VIOLENCES POLICIERES DU MARDI 10 JUIN


Ci dessous une dépêche que j'ai envoyée ce matin 11 juin à l'AFP, scandalisée que j'étais par les événements qui se sont déroulés hier et par "l'interprétation médiatique" qui en a été faite.

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AFP
Violences policières

Mardi 10 juin, place de la Concorde. De nombreux manifestants sont encore réunis, progressivement rejoints par les derniers cortèges en provenance de Bastille. Vers 18 heures, certains improvisent calmement un sit-in devant les grilles érigées par les CRS, sur le Pont de la Concorde. Ils se relèvent rapidement, à l’arrivée de nouveaux manifestants. L’ambiance devient un peu plus tendue : quelques cannettes métalliques et bouteilles en plastique vides sont lancées par dessus les grillages, au son de « Raffarin démission ! ».
Vers 19 heures, les CRS envoient sans sommation les premières salves de bombes lacrymogènes. La situation ne cessera ensuite de dégénérer : à plusieurs reprises, les manifestants sont la cible des CRS, qui multiplient les lancés de gaz lacrymogènes, chargent une première fois les manifestants, tentent de les faire reculer à coup de lances à eau.
Vers 19h30, des représentants des « forces de l’ordre » commencent à se déployer à droite des manifestants. A 20 heures, après de nouveaux jets de gaz lacrymogènes, les CRS encerclent les manifestants et les obligent à se replier vers Madeleine. Beaucoup sont en larmes et exaspérés par ce recours inutile à la force. Vers 20h20, la Concorde est vide.
Les violences policières se poursuivent néanmoins jusque tard dans la nuit, obligeant les manifestants à se réfugier à l’Opéra Garnier. Une trentaine d’entre eux sont interpellés…
Contrairement à ce qu’ont pu affirmer les médias, les victimes de ces violences n’étaient pas des « casseurs » : étaient rassemblés place de la Concorde, des personnels de l’éducation, des parents d’élèves, mais aussi des représentants de diverses professions, cheminots, postiers, intermittents du spectacle, personnels hospitaliers, etc.
La manifestation aurait pu s’achever dans le calme ; le gouvernement en a décidé autrement.

Elodie Walck
Professeur en grève
12/06/03