SIXIEME MOBILISATION NATIONALE, ONZIEME MOBILISATION ENSEIGNANTE.


Retraites: sixième mobilisation nationale, journée cruciale dans l'éducation

PARIS (AFP) 9 juin 2003, 18 h 01 -
Une sixième mobilisation interprofessionnelle accompagne l'entrée du projet de réforme des retraites dans l'arène parlementaire mardi, une journée qui s'annonçe par ailleurs cruciale sur le front de l'Education à deux jours du début du baccalauréat.

L'appel à la grève et à manifester partout en France de quatre syndicats (CGT, FO, Unsa, FSU) devrait largement affecter l'activité du pays, avec à nouveau une quasi paralysie des transports.

Dans le conflit de l'Education, les syndicats seront reçus par Luc Ferry : une réunion capitale à 48 heures des premières épreuves écrites du bac.

Le mouvement de protestation contre la réforme gouvernementale des retraites ne se dément pas avec des dizaines d'appels à la grève dans les secteurs les plus variés : banque, chimie, ports et docks, postes et télécommunications, autoroutes, santé, bâtiment, commerce, équipement, métallurgie, spectacle, police, finances, etc.

Côté transports, un nouveau pic de perturbations est attendu avec un train sur 3 à la SNCF. CGT, FO et CFDT appellent à la grève reconductible, ainsi que Sud-Rail en vertu d'un préavis précédent, et l'Unsa à une grève de 24 heures.

CGT, FO et CFDT on déposé un préavis reconductible et l'Unsa de 24 heures.

A la RATP, où la CGT est engagée dans le cadre de son préavis illimité du 3 juin, la direction "redoute de forte perturbations à cause de possibles actions de blocage". Des préavis concernant les réseaux urbains de plusieurs villes de province ont également été déposés.

Dans le transport aérien, neuf syndicats d'Air France ont décidé un arrêt de travail de 24 heures, de même que CGT, FO, CFDT et Unsa à la Direction générale de l'aviation civile : la grève chez les contrôleurs aériens, notamment, devrait susciter d'importantes perturbations de trafic.

L'Education nationale en est, elle, à sa onzième journée de grève depuis l'automne. Les syndicats qui, outre la réforme des retraites contestent le projet de décentralisation du gouvernement, rencontrent le ministre en séance "plénière".

"L'épreuve de vérité c'est pour mardi", annonce Gérard Aschieri (FSU) qui réclame un déblocage sur les retraites, la décentralisation et la question budgétaire.

De fait, la réunion apparaît cruciale, alors qu'une grève n'est pas exclue jeudi, jour de l'épreuvre écrite de philosophie, la première du baccalauréat.

Dans l'esprit des syndicats, grève ne signifie pas boycott, mais les parents d'élèves de la FCPE, sans retirer leur soutien aux enseignants, ne cachent par leur inquiétude.

L'affaire est quoi qu'il en soit jugée suffisamment grave pour que Matignon ait décidé de convoquer le lundi de Pentecôte une réunion interministérielle destinée à préparer la rencontre de mardi.

Le dossier des retraites vient, lui, sur les pupitres à l'Assemblée nationale où les joutes s'annoncent musclées.

Alignement de la durée de cotisation du public sur le privé (40 années) en 2008 avant une extension commune à 41 ans en 2012, garantie des pensions à 85% du Smic net en 2008, départs avant 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler avant 16 ans, encouragement à travailler après 60 ans (surcote): autant de mesures figurant dans un dispositif d'ensemble.

Celui-ci doit satisfaire 40% des besoins de financement supplémentaires en 2020, le gouvernement tablant, pour combler le déficit sur une baisse du chômage à 5 % (9,3 % aujourd'hui).

Le dépôt de 8.500 amendements promet un débat marathon mais Matignon a écarté un recours au 49-3 malgré la volonté d'en découdre affichée par la gauche.

Quant aux syndicats, pas question pour eux de passer la main.

Bernard Thibault (CGT), dans une lettre ouverte au Premier ministre, réclame toujours "de réelles négociations".

"Le gouvernement est en position de faiblesse, le mouvement est installé", affirme-t-il.

Selon un sondage CSA-Marianne, le mouvement syndical est jugé favorablement par 66% des Français, un sondage Sofres-publicis consultants, montrant que 52% donnent raison aux manifestants.
09/06/03