22 AOUT : FIN DE NON RECEVOIR SUR LE PAIEMENT DES JOURNEES DE GREVE.


LEMONDE.FR 22.08.03

Education : Le gouvernement ne cède pas sur le paiement des jours de grève

L'UNSA a regretté cette décision, en estimant qu'elle "risque de peser lourdement sur la rentrée" scolaire, début septembre, en soulignant que des enseignants grévistes s'étaient déjà vu retirer "aux alentours de 700 euros dans certaines académies".
Le dialogue a repris entre le gouvernement et les syndicats de l'éducation reçus depuis jeudi par le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, mais le climat est perturbé par la question des retenues salariales pour faits de grève. Jean-Pierre Raffarin s'est prononcé vendredi 22 août pour une application stricte des retenues sur salaires pour jours de grève, a indiqué le secrétaire général de l'UNSA-Education.

"Le premier ministre a tenu un discours très ferme que nous contestons, c'est-à-dire l'application stricte de la circulaire du 4 août, avec prélèvement des week-ends et des jours fériés, donc des ponctions importantes sur les salaires", a déclaré Patrick Gonthier après deux heures d'entretien à Matignon. Il a précisé que dans certaines académies ce prélèvement s'élevait "aux alentours de 700 euros".

La question des retenues des jours de grève du printemps dernier est un des contentieux de cette rentrée scolaire. La circulaire du 4 août stipule que "les périodes de grève sont considérées comme un tout", les retenues devant inclure jours fériés, congés et week-ends si le fonctionnaire a fait grève le jour précédant et le jour suivant ces périodes. Les fonctionnaires grévistes pourraient de ce fait se voir retenus les "ponts" du mois de mai ou même les 15 jours de vacances de printemps pour certains enseignants. Le 19 août, le ministre de l'éducation, Luc Ferry, avait dit que la circulaire serait appliquée "de façon intelligente".

Jeudi soir, quand le leader de la FSU (premier syndicat de l'éducation), Gérard Aschieri, est sorti de Matignon, on pouvait croire à un réglement à l'amiable. "M. Raffarin nous a dit que les choses n'étaient pas fermées et que les syndicats pourraient en discuter la semaine prochaine avec M. Ferry", avait-il déclaré.

Or, vendredi, à sa sortie de Matignon, le secrétaire général de l'UNSA (deuxième organisation), Patrick Gonthier, a donné un autre son de cloche. "Le premier ministre nous a déclaré vouloir appliquer 'sans discussion' la circulaire et il a souligné que le seul périmètre de discussion pouvait porter sur deux éléments : vérifier qu'il n'y a pas de disparités entre académies et redéfinir pour l'avenir les règles du jeu", a-t-il dit. "En clair, cela signifie qu'il n'y a pas à revenir sur une décision d'une extrême sévérité. Cette fin de non-recevoir risque de peser lourdement sur la rentrée, s'ajoutant au contentieux déjà si important", a-t-il ajouté.

"CONTENTIEUX LOURDS"

Que s'est-il passé entre jeudi et vendredi ? Gérard Aschieri a déclaré qu'il "était tout à fait possible que le premier ministre, qui nous avait semblé mal à l'aise sur cette question et peut-être même mal informé des implications, ait été briefé entre temps par des tenants d'une application stricte du texte". "En tout état de cause, les enseignants qui commencent à être ponctionnés (jusqu'à un tiers ou même la moitié de leur dernier salaire) risquent de ne pas apprécier cette façon de renouer le dialogue et risquent d'agir en conséquence", ont estimé les syndicalistes à onze jours de la rentrée du 2 septembre. Le Parti communiste, dans un communiqué, a estimé que le premier ministre avait "décidé d'appliquer avec brutalité les retenues sur salaire pour les grévistes de l'éducation nationale", en s'élevant contre "une décision revancharde".

Comme la FSU la veille, l'UNSA a relevé de la part du premier ministre une "volonté de dialogue" qui demande à être concrétisée. "Des contentieux lourds demeurent", a déclaré Patrick Gonthier, expliquant que des questions aussi importantes que la décentralisation, les retraites et les salaires n'avaient "pas trouvé de réponses ou alors imparfaites, injustifiées et inégalitaires". Se gardant de prédire une rentrée "chaude", il a estimé que ce contentieux risquait de "peser lourd" dans l'appréciation des conditions de la rentrée par les personnels éducatifs. Il a demandé une concertation sur le budget 2004 de l'éducation, en estimant notamment que 900 postes seraient "certainement" supprimés dans le second degré et que 9 000 à 10 000 postes d'encadrement (assistants d'éducation) manqueraient.

Avec AFP et Reuters
22/08/03