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10 juillet 2000
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Education
UNE DICTÉE trop facile accompagnée de consignes de clémence, un sujet de mathématiques trop complexe pour le brevet, c'est l'équation qu'ont affrontée les élèves de troisième pour le brevet des collèges le 29 juin dernier dans les académies de Paris, de Créteil (Val-de-Marne, Seine-et-Marne et Seine-Saint-Denis) et de Versailles (Val-d'Oise, Yvelines, Essonne et Hauts-de-Seine). Une épreuve qui a failli tourner à la catastrophe. Ce sont des sujets de remplacement qui ont été utilisés à la dernière minute. L'académie de Bordeaux, qui faisait plancher les collégiens le 28 juin, avait les mêmes sujets. « Il a fallu, dans l'urgence, rappeler tous les chefs d'établissement responsables des centres d'examens le mercredi soir pour les avertir du changement et nous nous sommes tous retrouvés dans le hall de l'inspection académique le jeudi matin à Bobigny, à 6 heures du matin, pour prendre les sujets de secours », raconte un chef d'établissement, les épreuves du brevet devant commencer à 9 heures... « Nous étions vraiment sur le fil du rasoir. Ce fut une course contre la montre », commente un autre. A Melun et Créteil, le même scénario s'est reproduit. La correction de la dictée a donné lieu à de véritables débats en raison des consignes de clémence imposées pour un texte « de niveau CE 2 ». Certains professeurs de lettres ont refusé de corriger. « Il a fallu faire appel à des volontaires prêts à brader leur enseignement », s'émeut un enseignant. Quant au sujet de mathématiques et de géométrie, de nombreux enseignants ont émis des doutes sur sa faisabilité par les élèves. Pour le service académique des examens et concours, l'exercice de mathématique pointé du doigt était « conforme au programme » et l'autre épreuve réputée plus difficile pour des « élèves moyens » a bénéficié d'un barème rectifié. Cette situation de crise a été déclenchée par l'utilisation des sujets prévus par l'académie de Bordeaux un jour plus tôt. Pour éviter toute fuite sur les sujets, les recteurs et les inspecteurs d'académie, qui ont connaissance des épreuves, ont rappelé les chefs de centres d'examens et distribué les épreuves de secours. « La nouvelle organisation du brevet suppose une harmonisation des dates de l'épreuve, ce qui n'était pas le cas cette année. Cela ne se reproduira plus », promet Jean-Claude Alt, le secrétaire général de l'académie de Bordeaux. A l'avenir, les sujets du brevet seront de plus en plus communs, « mutualisés » selon le jargon de l'Education nationale.
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