AFP : LA SEMAINE DE TOUS LES DANGERS


AFP Semaine de tous les dangers dans l'éducation
08.06.03

Annonces gouvernementales sur la décentralisation et grève de l'enseignement mardi, premières épreuves écrites du bac jeudi, menacées par de nouvelles grèves, la semaine qui s'ouvre est celle de tous les possibles et de tous les dangers sur le front de l'éducation. Pour préparer la rencontre cruciale mardi entre le gouvernement et l'ensemble des syndicats de l'éducation, Matignon a confirmé dimanche matin la tenue lundi d'une "réunion de travail" entre les ministères concernés, qui vise à "caler" ce que le gouvernement dira aux syndicats. L'enjeu de ce que le gouvernement pourrait concéder ce jour-là est d'autant plus déterminant que mardi, sera aussi la 11ème journée de grève nationale dans l'éducation depuis le mois d'octobre décidée à l'appel de l'intersyndicale FSU, UNSA Education, Sgen-CFDT, CGT, FAEN.

Mais surtout de nouvelles menaces de grève d'enseignants pèsent désormais clairement sur le jour symbolique des premières épreuves écrites du bac (philosophie), jeudi. Effet Sarkozy ou stratégie délibérée de pourrissement du conflit? Les syndicats ont apprécié le "changement de ton" du gouvernement à l'issue de la première série d'entretiens bilatéraux sur la décentralisation qui ont eu lieu lundi et mardi avec Luc Ferry et Nicolas Sarkozy (Intérieur).
Mais ils sont sortis plus remontés que jamais de la deuxième série d'entretiens, qui a eu lieu jeudi et vendredi avec le même Luc Ferry et le ministre de la fonction publique Jean-Paul Delevoye, qui devaient porter sur les carrières et les retraites. "Nous sommes exaspérés devant le rien, le vent", a lâché Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA Education.

Cellule de crise. Le secrétaire général de la CGT-éducation, Denis Bodequin, a même proféré la menace suprême, proposant une nouvelle grève pour le jeudi 12 juin, jour J du bac de philo, ce que personne n'avait fait jusqu'à présent. Le SNES-FSU a suivi en brandissant aussi la menace d'une grève le jour du bac, "s'il n'y a pas de signes forts mardi 10". Ce qui n'est encore qu'une menace a renforcé sensiblement la pression sur le gouvernement, pour lâcher du lest sur tous les dossiers qui fâchent : décentralisation, assistants d'éducation, budget 2004, retraites. Le SNES a précisé qu'il ne passerait à l'acte qu'avec l'accord unitaire des autres fédérations, après avoir analysé les résultats de la rencontre du mardi 10. Le syndicat a réitéré son opposition au boycottage des examens. Selon lui, une grève le jour du bac ne signifie pas un blocage, car un examinateur gréviste est remplacé.

De son côté, le gouvernement a réaffirmé à plusieurs reprises sa détermination maintenir le cap des
réformes. "Le retrait des réformes ne se fera pas", a encore réaffirmé vendredi Luc Ferry. Tandis que Jean-Paul Delevoye estimait que "faire des pressions et du chantage est contraire aux bonnes moeurs et qu'empêcher la tenue d'examens est contraire à l'éthique". La session du bac va ainsi démarrer sous haute surveillance pour ses 626.899 candidats. Une "cellule de crise" a été mise en place au ministère de l'éducation pour examiner tous les scénarios possibles de perturbation des épreuves et trouver des solutions. Des actions de "commandos", venant d'autres secteurs en lutte que les enseignants, sont envisageables. Il faut aussi mesurer qu'il existe 4.000 centres d'examens en France et que les sujets étant nationaux, une fuite organisée, dans un seul centre pourrait mettre à mal le bac 2003.

09/06/03