PLOUGASNOU, COMMANA (29) : PENDANT LE GRAND DEBAT, LES FERMETURES CONTINUENT...


OUEST-FRANCE 12/12/03, édition Finistère

Les maires ruraux inquiets pour l'avenir des écoles

L'assemblée générale de l'AMR 29, Association des maires ruraux du Finistère, s'est tenu mercredi dernier à Landeleau en présence du préfet, de la sénatrice Yolande Boyer, du conseiller général François Riou. Les maires ont exprimé leurs inquiétudes face aux différents services publics de proximité (école, poste, gendarmerie ...), qui, sous couvert de regroupement des services, accélèrent de fait la désertification rurale. La menace de fermeture des collèges de Commana et de Spézet a particulièrement irrité les élus.


Catherine Le Bras, maire de Landeleau a accueilli l'Association des maires ruraux du Finistère présidée par Yves Uguen, maire de Goulven. Les élus ont demandé instamment au représentant de l'Etat d'être associés aux décisions qui concernent les services publics, notamment pour la carte scolaire. Ils estiment être souvent mis devant le fait accompli, en cas de fermeture de classe par exemple. « Une commune sans école, c'est une commune qui se meurt » souligne un élu. « Il faut que les services publics se modernisent. Il n'est pas nécessaire d'avoir une école par commune, il faut penser au niveau de l'intercommunalité » répond le préfet . La motion présentée par l'AMR 29 a été adoptée à l'unanimité des participants. Elle stipule que « l'école publique représente pour la commune rurale la structure essentielle qui lui permet d'assurer son avenir. Elle est indispensable aux familles qui vivent sur la commune et à celles qui choisissent de s'y installer. Les projets de regroupement annoncés par l'inspecteur d'académie et le ministère de l'Education nationale ne sont pas un but en soi, s'ils doivent être établis, ce doit être dans la concertation avec les parents d'élèves et les maires ». La seconde partie de la réunion a porté sur les nouvelles formules d'hébergement pour les personnes âgées. Yves Uguen a évoqué le projet de sa commune, Goulven. « Les personnes âgées souhaitent rester dans leurs communes et non aller en maison de retraite. Nous proposons de construire une structure pour accueillir neuf personnes âgées, avec un espace privatif, un espace commun, qui serait gérée par une association d'aide à domicile. Cette innovation sera présentée au conseil général » souligne Yves Uguen . Ce projet a suscité l'assentiment de l'assemblée.

En marge de la réunion, une délégation de parents d'élèves du collège de l'Aulne de Spézet conduite par le maire, Louis Le Rouzic, a fait part au préfet de son opposition au projet de fermeture du collège.


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OUEST-FRANCE 15/12/03, édition Morlaix

Raymond Lever, maire : « Je suis prêt à mettre ma démission dans la balance »

Pas content Raymond Lever, maire de Commana. C'est en lisant Ouest-France le samedi 6 décembre, qu'il a découvert que le collège de sa commune pouvait être menacé. Sa première réaction, « même si la nouvelle n'est pas officielle », aura été d'écrire à l'inspecteur d'académie, au conseil général, à la députée.... À Commana « le collège a été déterminant pour inciter certaines familles à venir s'installer » indique le maire. Il se félicite par ailleurs du fait que la localité offre sur place « beaucoup de services » à travers les commerces et les professions de santé et la Poste « même si de ce côté-là aussi le contexte semble incertain ». Commana est prête à en faire beaucoup pour son collège. En projet, un équipement entièrement rénové en matière de restauration avec une facture de 850 000 € sur laquelle la commune est prête à prendre sa part sans sourciller « même si cela doit grever notre budget pour plusieurs années ». La politique de l'habitat va dans le même sens : « un lotissement s'est terminé en mai et le prix des terrains défie toute concurrence ». L'élu municipal se dit « heurté de devoir constater une si grande différence de vue entre les élus et l'appareil de l'État. Quand on parle de loi sur la solidarité rurale, on ne peut pas avoir d'un côté les discours et de l'autre, la destruction. » Si le dossier devait prendre une mauvaise pente, le maire se dit prêt à mettre sa démission en jeu.

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OUEST-FRANCE 15/12/03, édition Morlaix

Création d'un collectif pour défendre les collèges ruraux.
Commana, Plougasnou sur le qui-vive

Les communes de Plougasnou et de Commana réagissent face aux menaces qui pourraient peser sur le maintien de leurs collèges. Même si pour l'instant la question n'est pas officiellement tranchée au niveau du rectorat, élus et parents commencent à faire front. À Commana, le comité de défense des collèges ruraux (CDCR) a été constitué samedi matin.

Même si la menace de fermeture de collèges ruraux dont les effectifs se situent au-dessous de la barre des 100 élèves est encore à prendre au conditionnel, les communes concernées (1) n'entendent pas attendre le couperet final pour réagir. Dans la région de Morlaix, Commana et Plougasnou ont commencé à bouger.

Dans les Monts d'Arrée, la fronde a commencé à prendre forme à l'occasion du débat national sur l'école. Samedi matin, celui-ci a été boycotté par les parents qui n'ont pas trouvé opportun de discuter de « grandes idées » au moment où le maintien de l'établissement de Commana pouvait être mis en question. Les 150 personnes qui s'étaient déplacées pour la réunion ont donc préféré se consacrer à cet unique sujet. Symboliquement ceint de l'écharpe tricolore, le maire Raymond Lever a assisté à la rencontre pour marquer lui aussi « son profond désaccord » avec ce qui pourrait bien se tramer. Suite à divers contacts, les uns et les autres pensent avoir jusqu'au mois de janvier pour mettre en place une stratégie d'opposition.

Plusieurs parents présents ont témoigné de leur attachement au collège. « C'est l'un des arguments qui nous a fait acheter une maison ici » ont relaté des représentants de familles issues de Commana mais aussi de La Feuillée, de Botmeur, de Guimiliau ou encore de Saint-Sauveur. « C'est le combat de la ruralité et de la montagne » a lancé un participant. « À l'heure où tout le monde vante les vertus de la proximité, on ne peut admettre que l'on ferme nos établissements scolaires ».

Rendez-vous mercredi 17

Un comité de défense a été constitué, qui entend s'allier avec les autres établissements ruraux concernés. Ce collectif a choisi Françoise Bourles et Simon Piquemal comme porte-parole. Et le maire a été l'un des premiers à lever la main pour s'y inscrire. Le collectif de défense des collèges ruraux (CDCR) ainsi constitué au coeur de l'Arrée « exige » désormais que le recteur d'académie vienne sur place expliquer sa démarche. Dans un communiqué, il a appelé « les parents de tous bords et la population des communes relevant du collège de Commana mais aussi de tous les autres collèges semblant figurer sur la « liste noire » du recteur à se retrouver le mercredi 17 décembre à 20 h 30 à la salle des fêtes de Commana pour amplifier la mobilisation naissante ».

À Plougasnou, après avoir abordé la question jeudi en conseil municipal, une réunion publique a été programmée. Elle aura lieu ce lundi 15 à 18 h 30 à la salle des fêtes en présence des élus.


­ Collectif de défense des collèges ruraux, section de Commana, mairie, 29 450 Commana. Contacts Françoise Bourles, Simon Piquemal, tél. 06 19 42 92 17.

(1) Camaret, Plougasnou, Commana, Spézet

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OUEST-FRANCE 16/12/03, édition Morlaix

Des menaces pèsent sur les collèges ruraux
Débat sur l'école : les élus partent...

Dans le cadre du grand débat national sur l'avenir de l'école, une réunion a eu lieu samedi à Plounéour-Ménez. Devant les menaces qui pèsent sur l'avenir des collèges de Commana et de Plougasnou cette année, et en filigrane sur celui de Plounéour, les élus du canton de Saint-Thégonnec ont quitté la salle.


« C'est une mascarade. » Ernest Géréec, maire de Plounéour-Ménez ne mâche pas ses mots. Samedi, il a participé à une réunion à la salle polyvalente de la commune énéourienne sur l'avenir de l'école. Y prenaient part, les élus du canton de Saint-Thégonnec, du personnel communal affecté aux écoles, des enseignants du premier et second degrés, et quelques parents d'élèves, « ces derniers étant d'ailleurs très très peu représentés. »

Après avoir exprimé leurs profondes inquiétudes, les élus du canton de Saint-Thégonnec ont quitté la salle, « refusant de cautionner un tel débat. On veut nous faire croire que l'on va discuter de l'avenir alors que dans le même temps l'inspection d'académie signale la fermeture des collèges ruraux comme sur Commana, Plougasnou et plus tard sur Plounéour. Ce sont des décisions prises unilatéralement » s'insurge Ernest Géréec. Les élus et la population comprennent d'autant plus mal les menaces qui pèsent sur les établissements scolaires ruraux « que les effectifs des écoles et collèges du canton augmentent de façon constante et les investissements des communes et du département suivent l'évolution de ces effectifs. »

Les élus locaux ne cachent pas leur stupeur devant ces décisions. « Il est, en effet, inconcevable de fermer des écoles et des collèges qui contribuent à l'aménagement du territoire et au maintien des services publics. Soucieux des intérêts du monde rural et convaincus de l'efficacité de collèges de proximité », ils appellent « à la vigilance de l'ensemble de la population, sur ce dossier qui concerne l'avenir de nos communes. »

« Mener le même combat »

La mobilisation se met en place. Ainsi, lors du conseil de jeudi prochain à Plounéour-Ménez, une motion devrait être adoptée pour le maintien du collège.

Par ailleurs, le maire Ernest Géréec a pris contact avec son homologue de Commana et participera avec d'autres élus du canton à une réunion publique mercredi 17, à la salle des fêtes de Commana. « Nous allons également créer une section qui va intégrer le collectif de défense des collèges ruraux. On va se battre pour que nos collèges perdurent. Nous demandons au minimum que l'on discute sur leur évolution, qu'il n'y ait pas de décisions de prise autoritairement. A Plounéour nous sommes sur une pente ascendante. Lorsque nous avions connu des soucis on avait été soutenu par l'inspection académique. Et aujourd'hui on parle de fermer... On prend très mal ce coup porté. »

Ernest Géréec met en avant le coût d'une telle mesure. « Il y aura des frais de transport scolaire supplémentaire qui vont retomber sur la CAPM et le conseil général. Au niveau discipline et autres nous n'avons pas de problème. Mais dans un plus gros établissement, qu'en sera-t-il ? » Le maire conclut : « Aujourd'hui, Commana et Plougasnou sont visés. Mais on ne se frotte pas les mains. On sera sur la sellette après. Nous devons mener ensemble, le combat. »


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OUEST-FRANCE 17/12/03 édition Morlaix

Action « ville morte » jeudi pour conserver le collège

Les Plouganistes s'organisent pour manifester leur colère par rapport à l'éventualité de la fermeture du collège. La mairie et le conseil général les rejoignent dans l'indignation.


Lors de la réunion, lundi, à la salle des fêtes, beaucoup de parents d'élèves ont participé au débat sur l'avenir du collège. Ensemble avec Jean-Luc Fichet, vice-président du conseil général du Finistère, le maire Yvon Tanguy, des élus, les directeurs des écoles et les présidents des associations de parents d'élèves, ils se sont penchés sur la question brûlante : « Comment exprimer son désaccord avec le mnistère de l'Éducation nationale qui cherche à fermer les collèges avec un effectif inférieur à cent cinquante élèves ? »

Pierre Tayeb, président de l'association de parents d'élèves du collège, rappelle que « lors du conseil de l'administration du collège, il y à dix jours, ni les conseillers, ni le principal remplacent, ni les instituteurs se doutaient d'une menace de fermeture. Au contraire la situation du collège s'avérait seine. Maintenant, tout le monde s'inquiète, y compris les parents dont les enfants rentrent tout juste en maternelle. »

Jean-Luc Fichet précise que même au niveau du conseil général, personne n'était au courant et qu'il a appris la nouvelle, comme tout le monde, par la presse. « C'est le conseil général qui finance les collèges, tous comme les communes financent les écoles maternelles et primaires, la Région les lycées et l'État les universités. Mais, dans tous les cas, c'est le ministère de l'Éducation nationale qui décide du sort des établissements. » Il s'étonne qu'au moment ou on émet une loi sur la ruralité des services de proximités on avance l'idée de fermeture et de regroupement, par souci d'économie ? Mais le rendement n'est pas toujours réel et prouvé, pour ne pas parler des dégâts sociaux. Il se déclare solidaire avec chaque action qui vise le maintien du collège à Plougasnou.

« Un collège est un atout majeur pour une commune rurale » explique le maire, qui à fait ses prévisions pour les effectifs des années à venir : « Si les parents d'élèves gardent la confiance dans le collège, les effectives devrait tourner aux alentours de 115 élèves. » Plusieurs arguments devraient jouer en faveur du collège : l'arrivée d'une quinzaine d'enfants de gendarmes maritime et le nouveau lotissement. « Même si le prix des terrains s'avère trop élevé pour certain, cela libérera d'autre maison sur la commune, accessible à de nouveaux venus. »

Afin de marquer l'affection au collège, la décision est prise d'agir avant les vacances de Noël. Une manifestation aura lieu, à laquelle tous les élèves, parents et habitant sont invités, jeudi 18 décembre, entre 16 h et 17 h, au collège. La collaboration est demandée des commerçants afin de participer à l'action « ville morte » en fermant leurs commerces pendant cette heure. Un tract circulait déjà, mardi au marché, et un employé de La Poste propose de le distribuer dans les boîtes aux lettres. La mairie offrait la photocopieuse afin de l'imprimer. Le maire rappelle : « Ensemble nous pourrons faire pressions afin de sauvegarder notre collège. »

Dans l'immédiat un rendez-vous sera pris avec M. Robert, inspecteur de l'académie. Une délégation assistera aujourd'hui, mercredi, à la réunion du collectif de défense des collèges ruraux, à Commana.
18/12/03