ILS REFUSENT D'ETRE LES ACTEURS DE LA MISE A MORT DE L'ECOLE REPUBLICAINE (LYCEE EUROPE A CHOLET).




« Débat national sur l’avenir de l’Ecole »


Plus de 50 enseignants, documentalistes, surveillants, agents et ouvriers du Lycée Europe de Cholet dans le Maine-et-Loire, suite aux réunions de fin novembre et début décembre 2003 avec les organisations syndicales FO, SNES, SUD, prennent position.

Considérant qu’au moment-même où les établissements scolaires sont confrontés :
1) à la suppression de :
- 1500 postes d’enseignement
- 2000 postes de professeurs stagiaires dans les collèges et lycées
- 1100 postes de personnels administratifs
- 20.000 emplois jeunes
- 14.000 emplois de surveillants
2) au transfert de 90.000 techniciens et ouvriers de service vers les collectivités territoriales au 01/01/2005
3) au non remplacement des personnels absents toutes catégories confondues
4) au recours accru à des personnels vacataires et contractuels forcément non formés
5) à une absence de relève pour les 40% d’enseignants qui partiront à la retraite d’ici 2010
6) à la réduction des horaires disciplinaires
7) à l’augmentation du nombre d’élèves par classe


Considérant qu’au moment où les salariés que sont les personnels de l’Education Nationale sont confrontés, comme tous les salariés :
1) à la flambée des prix des produits alimentaires de base sous couvert de passage à l’euro
2) à la flambée des taxes locales sous l’effet de la régionalisation en marche
3) à la flambée du prix des assurances complémentaires maladie sous l’effet du déremboursement de médicaments et d’actes médicaux
4) à la flambée du prix des assurances complémentaires retraite sous l’effet de la réforme des retraites
5) à la disparition de services publics (bureaux de poste, hôpitaux …) sous l’effet du désengagement de l’Etat
6) au blocage et à la baisse des salaires (baisse effective des salaires pour les fonctionnaires que sont les personnels de l’Education Nationale au 01/01/2004)
7) à l’avalanche de plans de licenciement
8) au développement considérable de la précarité et de l’exclusion (60 millions d’habitants en France : une prévision de 61 millions de repas servis par les seuls Restos du Cœur pour cet hiver 2003-2004)
9) aux tentatives gouvernementales de culpabilisation de la population




Considérant qu’au même moment le gouvernement organise un « débat national sur l’avenir de l’Ecole » en proposant 15.000 réunions « publiques » d’ici février 2004 et 22 sujets « prospectifs » + 1 où il est question :
1) de remettre en cause le caractère obligatoire, public et laïc de l’Ecole, ainsi que la gratuité et l’égalité d’accès à l’instruction (fiches 1 à 7 bis)
2) de confondre ce qui est du domaine parental (« l’éducation ») et ce qui est du domaine de l’Ecole (« l’instruction ») (fiches 1 à 7 bis)
3) de détruire les diplômes nationaux reconnus par les conventions collectives au profits de diplômes « maison » reconnus par des conventions « maison » d’entreprise (fiches 8 à 17)
4) de fournir une main d’œuvre bon marché aux entreprises locales en favorisant la « discrimination positive » sociale et territoriale (fiches 8 à 17)
5) de détruire l’Ecole « lieu d’instruction » au profit d’une « école lieu de vie » (fiches 8 à 17)
6) de détruire les statuts qui sont aux personnels de l’Education Nationale ce que sont les conventions collectives aux salariés du privé (fiches 18 à 22)
7) d’assujettir l’Ecole, ses personnels et les élèves aux pouvoirs politiques et économiques locaux (fiches 18 à 22)


Considérant que les questions posées tournent le dos aux véritables préoccupations et revendications des personnels de l’Education Nationale,

Considérant que la future loi d’orientation pour l’Ecole est déjà contenue dans les réponses fortement induites par les questions posées,

Décident de ne pas prendre part aux débats organisés par le ministère dans l’enceinte des établissements scolaires et sur le temps de travail, débats institués pour tenter de contraindre les personnels de l’Education Nationale à enfreindre dans l’exercice de leurs fonctions leurs devoirs et obligations de réserve, pour contraindre les établissements publics à enfreindre leur mission, afin de leur faire cautionner un choix politique d’Ecole.

Ils refusent d’être les acteurs de la mise à mort de l’Ecole républicaine et dénoncent la tentative gouvernementale de les enfermer dans un rôle de « fonctionnaires d’application » des années 1930 ayant sacrifié l’ « Instruction Publique » pour l’ « Education Nationale » et appellent leurs collègues à la désobéissance civique pour faire respecter les règles démocratiques.

Ils proposent une information ** sur la base du rapport des experts remis en octobre 2003 au gouvernement et intitulé « Eléments pour un diagnostic sur l’Ecole » et à partir des deux documents de vulgarisation de quatre pages destinés à la population.

Ils s’interrogent enfin sur la démocratie dite « participative » qui, outre à déchoir les élus politiques de leurs charges et responsabilités, consiste à interroger « 60 millions » de citoyens sur l’avenir de l’Ecole mais à ne pas l’avoir fait sur la question des retraites. A quand un débat national avec « 60 millions d’avis à partager » sur les entreprises privées qui empochent des subventions d’Etat et bénéficient d’exonérations patronales pour, peu après, délocaliser et licencier des centaines et des milliers de salariés ?



** vendredi 12 décembre 2003, 14h15-16h15, salle C 101, lycée Europe
11/12/03