coûts et appréciation des résultats obtenus.»

2) Suggestion immédiate : la suppression des options, qui entraînera celle des emplois .

M. Philippe Auberger a indiqué que le grand débat national doit permettre un état des lieux précis, mais ne doit pas préjuger des solutions qui seront finalement retenues dans la loi de programme. Il faut résoudre la question des classes de faibles effectifs, par exemple en STI, littérature ou langue allemande. Quel montant d'économies pourrait-on faire si l'on y remédiait ?

M. Xavier Darcos, ministre de l'enseignement scolaire, a apporté les précisions suivantes : "les options qui consistent par exemple en l'étude d'une langue rare, doivent être rationalisées car elles concernent peu d'élèves mais représentent un coût de recrutement très élevé."

3) Et pour justifier la suppression des options, le chantage à la culpabilité et l’alibi de l’élitisme ! (Le Monde du 9 janvier 2004, http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3232,36-348271,0.html)

"Nous avons donné instruction aux recteurs de préserver les collèges, où se jouent beaucoup de choses. Il n'est pas normal de baisser leurs moyens au bénéfice d'une multiplication d'options aux lycées pour une petite poignée d'élèves. Il y a là une dérive élitiste, développe M. de Gaudemar.

(…) Ces instructions risquent d'être mal accueillies dans les lycées, qui gagnent des élèves (pas loin de 8 000), alors que les collèges en perdent plus de 41 000."
10/01/04