"PLUS LE DEBAT AURA ETE CORRECTEMENT SYNTHETISE..."


Le Monde
Jeudi 8 janvier 2004

"Les deux raisons de participer au débat national sur l'école"
par Claude Thélot, président de la commission chargée du débat national sur l'Avenir de l'école.

Extrait. Les caractères gras ont été ajoutés.

(Texte intégral : http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3232,36-348271,0.html)

"La critique parfois émise d'un processus plat et sans signification (le gouvernement ne devrait pas être "à la traîne de l'opinion", le débat aurait dû se dérouler à partir d'hypothèses fournies par lui, d'ailleurs ce débat n'est que le reflet de son absence d'idées et ne sert qu'à divertir l'opinion, notamment après le printemps dernier, etc.) me paraît sans fondement réel. Je crois au contraire qu'il faut y voir une chance d'enrichissement, de refondation de notre vie politique. Non pas que sur tout sujet un tel processus doive être envisagé. Mais que sur tous les grands aspects de notre vie collective, le processus classique de choix dans notre démocratie parlementaire soit précédé d'un tel temps de démocratie participative me semble très prometteur. Cela ne se produira dans l'avenir que si le débat actuel est une réussite.

Que veut dire, dans ce contexte, réussite ? Il me semble qu'il faut partir de la remarque suivante : pour qu'il soit crédible, le débat doit être animé et synthétisé par une instance dont l'indépendance par rapport au pouvoir soit reconnue et effective : c'est le cas avec la commission actuelle. Mais la contrepartie de cette règle cardinale réside dans le fait qu'à son tour le gouvernement est, si je puis dire, indépendant en un sens du travail de la commission, c'est-à-dire qu'il ne se fondera sur ses résultats que s'il a été très large.

Plus précisément, plus le débat aura réuni de citoyens et plus il aura été correctement synthétisé, plus les choix du gouvernement tiendront compte de ses enseignements et, du coup, plus la démarche apparaîtra crédible aux yeux du citoyen. La boucle est bouclée : son avis aura pu être entendu, au sens précis suivant : les choix que le gouvernement et le Parlement auront faits n'iront évidemment pas dans le sens de chacune des opinions exprimées, faute de consensus, mais ils auront été faits en ayant pleine connaissance et conscience de ce qu'auront dit les citoyens, du moins de ceux qui se seront exprimés. Réussie, cette forme de démocratie participative n'a pas vocation à se substituer à notre démocratie parlementaire, mais à l'enrichir."
10/01/04