LE GOUVERNEMENT RENONCE A DECENTRALISER CO-PSYS, ASSISTANTS SOCIAUX ET MEDECINS SCOLAIRES.


Le gouvernement renonce à décentraliser les orientateurs, médecins et psychologues scolaires

PARIS (AP) - Le gouvernement fait un pas sur la réforme de la décentralisation. Face à la mobilisation enseignante et aux menaces qui planaient sur le bac, il a renoncé mardi à décentraliser les conseillers d'orientation, médecins scolaires, assistantes sociales et psychologues, et débloqué une enveloppe de 80 millions d'euros.

Ces personnels "resteront dans la fonction publique d'Etat", a confirmé le ministre de l'Education Luc Ferry à l'issue de la réunion avec l'ensemble des fédérations d'enseignants rue de Grenelle.

En revanche, le transfert aux collectivités territoriales de la gestion des quelque 100.000 Techniciens et ouvriers de service (TOSS) est maintenu. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy doit recevoir la semaine prochaine leurs syndicats pour une négociation destinée à élaborer un "cadre d'emploi spécifique", affirmant leur "appartenance à l'équipe éducative" et confirmant "qu'ils continueront à exercer leur mission dans le cadre des établissements scolaires", selon le communiqué publié à l'issue de la réunion.

Le gouvernement pourrait aussi "assouplir les délais de mise en oeuvre" de ce transfert de compétences.

Luc Ferry et Nicolas Sarkozy ont également annoncé aux syndicats le dégel de 80 millions d'euros, dont une partie, non chiffrée, doit permettre "d'améliorer le recrutement des assistants d'éducation en direction des écoles primaires" dès la rentrée 2003, selon le ministre de l'Education.

Les ministres ont aussi promis à leurs interlocuteurs un coup de pouce dans le cadre du budget 2004 pour prendre en compte notamment l'augmentation du nombre d'élèves dans le primaire. Des promesses qui ne sont cependant pas chiffrées.

Symboliquement, un article additionnel du projet de loi sur la décentralisation doit par ailleurs réaffirmer les missions de l'Etat dans le domaine de l'éducation et notamment le "principe d'égalité entre les usagers du secteur public".

La réforme sur l'autonomie des établissements publics locaux d'éducation, qui devait figurer dans le texte sur la décentralisation, est quant à elle renvoyée la loi d'orientation sur l'éducation. Pour autant, la réforme de la décentralisation aura bien lieu, comme la réaffirmé à plusieurs reprises le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. "Les réformes ne sont en aucun cas retirées", a déclaré Luc Ferry.

Le gouvernement reste en outre particulièrement ferme sur les retraites, ne faisant des concessions qu'à la marge. Un groupe de travail est ainsi créé sur la question des fins de carrière et de la cessation progressive d'activité. "En matière de retraite, on a effleuré le sujet", a regretté le secrétaire général de la FSU Gérard Aschiéri.

Néanmoins, "les choses ont bougé et je serais tenté de dire: 'enfin'", s'est-il félicité. "C'est le résultat de la mobilisation". A la mi-journée, le SNES annonçait mardi 50% de grévistes dans le second degré. Selon le ministère de l'Education, entre 14% et 27,36% des personnels de l'Education étaient en grève, en fonction des catégories et des établissements.

M. Aschiéri a jugé en particulier "intéressant et important" la décision de ne pas transférer les conseillers d'orientation, psychologues, médecins et assistantes sociales. Le sort des TOSS reste en revanche un "point de désaccord extrêmement fort", a-t-il averti.

"Je n'accepte pas aujourd'hui qu'il y ait encore 90.000 TOS à qui on dit 'vous serez de toute façon décentralisés", a-t-il expliqué dans la soirée, invité du journal de 20h sur France 2. La FSU "souhaite qu'on rouvre le dossier pour tout le monde".

Face à Luc Ferry, il a lancé: "encore un gros effort et on pourra avancer".

Le secrétaire général de la FSU a aussi déploré l'imprécision des propositions gouvernementales, en matière budgétaire notamment. "On est loin du compte". Et dans ce contexte, "la question d'une nouvelle grève se pose".

"Nous ne sommes pas sortis du conflit (...) Pour l'instant, on est en train de débattre des suites" à donner à la grève des enseignants, a précisé Gérard Aschiéri.

Pas question en revanche de boycotter le bac. "On dira clairement à nos collègues qu'il ne faut pas bloquer ou boycotter les examens", avait-il déclaré dès son arrivée rue de Grenelle.

Nicolas Sarkozy pouvait donc espérer mardi "de tout coeur que maintenant le bac va bien se passer". Pour lui, "il n'y a plus aucune raison de compliquer l'organisation du baccalauréat".

Luc Ferry croyait également pouvoir rassurer les lycéens: "le bac aura lieu, les examens auront lieu et les résultats du bac seront connus, comme prévu, le 4 juillet". Le ministère de l'Education a tout de même mis en place une cellule de crise. Au cas où. AP

10/06/03