MARDI 10 JUIN : RENCONTRE DE LA DERNIERE CHANCE


A deux jours du bac, rencontre de la dernière chance syndicats-gouvernement.

PARIS (AFP) 9 juin 2003 -
La rencontre prévue mardi entre le gouvernement et les syndicats d'enseignants sera celle de la dernière chance pour tenter de débloquer la crise qui secoue l'école, à deux jours de la première épreuve du bac, menacée de perturbations par certains.

Trois ministres, Luc Ferry, Nicolas Sarkozy et Jean-Paul Delevoye devraient participer à la table ronde avec les patrons des cinq principales fédérations enseignantes (FSU, UNSA Education, SGEN-CFDT, CGT, et FAEN) mardi à 16H30 au ministère de l'Education, a-t-on indiqué dans l'entourage du ministre de l'Education nationale lundi.

Le nombre exact de ministres présents à la table ronde sera fixé lundi soir à Matignon, a-t-on nuancé dans l'entourage du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui pilote le dossier décentralisation.

La réunion interministérielle lundi soir à laquelle doivent aussi se joindre deux ministres délégués, Patrick Devedjian (Libertés locales) et Xavier Darcos (Enseignement scolaire), doit servir à évaluer le rapport de force et "cadrer" les décisions, pour tenter de calmer la contestation, alors qu'une nouvelle grève nationale est prévue mardi matin dans les établissements scolaires.

Plusieurs membres du gouvernement sont intervenus ces derniers jours pour dire que le fond des projets de loi contestés sur les retraites et la décentralisation ne serait pas remis en cause.

Selon des sources concordantes syndicales et gouvernementales, la négociation sur la décentralisation, menée ces derniers jours par le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, serait la plus avancée. Les revendications sur les carrières et les retraites seraient "toujours en discussion".

Les syndicats demandent aussi des annonces budgétaires dans le dossier des assistants d'éducation à la rentrée 2003, et des garanties sur le budget 2004, pour lequel les premières discussions ont débuté au sein du gouvernement.

"Nos revendications ne concernent pas que les retraites et la décentralisation", a déclaré à l'AFP le secrétaire-général de l'UNSA Education Patrick Gonthier. "Le gouvernement le sait bien, il faut aussi des annonces budgétaires".

"S'il n'y a que quelques concessions sur la décentralisation et rien sur le budget et les retraites cela ne suffira pas. On n'est pas à l'abri d'une forme de folie collective, même si les instituteurs en assemblée générale n'évoquent pas d'actions coups de poing sur les épreuves du bac", a renchéri la secrétaire-générale du principal syndicat d'instituteurs et professeurs des écoles, Snuipp-FSU, Nicole Geneix.

En matière de décentralisation, le gouvernement n'acceptera pas de "retrait" du projet de loi mais il pourrait retirer du projet de transfert aux collectivités les assistantes sociales et les conseillers d'orientation-psychologues, qui resteraient gérés par l'Etat, leurs "missions" seules étant transférées, selon des sources syndicales.

En revanche, le transfert aux régions et départements des 90.000 techniciens, ouvriers et employés de service (TOS) serait maintenu, avec peut-être un léger report dans le temps sur la mise en oeuvre, et des garanties sur le respect de leur accord 35 heures et des congés "bonifiés", selon des sources concordantes.

Principale mesure budgétaire demandée, les syndicats attendent une augmentation du nombre d'assistants d'éducation à la rentrée. Jusqu'à présent, le gouvernement a en effet prévu de remplacer 20.000 aide-éducateurs et 5.600 étudiants-surveillants (MI-SE) par 16.000 "assistants d'éducation".

Le SNES-FSU et la CGT ont fait monter la pression d'un cran en menaçant d'une nouvelle grève jeudi, le jour de l'épreuve de philo.


09/06/03