| Richer Luc a écrit le 18/02 |
| Bravo à Agnès Joste pour cette "contre-expertise" : elle a pris le temps de décortiquer le fatras des textes officiels parus ces dernières années, et vu le nombre d'incohérences qu'ils contiennent (le tout enveloppé dans la brume d'un jargon destinée à tenter de les camoufler - contradictions et phrasé ridicule qui nous ont tous découragés), ça n'était pas une mince affaire.
Cela dit, n'y a-t-il pas dans le bel enthousiasme de l'auteur, dans cette foi même qu'on ne peut que lui envier, une forme de naïveté (ou du moins d'indulgence) à penser que tout cela ne tient qu'à l'incompétence d'un groupe d'experts ? Les rédactions successives de cette réforme ne découlent-elles pas au contraire d'une démarche sciemment organisée, et destinée à broyer volontairement les atouts de l'école publique française ? L'espoir de Bruxelles n'est-il pas de créer en Europe un grand marché de l'enseignement privé ? La ligne n'est-elle donc pas tracée, et cela n'explique-t-il pas que, d'Allègre à Ferry en passant par Lang, la même logique destructrice préside aux textes nationaux ? Je n'ai pas de réponse définitive à ces questions, sinon je ne prendrais pas la peine de consulter votre site et je n'aurais même pas lu le livre d'Agnès Joste. Mais j'ai accueilli à mon collège, avec d'autres enseignants grévistes au début de février, un collaborateur de Xavier Darcos. Mon impression est que le niveau national n'est plus décideur. Mon impression est que ces gars-là exécutent comme ils peuvent (avec le cynisme et la fausse maladresse nécessaires) un objectif qu'on leur a assigné. A eux de bâtir le plan d'action, celui-là même qu'on vient de contre-expertiser. Je ne doute pas que nos inspecteurs ne soient que des petits chefs aux ordres, et qu'ils ne soient donc pas dans la confidence. Les voici du côté d'un manche qu'ils ont toutes les peines du monde à tenir, puisque précisément, au fond et délibérément, rien ne tient. Mais le ministre et ses proches, c'est autre chose : l'intelligence en la matière pourrait bien consister à passer pour des imbéciles auprès des gens du métier, afin de mieux se faire applaudir par le sérail une fois atteint l'objectif libéral visé. Aussi avez-vous bien raison de contacter des acteurs de l'enseignement à l'étranger. Il faut européaniser votre association (à laquelle je ne manquerai pas de m'inscrire quand mon banquier me foutra la paix). |
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