LE POINT SUR LA NOUVELLE JOURNEE DE MOBILISATION JEUDI.


Appel des syndicats à une nouvelle journée de mobilisation jeudi

PARIS (Reuters)11 juin, 6 h 42.

Les organisations syndicales opposées au projet gouvernemental de réforme des retraites ont appelé mardi soir à une septième journée de mobilisation jeudi 12 juin, mais sans blocage des examens en ce premier jour des épreuves du baccalauréat.


La CGT, la FSU, l'Unsa et FO, dans une déclaration commune, ont appelé à une "nouvelle journée nationale interprofessionnelle de grèves et de manifestations", tout en soulignant qu'"une forte mobilisation est à nouveau possible sans bloquer les épreuves du baccalauréat".


Les leaders des quatre syndicats tiendront un meeting commun jeudi midi devant le stade Vélodrome de Marseille, dont le maire UMP Jean-Claude Gaudin leur a refusé l'accès.


Les organisations sont parvenues à préserver l'unité syndicale pour réclamer l'ouverture de "réelles négociations" sur l'avenir des retraites mais ont pour cela limiter leur mot d'ordre à la seule journée de jeudi.


Dans leur déclaration, les quatre se sont bornées à indiquer qu'"elles prendront toutes les initiatives nécessaires pour renforcer , élargir le mouvement et obtenir l'ouverture de négociations".


A l'exception de FO, ces syndicats ont aussi convenu d'organiser, sur proposition de la CGT, une "vaste consultation nationale" pour demander aux parlementaires de suspendre le vote du projet de loi "afin de permettre l'ouverture de réelles négociations".


"Notre ambition est de récolter d'ici la fin juin plusieurs millions de signatures sur un tel appel", a expliqué Jean-Christophe Le Duigou (CGT), "sous la forme d'un texte, si possible unitaire, à faire adopter par des assemblées de salariés, d'agents (de la fonction publique) ou à adresser de manière individuelle" au gouvernement.


"On va faire remonter la France d'en bas sur le dossier des retraites", a commenté Jacques Mairé (Unsa).


La CGT, la FSU et l'Unsa ont également décidé de faire du week-end prochain (14 et 15 juin) deux journées d'initiatives pour la "défense et la promotion de la retraite par répartition, de contestation du projet Fillon et de propositions pour une autre réforme", a ajouté Jean-Christophe Le Duigou.


GRÈVE DANS L'ÉDUCATION NATIONALE JEUDI


Quatre fédérations syndicales de l'Education nationale ont également annoncé mardi soir une 12e journée "de grève et de manifestations" jeudi sans empêcher le déroulement des épreuves de philosophie du baccalauréat.


"Soucieuses de l'intérêt des jeunes, les organisations syndicales réaffirment leur opposition à toute forme de boycott, de blocage ou d'action de nature à nuire au déroulement des examens", ont souligné les fédérations FSU, Unsa-Education, FAEN et FERC-CGT dans une déclaration publiée dans la foulée de la table ronde sur la décentralisation au ministère de l'Education nationale.


Ce mot d'ordre permet de "couvrir" les grévistes sans empêcher le déroulement de l'épreuve de philosophie jeudi. Quelque 12.000 enseignants (sur 800.000 au total) sont concernés par la surveillance du "Bac philo", une tâche que les autorités ont la possibilité de confier à d'autres personnels.


La question pourrait resurgir au moment des corrections du baccalauréat et constituer un nouvel élément de pression des syndicats sur le gouvernement.


L'idée d'une grève le premier jour du baccalauréat a difficilement émergé de l'intersyndicale de l'Education.


Jean-Luc Villeneuve, secrétaire général du SGEN-CFDT, a dit craindre une "confusion dans les esprits" entre la grève et le déroulement de l'examen, en ajoutant que son syndicat aurait préféré une autre date de mobilisation.


Quant à la fédération FO, elle aurait souhaité que l'intersyndicale demande au ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, le report des examens.


Le SGEN-CFDT et la FNEC-FP/FO ont réservé jusqu'à (demain) mercredi leur décision quant à une participation à la grève de jeudi.


Au niveau interprofessionnel, Force ouvrière a renouvelé sa proposition d'une "grève générale interprofessionnelle". Un appel auquel refusent de répondre les trois autres organisations syndicales, soucieuses d'approfondir et de faire durer leur action.


"Nous ne voulons pas de mot d'ordre qui pourrait apparaître comme un baroud d'honneur", a expliqué Jean-Christophe Le Duigou.
11/06/03