SONDAGE IPSOS : LES PARENTS D'ELEVES SOLIDAIRES DES ENSEIGNANTS


11 juin 2003 - L'enquête Ipsos-Le Point-LCI fait le point sur l'opinion des Français vis-à-vis de l'Education Nationale. Si le métier d'enseignant reste très valorisé, la perception de dysfonctionnement dans le système éducatif français encourage une courte majorité de Français, et une part plus large de parents d'élèves, à soutenir le mouvement de grève. Ce sondage sera présenté à Luc Ferry par Pierre Giacometti, lors de l'émission "100% citoyen" diffusée ce soir à 18h30 sur LCI.

Au fil du temps, le métier d'enseignant a peut-être perdu une part de son prestige ; il n'empêche qu'aujourd'hui cette profession reste très valorisée. Si un jeune venait leur demander conseil, huit Français sur dix "encourageraient" les vocations, en argumentant sur "l'intérêt et l'utilité du métier" (dans deux cas sur trois), ou sur "la garantie de l'emploi" (un cas sur cinq). A noter que "les horaires de travail, les vacances" (8%) ou "la possibilité d'organiser son travail sans contraintes hiérarchiques" (6%) sont moins souvent cités. Les 16% de personnes interrogées qui chercheraient plutôt à "dissuader" de s'orienter vers l'enseignement pensent d'abord aux "conditions de travail (sécurité, stress, manque de moyens)".
Si le métier fait donc toujours faire rêver, l'image du système éducatif français est plus terne. La perception globale de dysfonctionnement - sept personnes sur dix estiment qu'il y "tout" ou "beaucoup à changer" - est toutefois nuancée par une image sectorielle nettement plus favorable : pour chaque niveau, la majorité des sondés juge l'enseignement "satisfaisant". Les taux de satisfaction se dégradent toutefois d'un échelon à l'échelon supérieur. Ainsi, huit Français sur dix jugent que l'enseignement en maternelle est satisfaisant, sept sur dix sont de cet avis concernant l'école primaire, mais plus qu'un sur deux pour le collège, le lycée, et le supérieur.

Le crédit de l'enseignant dans la société et l'image défavorable du fonctionnement du système éducatif expliquent pour partie le ralliement global de la majorité au mouvement de grève dans l'Education Nationale. Un peu plus de la moitié (54%) des personnes interrogées se déclarent "solidaires à l'égard de l'ensemble des revendications des enseignants de ces derniers mois", contre 44% d'avis contraire. Les parents d'élèves - en primaire ou au collège notamment - soutiennent davantage le mouvement (61% de "solidaires").
Lorsque l'on questionne les Français sur le détail des revendications, on retrouve cette courte majorité solidaire des grévistes. La moitié des sondés (52%) pensent que le projet de loi sur la décentralisation "est une mauvaise chose, car cela entraînera des inégalités, en fonctions des moyens que les régions ou départements voudront ou pourront consacrer au personnel non-enseignant". Quatre personnes sur dix jugent au contraire que ce serait plus efficace, car l'on connaît mieux les besoins de chaque établissement au niveau local que national. Là encore, les parents d'élèves sont proportionnellement plus nombreux à s'opposer au gouvernement (58% contre 38%).

S'ils étaient députés, 51% voteraient contre le projet de loi sur la réforme des retraites, 44% se prononceraient en sa faveur. La question est nettement plus tranchée chez les salariés du public (70% voteraient contre") que du privé (56%).

Canal Ipsos
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13/06/03